OILS ORIIEMEIITS EN GÉNÉRAL, DE LEUR MATIÈRE ET DE LEURS COCLEDRS
Les ornements d'église (1) doivent être de soie ou oriMMii«nts.
(i) L'Eglise, dès les temps apostoliques, suivant en cela un des Leur origine, rites de Tancienne loi, a voulu que les prêtres se revêtissent , dans Texercice de leurs augustes fonctions, de vêtements particuliers ; et, en eflet , rien ne convenait davantage pour exprimer que le prêtre accomplit à Tautel des actions qui n'appartiennent pas à sa vertu et à sa force personnelle, mais que, là, il ne faut voir en lui que le ministre de Jésus-Christ et le représentant de TEglise. La forme de certains vêtements usités alors dans les occasions solennelles fut acceptée et nous est demeurée, sauf les altérations amenées par le cours des siècles. La pensée de TEglise ajouta à chacun d'eux une signification mystérieuse, et nous avons, dans les prières récitées soit par Tévêque quand il confère ces ornements comme insignes des différents ordres, soit par le prêtre quand il s'en revêt, ainsi que dans les commentaires des auteurs lilurgistes, l'interprétation de ces sens
(les ornements.
s>igniûration
Matière de laiue. Ceux en toile peinte sont rejetés .Ij. Ils doivent être d'une des couleurs dont use F Église romaine et qui sont mentionnées dans la rubrique du mis-
allégoriques. La donnée générale, où s'introduit ensuite quelque diversité de détail, c'est que le revêtement de ces ornements représente le revêtement de Jésus-Christ et de ses vertus. Le prêtre porte sur Leor^^^ la tête le casque du salut pour en être protégé dans les attaques de l'ennemi : Itnpone capiti meo galeam salutis, etc. ; et autour de la gorge l'emblème d'une parole retenue et châtiée : Amictum^ per quem designatur castigatio vocis ; il a dans l'aube l'image de la pureté acquise dans le sang du Sauveur : Dealba me. Domine^ etc. ; ses reins sont ceints d'un signe de chasteté : Prœcinge me , Domine, etc. ; sur son bras, il porte le manipule représentant les fruits des bonnes œuvres accomplies dans le travail et dans les larmes, mais desquelles il espère recevoir la récompense : Manipulum per
quem designanlur fructus bonorum operum Merear poriarc
manipulum fletus et doloris ut cum exultatione recipiam mercedem laboris. La robe nuptiale de la grâce , vêtement d'immortalité, est figurée encore dans l'étole : Redde mihi stolam immortalitatis, etc. Enfin la chasuble est l'image du joug du Seigneur et de l'accomplissement de ses préceptes: Domine, qui dixistû,.,. ou encore de la charité en laquelle est l'accomplissement de la loi : Vesiem sacerdotalem^ per quam caritas intelligitur. Les auteurs cherchent aussi , dans ces divers vêtements , des allusions aux vêtements ou instruments de la Passion. La chape ou pluvial, qui n'est pas un insigne d'ordre, mais un vêtement de dignité et de solennité, est pris pour l'image de la gloire des élus.
(t) La rubrique ayant ordonné expressément que le voile du calice serait en étoffe de soie sans rien spécifier pour la matière des ornements, nous croyons que, pour ceux-ci, on peut employer toute étoOe suffisamment digne et convenable; et nous' voyons, en effet, qu'on s'est servi de chasubles de laine et de camelot sans qu'aucun décret les ait prohibés. Il n'y aurait même pas à se faire de scrupule si le coton était entré dans le tissu d'une étoffe de chasuble. « An in de- » creto. . quo interdicitur usus sacrarum suppellectillum... ex gos- » sypio confectarum, comprehendantur etiam casulœ ex eodem gos- 0 sypio confectœ? — Resp. : non comprehendi. » {S. R. C, 23 mai 1835 , m una Ordinis Minorum, ) Mais si c'était une simple toile peinte de coton ou même de fil, elle serait interdite. « Num planetae, » stolse et manipula possunt confici ex tela linea, vel gossypio vulgo » percallo, coloribus praescriptis tincta... ? — Serventur rubrics et »> usus omnium ecclesiarum quae hujusmodi casulas non admittunt.» ( S. R, C. 23 sept, 1837, in mutinen, ) Les étoffes tissues de verre sont également interdites, d'après un décret du 11 septembre 18A7.
