CHAPITRE XV
OE LA MEfiSfi ET DE LA PROCESSION (1).
A la messe, on ne donne pas la paix ; mais après la ^^*^e«2" récitation de YAgnm Dei, le diacre et le sous-diacre» avec les génuflexions ordinaires, changent de côté, et passent le premier à la gauche et le second à la droite du célébrant. Un peu avant la communion, le cérénioniatre, ou, à son dérant, le sons-diacre va prendre à la crédence le calice destiné à la réserve du Saint- Sacrement, avec sa patène, sa pale et le voile de sole blanche destiné à le recouvrir, et le dépose sur Tautel, au coin de Tépitre. Le sons-diacre, ayant , après la communion du précieux sang, recouvert le calice de la pale, change de place avec le diacre, tous les deux ayant soin de faire les génuflexions convenables. Alors le célébrant, qui vient aussi de faire la génuflexion, prend avec respect F hostie réservée et la dépose dans le calice destiné à la contenir, que le diacre, à sa droite, lui présente, et réitère la génuflexion avec ses ministres. Le diacre recouvre le calice de la pale et de la patène renversée, étend par-dessus le voile de soie
(1) Voyez la rubrique du missel pour ce jour et le cérémonial des évèques. L. II, c. xxiii.
L'article i*' du titre IV du petit rituel indique les préparatifs k faire pour ce jour ; nous expliquerons , k cet endroit, ce qui concerne la chapelle du reposoir. Il faut, si la messe doit être solennelle, préparer de plus les ornements blancs pour le diacre et le sous-diacre, et un second encensoir.
blanche, tandis que le célébrant se tient un peu retiré du côté de Tévangile , et renouvelle la génuflexion. Puis il met aunlevant du calice le ciboire, qu'il ouvre, fait une génuflexion avec le célébrant, et descend au bas des marches , au coin de Tépitre , où il chante le
comBHïnion. Confiteor. Ce jour-là, il y a communion générale du clergé. Après que le diacre et le sous-diacre ont communié, tout le clergé se présente à la sainte table, les plus dignes venant les premiers, et les prêtres portant au cou une étole blanche, qui a dû leur être présentée par un clerc , à leur place , ou quand ils s'avançaient vers l'autel (1). Si les acolytes porteurs des torches, qui ont dû demeurer au chœur depuis le Sanctus, communient, ils remettent, pendant quils vont le faire, leurs torches à d'autres clercs. La communion terminée, le diacre, si Ton a l'habitude de conserver le Saint- Sacrement au mattre-autel, renferme dans le tabernacle le ciboire avec les hosties qui demeurent.
La messe s'achève avec les génuflexions nécessitées par la présence du Saint-Sacrement sur l'autel, selon les règles tracées pages 166 et 222.
Préparatifs de la Après la messc, OU distribue des cierges au clergé, tandis que le célébrant vient à son banc déposer la chasuble et le manipule, et prendre la chape blanche, avec l'assistance du diacre et du sous-diacre, lesquels commencent par déposer eux-mêmes leurs manipules. Le célébrant vient ensuite avec eux faire la génuflexion à deux genoux, au-dessous des degrés de l'autel, s'agenouiller sur la plus basse marche et y faire quelques instants de prière. Deux thuriféraires , portant leurs
(l) Voyez les règles pour la communion du clergé à la page 218.
encensoirs, et le premier d'entre eux portant de plus la navette , s'approchent alors de la droite du diacre. Le célébrant se lève avec les ministres sacrés, et, assisté par le diacre qui lui présente l'encens, et par le sous-diacre qui soulève le bord de la chape, il met, sans bénédiction, de l'encens dans les deux encensoirs ; puis, tandis que le second thuriféraire va s'agenouiller in piano da côté de l'épttre, le célébrant, recevant des mains du diacre l'encensoir du premier thuriféraire, encense à genoux de trois coups le Saint-Sacrement (1) ; après quoi , le premier thuriféraire , ayant repris son encensoir, se retire au côté de l'évangile.
