‹ Céremonial romain, rédigé d'après les sources authentiquesChapitre 92 sur 188 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Commencement A Thcure convcnaMe , le célébrant vient au chœur

de I office. '

avec ses ministres dans Tordre suivant : le thuriféraire marche le premier, sans encensoir ni encens ; il est suivi des acolytes qui ne portent pas de chandeliers , et du cérémoniaire , puis du sous-diacre , du diacre, et enûn du prêtre. Ces trois derniers (2) s'agenouillent in piano, et, appuyant les bras et la tète chacun sur le coussin violet placé devant lui , ils demeurent ainsi prosternés Tespace d'un Miserere. Les acolytes , thuriféraire et cérémoniaire sont agenouillés chacun à sa place ; tout le chœur aussi est à genoux et prie la tète inclinée.

(i) Voyez la rubrique du missel, le cérémonial, c xxv et xxvi, et les rubricistes.

Les préparatifs pour cet office se font ainsi quMl est marqué au petit rituel ; on prépare, de plus, des ornements noirs pour le diacre et le sous-diacre, c'est-à-dire des manipules et une élole, avec des chasubles pliées et Tétole large, si c'est une église considérable. On prépare aussi des étoles noires avec des aubes et amicls pour les diacres de la passion ; sur la crédence, on place les chandeliers des acolytes avec des cierges de cire jaune non allumés.

Sur la seconde marche, on dispose trois coussins violets.

(2) Selon un décret que nous avons cité en note, page Uk , les salutations ordinaires ne s'omettent aujourd'hui qu'à dater de l'adoration de la croix. (Voyez aussi page 288.}

Pendant cette prière, les acolytes se lèvent, et avec les génuflexions convenables à la croix , viennent déployer et étendre sur Tautel une seule nappe qu'ils ont prise sur la crédence. Le cérémoniaire dispose alors au coin de Fépftre le missel sur un pupitre recouvert de noir.

Le célébrant et tous les autres se relèvent sur Tavertissement du cérémoniaire. Le thuriféraire et les acolytes ayant retiré les coussins violets , le célébrant monte à Tautel qu'il baise au milieu ; les ministres sacrés montent avec lui et font la génuflexion ; puis ils se rendent au côté de Tépître , où le célébrant lit à voix basse la leçon, à kquelle on ne Leçon. répond rien , et le trait ; le diacre et le sous-diacre se tiennent comme à Tintroit. Pendant ce temps, un clerc ou un des acolytes, ayant reçu du second cérémoniaire le missel, fait la génuflexion devant le milieu de Fautel , puis vient à la place où ordinairement se cbante Tépitre , et là il chante , sur le ton des leçons , la prophétie : Hœc dicit Dominus , après laquelle il revient , fait la génuflexion , rend le livre et retourne à sa place. Pendant que le chœur chante le trait, le célébrant peut aller s'asseoir, si bon lui semble , et dans ce cas , il reviendrait sur la fin au coin de l'épitre , par le chemin le plus court. Les ministres sacrés se placent derrière lui, après qu'il a terminé le trait , dans le cas où ils n'iraient point s'asseoir, ou au retour du banc, dans le cas où ils se seraient assis. Le célébrant chante l'oraison, laquelle est précédée du Flectamm genua avec le rite ordinaire , et il lit à voix basse l'épître et le trait. Le sous-diacre cbante l'épître sur le ton et à Epttrc.

la place accoutumés, en ayant soin de d^^oeeic sa chasuble s'il la porte; mais il ne baise point la main du célébrant , et revient se placer, après avw repris sa chasuble, au-dessous et à la droite du diacre , lequel , après Foraison , est venu à la droite du célébrant.

Après avoir lu l'épttre à laquelle on ne répond pas Deo gratias , et le trait , le célébrant peut aller s'asseoir, s'il le veut. Pendant le chant du trait, on pré-

Passion, parc toutcs choses pour le chant de la Passion , et les trois diacres viennent au chœur de la façon qui a été marquée pour le dimanche des Rameaux, et ils commencent la Passion. Le célébrant revient au coin de répttre , où il lit à voix basse la première partie de la Passion , récite le Munda cor meum sans Jubé , Domine, etc. , et lit la dernière partie de la Passion destinée à tenir lieu d'évangile , sans , toutefois , quitter le coin de l'épitre.

Evangile. La Passiou finie , le diacre, s'il porte la chasuble, l'échange contre l'étole lai^e , ou la roule en manière d'étole , dit le Munda cor meum , et va chanter ce qui tient lieu d'évangile ; mais il ne demande et ne reçoit point de bénédiction ; il n'y a point d^ encens, et les acolytes ne portent pas leurs chandeliers, mais accompagnent le diacre et le sous^acre tes maias jointes. Le célébrant, qui, pendant la fin de la Passion et pendant l'évangile , s'est tenu tourné vers ceux qui chantaient , ne baise point le livre à la fin (1), mais il se retourne vers le missel , et commence à chanter

