CHAPITRE SIXIÈME
ne plnslenrs nsages qui ae sont ni louables ni anciens.
Nous allons réunir ici des observations sur les abus introduits en France dans Thabit deCliœur. En beaucoup de lieux, le rocbet s'est substitué au surplis.
Les Chanoines se sont revêtus de mosettes qu ils ont chamarrées de fourrures ou de pièces de soie de couleurs diverses, et qu'ils ont portées non-seulement dans les fonctions canoniales , mais habituellement.
Les Grands-Vicaires ont pris T habit des Chanoines, et leurs fonctions en même temps que leur habit.
La mosette a aussi passé aux doyens ruraux et à certains Collèges ecclésiastiques.
On a en même temps fabriqué des barrettes ou bonnets carrés avec des houpes et des ornements de couleur ; pour les Evêques, on en a fait
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en velours ou en soie de couleur violette, et on les â enrichies d'or.
Les Evèques, les Curés, et couvent tous ceux qui prétendaient avoir juridiction, se sont mis à porter Tétole habituellement sur leur habit de Choeur.
Les gants ont été pris pour un insigne habituel de TEvêque ; puis, peu à peu, l'usage en a passé aux Acolytes, aux Thuriféraires, aux Maîtres des Cérémonies, etc., etc.
Les enfants de Chœur ont adopté la calotte et souvent la barrette rouge, quelquefois des couronnes de fleurs ou des mosettes bigarrées d'hermine.
Parcourons rapidement chacun oe ces points.
Recherchons si ces diverses pratiques sont immémoriales , ou si elles auraient au contraire une origine très-moderne. Examinons en même temps si elle sont conformes au Cérémonial et aux Décrets de la sacrée Congrégation , si elles mettent dans un rapport exact les ornements et les insignes, avec ridée que le Droit nous fournit des dignités et des personnes ; ou si elles contrediraient des règles positives, et fausseraient les notions canoniques des choses : ce qui les ferait sortir évidemment de la catégorie des Coutumes louables.
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DU ROCHET
Les Evèques ne quittaient guère autrefois leur habit d'église y qui constitue même encore aujourd'hui le costume de leur dignité et celui dans lequel ^ d'après le Cérémonial ^ ils devraient toujours se montrer en public. Les Chanoines souvent agissaient de même» et c'est encore l'habitude des Chanoines réguliers. Afin de rendre plus commode pour un usage si continuel cet habit auquel les simples clercs adaptaient des manches larges ^ les Prélats rétrécirent les manches du leur, et c'est l'origine du rochet. Le rochet est dès lors demeuré propre aux Dignitaires ecclésias^ tiques ; et encore tous n'en ont-ils pas le privilège. Les Chanoines ont besoin d'en obtenir la concession. Dans la cour Romaine ^ il n'est accordé qu'aux collèges les plus considérables de
la prélature , dont quelques-uns même n'en jouissent qu'avec restriction s c'est ainsi que les
Référendaires de Signature^ par exemple, ne le
doivent porter que deux fois par an.
Pour ceux qui ont le droit d'en user , le rochet
a le caractère d'un costume ecclésiastique , avec
lequel ils doivent paraître dans leurs fonctions ;
mais non pas celui d'un vêtement avec lequel ils
^^ DU ROCHET
puissent accomplir les actions sacrées. On peut l'assimiler à l'habit des religieux, que les religieux portent à l'église en chantant Toffice et même en prêchant , mais pac-dessus lequel ils doivent se revêtir d'un surpKs pour faire une bénédiction , administrer un sacrement , etc. Cest ainsi que les Evêques et les Chanoines dans les circonstances où soit une bénédiction soit une administration de sacrement , les oblige à prendre Tétole, doivent mettre sur leur rochet un amict ou un surplis, et l'étole par-dessus, mais jamais l'étole sur le rochet ou bien sur la mosette ou cappa qui recouvre le rochet.
Maintenant , en beaucoup de diocèses , on a bouleversé tout cela. On n'a plus distingué le rochet du surplis; on l'a livré à tout le monde, on en a fait un vêtement sacré comme le surplis ; et c'est ce que la Congrégation des Rites a condamné, dans sa fameuse réponse à M. Tabbé Lottia : (In Cenoman. 10 janvier 1852.) Rochettum non esse vestem sacram adhihendam in administra'^ tione sacramentorum , ac proindè , tum ad ea administranda , tum ad suscipiendam primam tonsuram et minores ordines necessario superfeU liceo utendum.
Le décret approuvé par Urbain VIII , et placé à la tête du missel, s'exprime ainsi :
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Item prohibetur usus rochelti, exceptis tamen
quibus de jure campetit ; et prœter hoc statuitur et
declaratur nemini licere inservire aut assistere in
celebratione missarum aut divinorum officiorum
cum rochetto, neque cum cotta (1) habente manicas
<tngustas ad instar rocfietti ; et idem servandum est
in concionibus.