Le célébrant reçoit alors du cérémoniaire le voile humerai , ou du sous-diacre à défaut de cérémoniaire, monte les degrés avec ses ministres, et s'agenouille avec le sous-diacre sur le marche-pied. Le diacre, après une génuflexion faite, lie au-dessous du nœud le voile du calice à l'aide d'un ruban ; de la main droite, il prend le nœud, et de la gauche le pied du calice ; et se tournant par sa gauche , il le donne au célébrant. Celui-ci reçoit le calice qu'il prend de la main gauche par le nœud ; il met dessus la main droite, que le diacre recouvre, ainsi que le calice, en ramenant par-dessus l'extrémité droite du voile humerai; puis le célébrant se lève, monte sur le marchepied et se retourne vers le peuple. Le diacre, qui a fait la génuflexion, vient se placer à sa droite, du côté de l'évangile, et le sous-diacre se met à sa gauche.
(i) Quelques auteurs voudraient que le célébrant fit cet encensement agenouillé sur la seconde marche ou sur le marche-pied. Nous nous rattachons ici au sentiment de Merati, qui s'appuie sur la près* cription du cérémonial pour un cas analogue. L. II, c xzxiu , n* sa.
âdS DU JEUDI SAINT.
Procession. Cependant le clergé, qui était à genoui, se relève; on entonne le Pange lingua, et la procession se met en marche. Les membres des confréries , portant des cierges, vont en avant ; un sous-^iacre, eu aube et en tunique, qui était venu se placer au milieu du chœur, entre les acolytes , en portant la croix de procession couverte d'un voile violet, marche à la tète du clergé. Le clergé suit avec des cierges allumés que chacun tient de la main qui se trouve en dehors ; enfin, viennent ceux qui portent les torches. Le célébrant descend de Tautel entre le diacre et le sous-diacre qui élèvent les bords de sa chape et le soutiennent au besoin lui-même sous les bras. Le cérémoniaire Taide aussi à descendre, si cela est nécessaire, en soulevant les bords antérieurs de ses vêtements, et enfin un autre clerc, marchant derrière lui, le recouvre de Yùm^ brelle ou petit dais, jusqu'à ce qu'il se soit placé sous le dais. Le célébrant ainsi accompagné , tenant le calice élevé à la hauteur de ses yeux qu'il fixe dessus, récite à voix basse le Pange lingua et des psaumes alternativement avec ses ministres, et marche sous le dais jusqu'à la chapelle du reposoir. Devant le Saint- Sacrement , vont les deux thuriféraires qui marchent de côté, en se faisant face l'un à l'autre, et encensent de la façon décrite page 75 , en renouvelant l'encens s'il en est besoin.
On se rend ainsi à la chapelle du reposoir, en suivant par l'église un chemin tel que la procession puisse se développer convenablement (1).
(1) Les rabricistes (Gavantus, Merati, etc.) indiquent que si, pendant la procession, on arrivait à chanter la strophe Tantum ergo, il faudrait que le clergé, arrêtant sa marche, s'agenouill&t, sauf les û»i-
Arrivé à nne distaoce suffisante, le porte-croix s'arrête entre les deux acolytes ; les membres du clergé s'arrêtent aussi et se disposent sur deux lignes, de façon à ce que les moins dignes soient plus près de la croix, et à ce que les plus dignes soient auprès du reposoir. Au moment où la disposition des lieux oblige le dais à s'arrêter, le clerc, chargé de cet office, étend Tombrelle au-dessus de la tête du célébrant , lequel monte à Tautel du reposoir dans le même ordre qu'il était descendu du maître-autel. Le diacre, montant le premier sur le marche-pied , s'y agenouille , le dos tourné au côté de Tépitre ; et ainsi agenouillé, il écarte le voile humerai , reçoit le calice des mains du célébrant , se relève , attend que le célébrant ait adoré le Saint-Sacrement par une génuflexion, puis se retourne et va déposer le calice sur l'autel , oit un corporal doit être étendu, ou dans le petit tabernacle du reposoir dont il laisse la porte ouverte [l]. Il redescend ensuite après une génuflexion et vient prendre sa place à la droite du célébrant, qui est redescendu lui-m^e et s'est agenouillé. Les membres du clergé, qui se sont agenouillés au moment où le Saint-Sacrement passait
nlstreSyYers le Saint-Sacrement. Mais, selon Merati, il vaudrait mieux répéter quelques-unes des strophes qui précèdent , de manière à ce que celle-là se chantât seulement après Tarrivée à la chapelle.
