CHAPITRE CINQUIÈME
De lA conforinité des CéréaBOHiiesi pnti ( qwéee préeédemmeiit en Fa^JiHee , mwet les règles Romaines.
Voilà dans le titre que nous donnons à ce chapitre, le sujet d'un livre complet , qu'il serait utile de faire. Restreints en ce moment à un plan resserré , nous ne nous occuperons ici que d'une seule des Eglises de France, celle de Paris qui se vantait d'avoir conservé avec une fidélité particulière les rites Gallicans : Nam in Ecclesia Romana ritus Romani vigent, in Ecclesia autem Gallicana ritus Gallicani vigenty etprœsertimin Sacrosancta Ecclesia Metropolitana Parisiensi ritus Parisienr ses seu Dionysiani (1), et nous nous bornerons à montrer que celles des prescriptions romaines qui répugnent le plus aujourd'hui aux partisans
(1) Cœremoniale parisiense, de Martin Sonnet, préface.
des prétendues coutumes de dos pères, étaient autrefois en vigueur à Paris (1 ). Le livre duquel nous nous servirons est le Cœremoniale Parisiensejuœta sacras et antiquos rittis Sacrosanctœ Ecclesiœ Metropolitanœ Parisiensis , recueilli et publié en 1 662 , par Martin Sonnet, bénéficier de Notre- Dame de Paris , sous F autorité des grands-vicaires du Cardinal de Retz. Les paroles que nous venons de citer de lui , montrent combien il tenait aux rites de Paris et était peu disposé à les abandonner pour ceux de Rome.
L'autel doit être revêtu d'un parement ou antipendium de la couleur du jour (p. 496 et cap.L,nM2).
Le Saint-Sacrement n'est pas réservé à tous les autels, mais à un autel spécial qui s'appelle autel du Saint-Sacrement ou de la Communion , et audessus duquel on établit un dais de la couleur du jour (p. 491) (2).
(1) Nous avons aussi choisi, parmi les exemples que nous avons apportés , quelques-unes de ces prescriptions qu'on trouve vétilleuses ou assujétissantes.
(2) L*usage parisien était bien aussi de conserver le Saint-Sacrement suspendu au-dessus du maitre-autel ;
Le tabernacle qui contient le Saint-Sacrement doit être enveloppé extérieurement d'un pavilloi: d'étofife ou conopœum{p. 493 et 661 ).
Sur le maître-autel on place des reliques ani côtés de la croix et on lesencense^ après la croix, de deux coups (p. 138).
Il est conyenable de suspendre une lampe devant chaque autel (p. 519).
Le nombre des marches du maître-autel n'est pas arbitraire ; il est fixé à trois (p. 490).
Il doit y avoir des chandeliers particuliers pour allumer des cierges à l'élévation (p. 492).
La pale doit être de la même matière que le corporal dont elle est regardée comme un supplément. On permet cependant d'intercaler un carton entre la double toile qui la compose (p. 496).
On revêt le missel d'une étoffe de la couleur du jour (p. 496).
Les Curés n'usent pas de l'étole d'une façon indéfinie ; ils doivent seulement s'en servir en faisant le prône (p. 507).
Le rochet à manches étroites est propre aux Ëvêques ou aux Prélats (jp. 662).
mais on ne le réservait pour distribuer la communion qu*à un autel spécial.
Le Diacre et le Sous-Diacre se servent, à certains jours , de chasubles pliées, qu'ils placent transversalement y et le Diacre d'une étole plus large (p. 167 et 189).
Il n'est question nulle part de ces induts qu'on a introduits depuis dans le rit parisien.
A la messe chantée sans Diacre ni Sous-Diacre^ il n'y a point d'encensement (p. 255).
Ceux qui ne chantent pas, récitent, à voix basse, dans leurs stalles , le Gloria^ le Credo^ le SanctuSf etc.; et même, dans quelques églises , les Chanoines viennent réciter avec le Célébrant ces parties de l'office, ce qu'ils appelent faire le cercle (p 109).
