CHAPITRE XV
DU CULTE DU A LA SAINTE-EUCHARISTIE
NousavoDS exposé déjà diverses règles relatives à cet important sujet. En voici quelques autres que nous y devons ajouter.
On ne doit jamais transporter le Saint-Sacrement i»^* autrement que sous un dais. Lorqu'on le porte seulement d'un autel à un autre , ou que le célébrant, le tenant dans ses mains, va se placer sous le dais principal qui l'attend, on se sert d'un petit dais. Ce dais, que les rubricistes nomment umbella, est supporté par an seul bâton et fait à peu près en la forme d'un grand parasol de soie blanche (1). Un acolyte ou cérémoniaire le soutient au-dessus de la tète du prêtre, dans les occasions que nous venons d'indiquer. Quant au dais principal , lequel aussi doit être blanc , ses porteurs peuvent être diiTéreuts , selon la solennité des occasions et des moments. Le cérémonial désigne, le jeudi saint et le vendredi saint, et le jour de la Fête- Dieu, des bénéficiers de l'église revêtus de chapes. Pour la Fête-Dieu, il charge seulement ces bénéficiers de porter le dais dans l'église, et au dehors, il y admet des magistrats et d'autres laïcs. Le vendredi saint, il explique que si les bénéficiers n'ont pas de chapes ils pourront être en surplis. On voit par là ce qui serait le mieux et ce qui peut être admis (2).
(1) Il faut tâcher de le faire, non pas bombé, mais plat, les bords garais de soie pendante, et s^écartant le plus possible de Tapparence d'oD meuble vulgaire.
{î) « Pono color baldachini et ombellse in prooessionibus in qui-
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Quand on expose le Saint-Sacrement , ce doit être sainl^^c^rement ^^^^ ^nc niche OU sur uu trôuc muni d'une sorte de dais qui le recouvre et le protège par-dessus (1). On ne pourrait le laisser simplement sur l'autel que pendant quelques courts instants. Ces trônes ou- niches n'ayant été créés que pour entourer le Saint-Sacrement exposé d'honneurs particuliers, c'est leur retirer le sens qu'ils doivent avoir dans cette circonstance solennelle que de les laisser habituellement sur F autel pour y placer le crucifix»
La messe il L'cxpositiou du Salut-Sacremeut est une cérénaonie
séparer *
de l'exposition, ^q^iq Spéciale qu'il ne faut point mêler avec le saint sacrifice. Aussi les décrets de la Sacrée Congrégation des Rites ont*ils défendu de dire la messe à un autel où le Saint-Sacrement est exposé, si ce n'est pour terminer une exposition de XL heures, et s'il se présentait quelque cas de nécessité (2). Si l'on prêchait en présence du Saint-Sacrement exposé , ce devrait être
» bus deCertur SancUssimum Sacramentum, sitalbus.» {Car. £pt5C.» L. 1, c. XIII, et L. n, c. xxii, xxY et xxxin.)
(i) (( Super altare... sit tabernaculum sive thronos cum baldachioo » proporlionato, albî coloris.» (Instr. Ciem, Xlpro exp. XLhorar.) — «In loco eminenti super altare pneparalo. » ( MeratL )
{"2) « Non débet cantari, nec celebrari missa in altari ubi est expo- » situm Sanctissimum Sacramentum , nisi sit pro eo repooendo : et » si ex necessitate fieri opus esset, populus est benedicendus more » consuelo et non cum Sanclissimo Sacramento. » ( In AngelopoiiU ad 6, 13 jtire. 1671.) Le pro eo reponendo fait aliusion k Tordre suivi dans l'exposition dite de XL heures. Celte cérémonie commence par une messe solennelle à laquelle on consacre Tliostie, qui est ensuite portée en procession, puis exposée. Lo jour suivant, la messe se chante à un autre autel que celui de Texposition. Enûn, le troisième jour, on chante la messe de conclusion à cet autel, et c'est la seule qui y soit autorisée.