(1) La méthode de déposer d'abord le Calice sur Tautel et de ne le mettre dans le tabernacle qu'après Tencensement, est fournie par la rubrique. Mais celle de le mettre tout de suite dans le tabernacle, dont on laisse la porte ouverte, est plus conforme au cérémonial, surtout depuis que les mots clauso ostiolo y ont été intercalés en 1727 pour préciser ce que le diacre doit faire après Tencensement. Selon quelques-uns , le cérémonial donne la règle pour les cathédrales, et le missel pour les autres églises. Selon d'autres, le cérémonial s'est proposé de donner une manière de faire différente et dont on peut user partout, préférablement à celle du missel.
devant eux, chantent le Tantum ergo ou VO salutaru. Cependant le célébrant, auquel un cérémoniaire ou !e sous-diacre a ôté le voile humerai , met, debout, de l'encens dans Tencensoir sans bénédiction , et s' étant remis à genoux , encense de trois coups le Saint-Sacrement ; puis le diacre monte à Tautel , place le calice dans le petit tabernacle , à moins qu'il ne Ty eût mis en arrivant , fait la génuflexion , renferme le calice, retire la clef du petit tabernacle (1), et redescend à côté du célébrant.
Ceux qui sont chargés de ce soin enlèvent les torches et les cierges : après quelques instants de prières, Retour ao tout le clcrçé sc rclèvc, et ils retournent au chœur en
chœur. ^ '
ordre de procession , après avoir fait la génuflexion à deux genoux. Le célébrant et les ministres sacrés se couvrent lorsqu'ils sont un peu éloignés du reposoir, et se retirent à la sacristie.
^^oSief* Cependant, on retire les parcelles réservées pour les malades du tabernacle où le Saint-SacremeDt se conserve à l'ordinaire , et on porte le ciboire qui les contient au reposoir, pour les y garder avec le calice jusqu'à l'office du lendemain ; ou mieux encore , on les dépose dès ce moment soit à la sacristie, soit daDs quelque chapelle séparée du reste de l'église , où il faudrait, en tout cas, les enfermer depuis l'oflice du vendredi jusqu'à celui du samedi saint.
(1) Il faut remarquer qu'on rend au Saint-Sacrement exposé dans ce tabernacle fermé, les mêmes honneurs que s'il était exposé à découvert
AUX termes de décrets multipliés, la clef du petit tabernacle doit être remise à celui qui dira le lendemain la messe des présanctifiés. Cela a été ainsi décidé par suite de la règle très précise selon laquelle la sainte Eucharistie doit toujours être sous la garde et la responsabilité d'un prêtre qui retienne la clef et non d'aucun autre.
Après les vêpres, on procède au dépouillement des Dépooiuement autels. Le célébrant, revêtu de l'étole violette croisée par-dessus l'aube, précédé du diacre qui porte l'étole violette transversale , du sous-diacre et des membres du clergé qui prennent part à cette cérémonie, se rend au mattre-autel , puis aux autres. Il commence l'antienne, que le chœur poursuit, ajoutant le psaume 21, qu'on psalmodie gravement, de façon à ce qu'il suffise, et reprenant l'antienne à la fin. Cependant le célébrant , avec l'aide des ministres , retire les nappes et les ornements des autels , de façon à ce qu'il n'y demeure que les croix et chandeliers. On laisse ouverte la porte du tabernacle oii le Saint-Sacrement se conservait d'habitude. Si les autels étaient nombreux, d'autres prêtres, en surplis et étole , pourraient aller faire, aux autels secondaires, ce que le célébrant ferait seulement au principal.
DU LAYEHEIfT DES PIEDS (i).
Le lieu convenable pour le lavement des pieds est ^^* J?^'* la sacristie ou quelque autre grande salle dépendante de l'église : on ne pourrait faire cette cérémonie dans l'église même , que si l'église était très-vaste et pouvait offrir un endroit approprié qui fût loin et hors de la vue de la chapelle du reposoir (2).
