CHAPITRE XIV
REMARQUES SUR LA SEMAINE SAINTE ET SUR L'OFnCE DES TÉNÈBRES.
Aux messes basses du dimanche des Rameaux et des ^^l^^ mardi et mercredi saints, le célébrant, après avoir lu le trait, passe tout de suite au coin de l'évangile pour
(i) 9 An lis inecclesiis inquibus ob sacerdotum defectum celé- !» brans in hebdomada majori decantare cogitur partem Passionis, » illam decantare debeat in cornu evaDgelii?— Resp. : Affirmative.D (In Tridentina orf 2 ; 12 nov, 164Zi.)
y lire la Passion (1) ; mais il revient au milieu de Tautel pour dire le Munda cor meum, etc. , et le Jubé, Domine, etc., avant cette dernière partie de l'histoire douloureuse qui, en ces trois jours, tient lieu d'évangile, et qu'il va ensuite lire, toutefois sans Dominus vobiscum ni signes de croix.
desSinèbres ^^^^ ^^^ matiues dcs jeudi , vendredi et samedi saints, qu'on appelle l'office des ténèbres (2), on ne doit pas laisser à l'autel du chœur la réserve du Saint- Sacrement ; on allume sur l'autel six cierges de cire jaune, et on place dans le sanctuaire, près des marches de l'autel, en face du coin de l'épître, un chandelier triangulaire, sur lequel sont placés quinze cierges de cire jaune.
Après qu'on a récité à voix basse Pater, Ave et Credo, le chœ!ir commence l'office tout droit par la première antienne, sans intonation. Un clerc ou cérémoniaire, après chaque psaume, éteint un cierge du chandelier triangulaire , en commençant par le plus bas du côté de l'évangile, puis par le cierge correspondant du côté de l'épître, et ainsi de suite jusqu'au dernier. Après le Pater de chaque nocturne qui se dit entièrement à voix basse, on s'assied incontinent.
Au verset Ut sine timoré, etc. , du Benedictus , le clerc ou cérémoniaire va éteindre les cierges de l'autel , en commençant par le côté de l'évangile et éteignant un cierge de chaque côté alternativement (3).
(i) In ima S. Marci, 26 nov. i6/iù.
(2) Céier. EpisCt L. II, c xxi.
(3) De ce q«'eo éteignant les cierges, on doit commencer par le côté le plus noble , c'est-à-dire celui de l'évangile , nous avons conclu (page 38) qu'il fallait commencer par le lieu le plus noble , c'est-àdire par les plus rapprochés du crucifix. Mais en cette occasion par-
On éteint en même temps toutes les lampes ou autres lumières, excepté la lampe qui brûle devant le Saint- Sacrement.
Pendant la répétition de Tantienne du Benedictm , le même clerc enlève le cierge qui est demeuré seul allumé au sommet du chandelier triangulaire, le porte à Tautel où il le soutient avec sa main élevée au-dessus du coin de Tépître ; puis Tantienne achevée, il va cacher ce cierge derrière Tautel, ou près deTautel, mais de façon à ce que la lumière n'en paraisse pas.
Le plus digne du chœur dit, à genoux, après les prières et sans Domimis iw bùcum, Toraison Re^pice. Cette oraison achevée à voix basse, on fait un peu de bruit (1] , et alors le cérémoniaire rapporte le cierge allumé ; le bruit cesse quand reparait le cierge, lequel est replacé tout allumé au sommet du chandelier, où on réteint bientôt après.
Les jeudi, vendredi et samedi saints, les messes en dehors de Toffice sont formellement interdites (2). La Congrégation des Rites a seulement permis que dans un couvent (3) , on pût, le jeudi saint, célébrer, avec
ticulière des ténèbres, comme les cierges s'éteignent successivement à la fin de chacun des derniers versets du Benedictus, nous croyons, avec tous les auteurs , qu'il faut commencer par éteindre les plus éloignés de la croix, afin que le crucifix, dans cette extinction successive et cérémonielle, ne perde qu'à la fin du cantique les cierges qui Téclairaient de plus près : c'est ainsi qu'on éteint les cierges du chandelier triangulaire, en commençant par les plus bas.
(1) Selon les rubricistes, ce bruit doit durer à peu près le temps de réciter le Pater de conclusion de l'office ; aussi chacun se retire-t-il quand on rapporte le cierge. Les interprètes des saints rites y voient un souvenir de la perturbation de la nature à la mort du Sauveur.
(2 In Florentina , 19 decemb, 1654 ; m una Venetiarum , 20 mart, 1762; Decretum générale 11 mart. 1690; in Sarzanen,^ 16 april. 1831.
(3) C'est sur une demande de religieux carmes que la Sacrée Con-
rautorisation de Tévêque , une messe basse pour les infirmes empêchés d'assister à la messe solennelle. Le vendredi saint , la communion ne peut être donnée qu'aux malades. On ne peut la distribuer le samedi saint que si la coutume en est établie ; et dans ce cas, on ne pourra la donner qu'à la messe solennelle ou après Toffice terminé (1).
Beaucoup de rubricistes avaient prétendu que, pendant ces trois jours , tout le monde , sans exception , devait faire la génuflexion à la croix ; mais il résulte d'un décret de la Congrégation des Rites (2) que cette universalité de génuflexion doit être restreinte au vendredi, après l'adoration de la croix.
Pendant le Gloria in excehis du jeudi saint, on sonne toutes les cloches et on touche l'orgue, puis l'orgue et les cloches se taisent jusqu'à l'intonation du Gloria in excehis du samedi saint (3).
Depuis l'office du jeudi saint jusqu'après celui du samedi saint, on ôte l'eau bénite des bénitiers {k).
grégation donna cette permission (27 mars 1773) ; et Gardellini, dans sa Table des ^Décrets (au mot Feria V), restreint cette faculté aux réguliers.
(1) In Mutinen. ad 2, 23 sept. 1837. Le Saint-Sacrement ne doit pas avoir été reporté dans Téglise avant que TofOce soit achevé : les parcelles réservées le jeudi saint pour donner au besoin le viatique aux malades doivent être encore conservées dans la sacristie ou dans une chapelle séparée.
(2) în Molinen. ad U, 12 sept 1857.
(3) Rub. Miss, ; Car. Episc», L. I, c. xxviii. Dans les villes, c'est sur Téglise principale que les autres églises doivent se régler pour le silence et la sonnerie des cloches, de façon à ce que les autres églises se taisent quand celle-là se tait le jeudi, et recommencent à sonner le samedi saint quand elle en donne le signal.
(4) In una Marsorum ad 60, i 2 nov, 1831.