<( Utrum servari possit consuetudo fnvecta in feriis nimiram se* » cunda, tertia et quarta majoris hebdomadœ celebmndi sacrosano» » ium misse sacrifidum in eodem altari in qfoo ptibJkfl^ fi4«Iium re-
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tête nue ; fl serait convenable que ce fût de Fautel, et Prédication
d6V8nt te
Tassistance devrait, en tout cas, ne point tourner le st^acrement.
» nerationi est ezpositom sanctissîmam Eucharistiœ sacramentom 7 » — Resp. : Consueludiaem tanquam abusam esse elimioaDdam. » (In Peretran.^ 11 mart. 1837. )
« £x pio quodam legato tenentur moniales Ordinis sanctae Glarae in » dvitate Târentina in propria ecciesia ad altare majus publics fîde- » liuni veneraUoni sanctissimam Eucharistiœ sacramentum exponere » tribus postrerois diebus carnis privi. Ne vero in sacro audiendo ip- 8 saram pietas fraudetur, huniillimas Sac. Rit Congreg. preces por- V rexenint pro facultate celebrandi missam conventualem sine cantu » ad altare ubi expositio ut supra peragitur, dictis tribus diebus. — » Resp. : Pro gratia, dummodo in missa sacra Eucharistia non distri- » buatiir. » (In Tarent.^ i^nov. 183i. ) — L^eiception faite ici con* iirme évidemment la règle.
LMmmolation mystique de Jésus-Christ et I*oblation quMl y fait de lui-même comme victime pour continuer à travers les siècles le sa* crîfice de la croix , la transsubstantiation du pain et du vin et la présence permanente de Notre Seigneur qui en résulte , enfin la communion des fidèles à la chair et au sang de THomme-Dieu, tels sont les mystères eucharistiques accomplis tous ensemble dans la sainte messe. La présence continuée du Sauveur tant que les espèces subsistent, et la communion hors le temps de la messe , ne sont que les conséquences du saint sacrifice. Or c'était l'ancien usage de TEglise attesté par le cérémonial des évèques, L. I, c xii, n* 9, de ne pas célébrer à Tautel où se conservait la réserve de la sainte Eucharistie, et on y est encore fidèle à Saint-Pierre de Rome. Lorsque la coutume 8*est introduite d'exposer patemment le Saint-Sacrement et d^appefer les fidèles à réunir leurs prières autour de PHostie sacrée, FEgUse a tenu encore plus à ce que la messe ne se célébrât point concuremment avec cette cérémonie. Il semble qu'elle ait redouté que le culte rendu à Jésus-Christ demeuré dans son état d'immolation où l'a mis une messe précédente , ne détournât Taltention des fidèles de l'acte même où il s'immole et où se produit en entier le mystère eu* charistique. Ce serait donc l'erreur d'une piété mal entendue que de chercher à augmenter la solennité de la messe par l'exposition ou la bénédiction du Saint-Sacrement : la messe se suffit pleinement à elle-même. L'exposition du Saint-Sacrement et la bénédiction donnée au peuple avec l'Hostie sainte sont des cérémonies très augustes, les plus propres, après le saint sacrifice, et quand il nous manque, à exciter notre piété ; mais il faut laisser comprendre au peuple combien éminemment est contenu dans la messe tout ce qu'il faut chercher dans rEucharistie.
^ aous donnons, en plusieurs endroits de ce livre, des règles pour
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Ne pu toonier dos au Saint-Sacrement (1). La règle de ne point tourner le dos au Saint-Sacrement doit, du reste, s'observer autant que possible, même quand le Saint-Sacrement est renfermé dans le tabernacle (2). Leeoitedes Eu préseucc du Saiut-Sacremeut exposé, on enlève ^*^' les reliquaires, et dans les expositions de XL heures et autres semblables , on voile les images des saints, si ce n'est celles d'anges adorateurs portant des chandeliers (3). Peut-être pourrait-on se dispenser de suivre
la messe en présence du Saint-Sacrement exposé, c'est en vae des cas de nécessité qui peuvent obliger à la dire, et non pour approuver les infractions aux décrets précités qu'on commet trop souvent.