Que l'usage contre lequel nous nous élevons ^ fondé sur une pareille confusion , et réprouvé par de pareilles autorités , ne soit pas louable^ cela est évident. Sa nouveauté n'est pas moins patente. Sans remonter à Martin Sonnet , duquel nous avons invoqué l'autorité ci-dessus^ page 30, nous ne trouvons que des surplis usités dans tout le siècle dernier, et pendant les premières années de celui-ci. Les Chanoines eux-mêmes, avant ta révolution , ne portaient presque partout que le surplis. Les cérémoniaux, les règlements des Chapitres, et jusqu'aux portraits où les ecclésiastiques ne sont jamais représentés qu en surplis , attestent ce que nous avançons.
DES MOSETTES.
Lamosette sur le rochet est, d'après le Cérémonial des Evêques, le vêtement que TEvêqùc dio-
(1) Coda est synuiiime do sup'TpelNccuin
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césain, voulant être dans le propre habit de sa dignité, doit porter soit chez lui., soit à la ville. A Téglise, dans les cérémonies publiques , il se sert de la Cappa magna (1). La mosette doit être de la même couleur , et de la même étoffe que la soutane.
Les Souverains Pontifes, pour relever Tactiaff Capitulaire dans les grandes églises, ont depuis longtemps concédé à certains Chapitre» des insignes dont les Chanoines usaient en chantafl/ l'office : c'était ordinairement le rochet et une
(1) La cappa est un habit solennel de chœur que l'Evêque porte seulement dans son Diocèse, et que les Cardinaux portent dans toute TEglise. Les gravures du livre intitulé : Le Sacre et le Couronnement de Louis XYI, où Ton voit le Cardinal de Luynes représenté en cappa, montrent que cette règle était autrefois suivie en Fnmce. La cappa, toutefois, ne peut pas s'unir à Tétole, et les Evèques et les Cardinaux doivent la remplacer par 'a' chape ou pluvial, dans toutes les bénédictions et cérémonies où rétole est nécessaire.
Certains maîtres de cérémonies ont inventé et fait prévaloir dans quelques églises un habit destiné à remplacer, la cappa pour les Evoques. 11 se compose d*tiR manteau violet, qui enveloppe le rochet , et d'une mosette. Mais outre que c'est une invention privée, il a l'inconvénient de contredire le Cérémonial des Evoques. Le rochet,
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cappa semblable à celle des Evèques, mais qui ne se développait pas. Depuis , ils ont aussi quelquefois accordé Tusage de la mosette. En France, les Chapitres portaient autrefois presque partout pendant rhiver de grandes cappes noires avec des capuchons ^ dont la tradition leur était venue des anciens Chanoines réguliers , et qui étaient semblables à celles que les Dominicains portent encore; en été, le surplis et l'aumusse. En quelques endroits, sur la fin du XVIIP siècle, on prit la mosette. A l'époque delà constitution civile du clergé^ lesËvèques constitutionnels donnèrent la mosette à leur Clergé de Cathédrale. Enfin, à la restauration du culte, cet ornement fut adopté dans tous les Chapitres. Toutefois, il ne fut pas semblable partout, et depuis s'est établie parmi nous une variété et une instabilité de mosettes qui va croissant. On a employé le drap, la moire, le satin ou le velours. Le noir , le violet, l'écarlate, le cramoisi , ont prêté leurs couleurs qu'on a entre-
couvert de la mantellelta (et ce manteau n*est qu*unc mantelletta longue et disgracieuse) , caractérise en effet VEvôque qui se trouve hors du lieu de sa juridiction Or, c*est pour le porter dans leurs Cathédrales que quelques Evèques ont adopté cet habit.
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mêlées à Taide de pièces ajustées sur la poitrine, et maintenant voici le blanc , le bleu de ciel et.vert. Puis , on a eu recours aux bordures et aui ' chamarrures de fourrures blanches ou grises. 6b i diverses modes se sont succédé les unes aux as- 1 très y selon les i dées et le goût des Chanoines (1 1 Dieu sait où on s'arrêtera dans le cours df ce& variations; mais^ assurément, il n'est difficile à personne de reconnaître soit la nouveauté , ^ les inconvénients de cette façon de procéder.
(1) Toutes ces inventions ont été malheureuses. Il Y i moins de quinze ans, les Chanoines de Paris ont abandonné la cappe de leurs devanciers, qu'ils avaient a^- . servée comme habit d'hiver, et ils l'ont remplacée par un m an teau noir garni de velours rouge, sur lequel on met une mosetle. Ce manteau prétendrait imiter la forme de la tnantelleta; mais il est tout ensemble moins ample elpl«î long, ce qui lui ote la dignité et le caractère. Par ses revers de velours à couleur tranchante et par Taspect général, il rappelle aussi les antiques robes de nos bedeaux ; z»^*' ces dernières étaient plus belles, et d'ailleurs, c'est un médiocre type h copier pour des insignes canoniaux.
Le coslume des Chapelains de Sainte-Geneviève, semblable pour la forme à celui des Chanoines de Paris, esl blanc et orné de bleu de ciel, et se surmonte d'un bonnet blanc à côtes bleues. Un Prôtro, qui, par sa science cl sa modestie, esl une des gloires du Clergé de Frana\ r-a-