On ne doit pas entrer au chœur dans les moments où il faut être debout ou à genoux (p.13). Nul ne peut dire ses prières particulières pendant l'office (p. 26).
Cest le Célébrant qui distribue les cierges le jour de la Chandeleur; et chacun, en recevant le sien , doit baiser le cierge et la main du Célébrant (p. 301).
Le Jeudi-Saint , on réserve le Saint-Sacrement dans le calice recouvert de la pale et de la patène (p. 354).
Le Samedi-Saint, on ne tolère les messes bas-
ses qu'à la condition qu'elles se disent tard et lorsque la grand' messe est déjà commencée (p.373)(1).
A la procession du Saint-Sacrement , on ne se sert que de deux encensoirs (p. 426).
La bénédiction du Saint-^Sacrement s€f donne en silence (p. 557).
C'est la procession du jour de saint Marc qu'on nomme Grandes Litanies (p. 396).
Aux jours de Quarante-Heures et d'Indulgences j il faut orner le portail des églises de feuillages et de tentures , et y placer Timage du saint dont on ferait une fête spéciale (p. 509).
Les laïques , quelle que soit leur dignité , ne doivent pas être admis dans le chœur , surtout pendant la célébration des saints mystères (p . 5 1 7).
Nous venons de signaler parmi les conformités de l'ancien rit Parisien et du rit Romain, la prescription de donner en silence la bénédiction de Saint-Sacrement. Ce point ayant été dans ces
(1) Les Missels parisiens modernes portent encore: In Missisprivatis^ si quœ forte sint dicendœ.... Est-ce a titre d^usage de nos pères , que tous les prêtres se sont mis à dire la messe à Paris le Samedi-Saint, comme tout autre jour ?
dernières années un objet spécial de controverse, nous devons y insister davantage.
On sait que le Rituel Romain et les Décrets de la Sacrée Congrégation réprouvent Tabus actuellement répandu en France, de donner la bénédiction du Saint-Sacrement avec le chant des paroles : Benedicat vos omnipotens DeuSf Pater et Filius et Spiritus Sanctus. Cest la règle générale, quand on bénit avec quelque objet, comme une relique, de le faire en silence. Un motif de plus d'agir ainsi, se présentait dans la bénédiction avec la Sainte-Eucharistie ; car rien ne convient mieux à ce mystère où le Verbe se cache si profondément^ que Tadoration en silence : Tace^ Verbum silet. Enfin, bénir au nom de la Sainte Trinité, lorsque l'attention des fidèles est toute fixée sur l'Hostie Sainte, pourrait, dans une certaine mesure, favoriser l'erreur des ignorants, s'imaginant que le Père, le Fils et le Saint-Esprit résident semblablement dans l'Eucharistie.
Mais là , quelques personnes se sont récrié . Cette forme de bénédiction ainsi proscrite, était a-t-on dit, une tradition essentiellement Française; l'abandonner, était abandonner tout ce qui conservait la tradition de nos pères, etc.
Voici la vérité : Pour c^ qui est du Rit Parisien,
34 Am^IENS USAGES FRANÇAIS.
nous pouvons citer non-seulement Martin Sonnet, HMiis le Cérémonial publié par le Cardinal de Noailles en 1703, et le Cérémonial à l'usage des Archevêques de Paris, rédigé sous M. de Beanmont, au milieu du dix-huitième siècle, lesquels prescrivent unanimement le silence dans cette bénédiction.
Quant aux autres Rites Français, un auteur Français va nous faire connaître en quel sens ils se prononçaient généralement.
Thiers, dans son Traité de TExposition du Saint-Sacrement, livre 5, ch. 8 (p. 763, éditde 1677), après avoir examiné cette queslian, se résume ainsi : c Enfin, dans la plupart des Eglises les mieux réglées, soit Cathédrales, soit Paroissiales, soit Collégiales, soit Régulièrei?, I^ Curés, les Chanoines, les simples Prêtres et les Religieux, donnent la bénédiction avec le Saint- Sacrement, en ne faisant qu'un seul signe de Croix sur le peuple, et sans rien dire. » Suit une longue énumération d'autorités.