(1) Dans la ville de Rome, il est défendu de prêcher devant le Sainl- Sacrement exposé sans une permission spéciale ; et quand cette permission est accordée, c'est sous les clauses suivantes : « PraBdicaturos » autem in ordine saltem diaconali erit, atque superpelliceo Indutus, M quamvis regularis sit, sed sine stola, capite discooperto, prope al- » tare in quo Sanctissimum manet expositum, atque tandem in eo » situ ut auditores non adducat ad actus irreverenti» , convertendo » terga ad Sacramentum. » (Inst Clément)
(2) La recommandation de ne pas tourner le dos au Saint-Sacrement, même enfermé dans le tabernacle, est répétée souvent par les auteurs et ressort de tous les documents liturgiques. Nous avons cité (page 7, dans la note ) , cette décision : « Tabernaculum Sanctissimi » Sacramenti in cathedralibus non débet esse in altari roajori, prop- » ter functiones pontiGcales qus fiunt versis renibus ad altare. » Par suite de changements opérés dans une église collégiale du diocèse de Ravenne , on avait destiné pour conserver le Saint-Sacrement une chapelle latérale du côté de Tépttre, à la hauteur du sanctuaire. Il en résultait que le célébrant et les ministres sacrés, quand ils étaient assis pendant la grand'messe, tournaient le dos au Saint-Sacrement On songea , pour éviter cet inconvénient , à transporter le banc du célébrant au côté de Tévangile : la Sacrée Congr^ation s'opposa à cette mesure qui eût violé la rubrique, mais elle reconnut en même temps qu'il fallait obvier par quelque autre moyen à ce que le respect dû au Saint-Sacrement ne fût pas offensé. « Sedes teneatur a cornu epistol» , juxta rubricœ titulum XVU , § 6, et aliquo modo provideatur decentia débits sanctissimo Eucharistia sacramento. » (lit Bavennaten,, 7 decemb. 184A. )
(3) « Sanctorum reliquia non sunt collocande super altare in quo » reipsa Sanctissimum Sacramentum public» venerationi est exposi*
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Strictement cette r^le , s'il ne s'agissait que d'un salut, et j>ouiTait-on ne pas retirer pour cette cérémonie les reliquaires disposés entre les chandeliers connue ornement habituel de Tautel. La Congrégation des Rites a cependant défini qu'on ne pouvait pas continuer, I>endantun salut, l'exposition d'une relique (1). On ne devrait pas non plus, à l'occasion d'un salut , allumer, devant une image voisine de l'autel , des cierges particuliers, en témoignage de culte.
En présence du Saint-Sacrement exposé, on ne se NepMseeoocoavre jamais , et il serait à propos qu'on ne s'assit pas (2).
» tom. • {In AquetL adb^2 septemb. IT/îl.) « In altari non ponan- » tor Sanctonim reliquîs aut statuas (non ezclusis tameo angelorum » fltatais qaiB candelabrorum vicem gérant ), » dit Tinstraction de Clément XI pour Texposilion de XL heures à Rome.
(1) « An in ecclesiis ubi aliqood festum celebralor cujus ratione » Sancti reliquie sunt ezposits, possit post vesperas festo durante A exponi sacra pizis cum Sanctissimo Sacramento per brève temporls » q>aliaiD , ad recitandas nonnuilas preces qus cum benedictione » Sanctiaaimi Sacramenti absolvuntur, non remotaeadem reliquia... 7 » ^ Resp. : négative.» ( In Senen.^ 19 maU 1838.)