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sel 11). Si, pour la beauté de Tétoffe, on y a admis quelque dessin de couleurs variées, il Tant cependant que rornement soit principalement et définitivement ornement» de
, , ^ • 1 ^ • /-« toutes couleurs.
ou blanc, ou rouge, ou vert , ou violet, ou noir. Ceux qu'on prétend être de toutes couleurs, ne sont d'aucune, et suppriment cette diversité que l'Eglise avait eu l'intention d'établir pour marquer le caractère différent des fêtes. On ne peut en faire de cette sorte; tout au plus peut-on, avec la permission de Tévêque, se servir, dans une église très pauvre, de ceux qui y existent déjà, jusqu'à ce qu'ils soient usés (2). Le
(1) Le blanc est la couleur de la gloire. Sur le Thabor, les vêtements du Sauveur parurent blancs comme la neige. Les anges, à son tombeau, étaient en vêtements blancs. Saint Jean vit les saints dans le ciel vêtus de vêtements blancs, et il a dit de l'épouse de T Agneau : « Illi datum est ut cooperiat se byssino splendenti ac candido : bysn sioum enim justlGcationes sunt sanctorum. i> Voilà pourquoi on emploie en général le blanc pour célébrer les fêtes des mystères et des saints. Cependant, on se sert du rouge pour les fêtes des apôtres et des martyrs, en souvenir du sang qu'ils ont versé ; pour la fête de la Pentecôte, à cause de la couleur du feu qui fut le signe par lequel le Saint-Esprit voulut marquer sa descente, et pour les fêtes de la Croix. Quant aux offices du temps, qui sont en dehors de la célébration des grands mystères , nous usons du violet , couleur sombre et sévère, si c'est un temps de pénitence, ou du vert, si c'est un temps qui n^ait rien de spécial : Viridis , dit Innocent III , est color médius ; cette couleur convient pour représenter les temps ordinaires de la vie présente. Le noir est la couleur de la mort, et on ne l'emploie que pour les offices funèbres.
(2) « De confusione colorum , in paramentis sacrosanctœ miss» » sacrificio aliisque ecclesiasticisfunctionibusdeservientibus, S. R. C. 1» respondendum censuit : Serventur omnino rubricœ générales, facta » tamen potestate episcopo indulgendi , ut in ecclesiis pauperibus » permîttat illis uti donec consumentur. ( Die 19 decembA%1^ , m » Vken,) — i* An paramenta coloris flavi adhiberi possint pro quo- 0 cumque colore, nigro excepte ? 2* Num paramenta confecta ex se- » rico, et aliis coloribus, floribusque intertexta, ita ut vix dignosca- » lar color priroarius, et pnedominans usurpari valeant mixlim saltem » pro albo , rubro et viridi?— Resp. ad 1 , négative ; ad 2 , pariter » négative.» {S. R. C. 23 sept. 1837 m Mutinen. ad VIJL)
oraemenis jaiiiie et le blcu sont nettcDieiU interdits ^1). Les ru-
jaanes et bleus, '^ # . i
bricîstes ont toléré que des ornements précieux, tels de drap d'or, que ceux de drap d'or, pussent servir à de grandes fêtes, sans en avoir précisément la couleur spéciale ; mais la stricte observation des couleurs, à laquelle la Congrégation des Rites rappelle toujours, est la règle à suivre par tous ceux qui s'attachent aux vrais principes de la liturgie (2).