Sur l'autel ou sur une table en forme d'autel , doi- Préparatifsvent être disposés un crucifix recouvert d'un voile violet [â], et deux chandeliers au moins avec des
(i) Voyez la rubrique du missel , le chapitre xxiy du cérémonial, et les commentaires de Bauldry, Merati, etc.
(2) In una Urbis^ 22 mart. 1817.
(3) In LusUana ad U, 20 decemb, 1783.
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ciei^es de cire btenche. Près de Taiitel, sur une crédence , on plaee le livre des évangiles , un gnoA linge duquel le célébrant doit se ceindre , des serviettes pour essuyer les pieds des pauvres, nne aiguière avec son bassin et une serviette , pour laver et essuyer les mains du célébrant, un plateau ou bassin , contenant les pièces d'argent qu'on destine aux pauvres ; enfin , on y placera encore , si cela est possible, les aiguières contenant Teau cbaude avec laquelle on lavera les pieds , et le bassin nécessaire pour cette action. 11 faut aussi avoir k portée un grand vase dans lequel on puisse vider Teau dont on se sera servi. Il sera très-convenable de parsaner de fleurs et d'herbes odoriférantes la crédence , et même le pavé. Il faut disposer aussi un pupitre recouvert d'une étoffe de soie blanche, pour chanter l'évangile, et un autre pupitre nu sur lequel sera placé le livre des antiennes pour les chantres. A la sacristie, on prépare pour le célébrant Tamict , l'aube , le cordon , et l'étole et la chape de couleur violette ; et pour le diacre et le sous-diacre , les mêmes ornements qu'à la messe , sauf le manipule , et de couleur blanche comme à la messe.
lawlwp'îSî? Ceux auxquels on doit laver les pieds, et qui seront treize pauvres , ou clercs , ou enfants de chœur, sont assis sur un bauc élevé recouvert de quelque étoffe verte. Us auront le pied droit déchaussé. d/éSiînte ^^ célébrant doit toujours être le supérieur ou le plus digne de l'église. Il se revêt , ainsi que ses ministres , à l'heure indiquée , des ornements convenables , puis on se rend au lieu où doit se faire la cérémonie. Le célébrant monte à l'autel , lé baise et
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va aa côté de Tépitre ; et bientôt le diacre , avec les cérémonies opportunes , fait mettre et bénir 1* encens, dit le Munda cor meum , demande et reçoit la bénédiction , puis il va chanter Févangile au pupitre préparé. Après Févangile, le célébrant baise le livre que le sous-diacre lui présente, et il est encensé par le diacre ; il dépose ensuite , avec Taide de ses ministres, sa chape qu'on met en un lieu convenable , et avec leur aide encore , il se ceint d'un grand linge que les acolytes ont été prendre à la crédence , en y déposant leurs chandeliers.
Le célébraot vient alors s'agenouiller, en compagnie du diacre et du sous-diacre, devant le premier de ceux auxquels il doit laver le pied droit Le sous-diacrc soutient le pied que le célébrant lave eu y versant de Feau, mais sans y tracer le signe de la croix ; le diacre présente le linge avec lequel le célébrant essuie le pied ; enfin le célébrant baise le pied qu'il vient ainsi de laver et d'essuyer, et, tout aussitôt, s'il s'agit de pauvres , il donne l'aumône que le diacre lui a transmise, et que le pauvre reçoit en baisant la main du célébrant et la pièce d'argent. On répète les mêmes cérémonies devant chacun des treize pauvres, ou clercs j ou enfants de chœur. Les acolytes , pendant ce temps , ont soin de fournir ce qui est nécessaire , d'apporter de l'eau chaude , et de vider, quand il le faut, celle qui a servi. Les chantres chantent les versets marqués au missel.
Le lavement des pieds étant terminé , le célébrant vient au bas de l'autel du côté de l'épitre, où il dépose le linge dont il est ceint , frotte ses mains de mie de pain et les lave , reprend la chape , puis re«
monte à Fautel , au coin de Fépître, oii il lit le Pater et les versets avec Foraison , tandis que les ministres sacrés se tiennent derrière lui, et que les acolytes sont venus avec leurs chandeliers au bas des degrés, devant les deux extrémités de Tautel.
Tout étant achevé, on retourne à la sacristie.