(2) « Quia solitum est per totam hanc octavam (Sanctissimi Sacra-
B menti) ponere super altare tabernaculum cum Sanctissimo Sacra*
» meoto discooperto, dum vespene et ofQcia divina recitantur, ad que
» magna popoli frequentia solet accedere, conveniens esset ut ob re»
» verentiam tanti Sacramenti tam episcopus quam canonici et omnes
» présentes et in choro assistentes durante officio starent semper ca-
» pite détecte et numquam sederent Quodsi ob longitudinem olBcii
» prsstare non poterant, non omittant saitem in signom reverenti»,
» detecio semper capite, ezistente Sanctissimo Sacramento super al-
» tari, divinis officiis assistere. » {CcBr. Episc., L. II, c xxziii, n* 33.;
Quant au cas où l'on couvrirait d*un voile le Saint-Sacrement exposé,
kCongr^tion des Rites a eu des solutions différentes, sans doute
telon la manière plus ou moins complète dont le Saint-Sacrement était
loDé dans ces différents cas. Elle a tolén^ une fois ( in Bracharen.^
10 ffpr. 1796) qu'on s*asstt et se couvrit, tout en déclarant qu'il serait
vwoxde ne pas user de cette tolérance ; aux autres consultations,
«k t lépoodu que le prédicateur, pour lequel on la consultait, ne
fooraitseooaiTir.
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Marques de Le respect dû au Saint-Sacrement oblige ceai qoi i relation, se trouvent près d'un autel où se fait l'élévation à s'agenouiller. Cependant , s'ils faisaient partie d'une procession ou étaient occupés à l'oflice du chœur, et qu'on ne sonnât pas la clochette, ils pourraient être censés ne pas s'apercevoir de ce qui se passe à cet autel, et pour l'ordre des céréoionies il vaut mieux qu'il en soit ainsi (1).
Renonveiiement Le rituel romaiu prcscrlt de renouveler fréquem-
des saintes
<q>^^ ment les saintes espèces. Le cérémonial des évèques a déterminé que ce renouvellement devait avoir Heu tous les huit jours. On ne peut conserver d'hosties consacrées au-delà de ce terme, soit pour la conununîon, soit pour l'exposition (2).
En renouvelant les saintes espèces, il faut purifier le ciboire, et les auteurs liturgiques donnent pour cela diverses méthodes. Les plus usitées consistent : 1* à passer le doigt dans le ciboire, à faire tomber les parcelles dans le calice et à les prendre avec la première
(i) Void la décision de la GongrégatiOD des Rites pour le cas d*uiie prooession i « Ron pulsaDdum campanulam, quod si pulsetur et ad^ » vertatur elevatio v. g. corporis Ciiristi, tune genufleetendum utro* » que genu a transeuntibus anle ailare ubi missa celebratar ; et de* » posito Sacramento progrediendom : siitiiliter si alii transeant in ele* » vatione calicis.» (InOrdin. Canon. ad9^ 1 marL 1681.) La décision pour le cas où du chœur on verrait dire la messe à des autels voisins est analogue* «Mon esse genufleetendum ne sacra quibus assîstunt » per actum privatum interrumpanlur ; sed ad evitandum scandalum » quod in populo et astantibus causari posset ob non genufleiionem, » esse omittendam puisaiionem campanule in elevalione SancUasimi» » in dictis roîssis privatis* n ( m Senen,, 6 marL 1667.)
(2) « (Eucharistia) saitem semel in bebdomada mutetur et rpnove* » tur. » {CiBr. EpisCé, L. I, c vi, n* 2.) — « In renovatione que qao« » libet octavo die fieri débet e augustissimo EucharistiiB sacramealo, » consumi débet tum hostia lum etiam particule que existant in ta-* » bernaculo, post sumptionem sangvinis ante purificatiouem. » (/« Conchen., 3 sept. 1672.;
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aMution ; 2^ à verser dus te ciboire un peu de vio avec lequel, en le faisant passer sur toutes tes parois, on enlève toutes les parcdles ; on te vide ensuite dans le calice et on te prend comme purification ou première ablution.
Le rituel reccnnmande aussi de consacrer les hosties récemment faites, récentes^ ce qui doit, toutefois, s'entendre moralement parlant