Oraison. Ics monitious et les oraisons. 11 tient les mains jointes

(i) C*est alors que devrait avoir lieu la prédication si Ton prêchait ^cetoiBoe«

pendant les monitions, les écarte et les rejoint à Oremm, et les tient étendues pendant les oraisons ; le diacre et le sous-diacre sont derrière lui sur les marches, et aux moments opportuns, disent Fkctamus genua et Levate. Le célébrant omet la monition et Toraison pour l'empereur romain (1 ), et si le Saint-Siège était vacant , il omettrait celle du Pape. A la fin des oraisons, les acolytes déroulent un tapis violet , long et étroit , dont une des extrémités doit se placer sur les marches de Fautel , et Tautre s^avancer dans le chœur; sur les mêmes degrés de

(i) Le célébrant omet purement et simplement la monition et Toraîson pour Tempereur romain , sans chercher à les approprier au souverain de son pays. (S. R. 0., 7 dec, 1844, m Mechliiu) Ces prières, ainsi que la mention de Tempereur dans VExtUiet et les oraispns Pra imperatore du missel , regardaient Tempereur du saint-empire romain, successeur de Gharlemagnc. Ce prince, dans le système politique d'un autre âge , était considéré comme le chef temporel de la chrétienté. Voilà pourquoi on devait adresser pour lui à Dieu, même dans les pays qui ne lui étaient pas soumis, des prières tendant à obtenir la prospérité générale de la République chrétienne^ selon Fexpression reçue : ut Deus et Dominus noster subditas iiii faciat omîtes barbares nationes ad nostram perpetuam pacem. Pour les princes chrétiens, FEglise demande à Dieu de leur accorder pacem et veramconcordiam; et pour chacun d'eux, (roraison pour les souverains particuliers est celle qui est au missel sous le titre Proroge)^ elle implore des accroissements de vertus et des victoires et bénédictions spirituelles.

(Pour la France, un induit spécial, du 10 septembre 1857, expliqué par un décret du 17 décembre, accorde une monition et une oraison particulières le vendredi saint, à la place de celles pour Tempereur romain, une mention du souverain dans VExuUet et dans les grandea litanies des saints , et Tinserlion de son nom au canon de la messe, après celai de Tévéque , en le rattachant par la proposition pro , Pro imperatore nostro iV., enfin Tanlienne Domine ^ salvum foc imperatorem, et exaudi nos , etc. , qui doit être chantée dans les messes solennelles, une fois , alternativement par le clergé et p9f le peuple 9 après Tantienne de la communion , et Toraison Quasumus {pro rege)^ avec une modification particulière, qui se joint sous une même conclusion à la dernière post-commanion. >

Faute], ils déposent un grand coussin de velours violet à galons d'or, et par-dessus ils étendent un voile de soie blanche , orné de violet Cependant le célébrant se rend directement à son banc oii il dépose sa chasuble et son manipule , le diacre et le sous-diacre déposent leurs manipules pareillement , et le sous diacre sa chasuble pliée ; mais le diacre conserverait son étole large , s'il la portait. Le célébrant se rend à Tangle postérieur de Tautel , du côté de l'épître , et se tient tourné vers le peuple. Alors le cérémoniaire prend sur l'autel la croix couverte d'un voile qui est au milieu des chandeliers , et qui est celle qu'on doit employer pour cette cérémonie ; il la remet aux mains du diacre. Le diacre ayant reçu la croix au bas des degrés , des mains du cérémoniaire , l'apporte directement au célébrant , à la droite duquel il se place. Le sous-diacre est à la gauche du célébrant. Le célébrant Lc Célébrant, ayaul reçu respectueusement la croix,

découvre la . , , .

croix. se tenant le visage tourné vers le peuple et ayant les ministres sacrés à ses deux côtés autant que le permet la disposition des lieux , tourne la croix vers le peuple , en découvre le sommet jusqu'au croisillon, l'élève des deux mains à la hauteur de ses yeux , et d'une voix grave chante : Ecce lignum crucis, enlisant ces paroles sur un missel que le thuriféraire ou bien un acolyte , le dos tourné au peuple , soutient devant lui. Les paroles suivantes : In quo salus mundi pependit , sont continuées non-seulement par le célébrant , mais aussi par les ministres sacrés et par les autres qui l'environnent , et qui unissent leurs voix à la sienne. Tout le chœur répond : Venite , adoremus; et en même temps non seulement tout le chœur, mais

aussi toas ceux qui sont auprès du célébrant , sans exception , se mettent à genoux et s'inclinent ; lé célébrant demeure seul debout et continue à tenir le crucifix élevé et tourné vers le peuple.

Tout le monde se relève; le célébrant abaisse le crucifix et vient au coin de Tépltre , à Tangle antérieur de Tautel , où il découvre la tête et le bras droit du crucifix ; il tourne le crucifix vers le peuple , relève un peu plus haut qu'il n'avait fait la première fois , et d'un ton de voix qui doit être aussi plus élevé, entonne de nouveau : Ecce lignum crucis, etc. , et tout s'accomplit comme à la première fois. Enfin , le célébrant vient au milieu de l'autel , où il découvre complètement le crucifix , l'élève plus haut encore que les deux autres fois , et chante en remontant aussi la voix : Ecce lignum , etc.

Lorsque le chœur s'est mis à genoux pour la troisième fois en répondant pour la troisième fois Venite, adoremus, le célébrant descend par le côté de l'évangile , en tenant le crucifix des deux mains ; et , s'age- DOuillant devant le coussin , il dépose le crucifix et le fixe, s'il est besoin, avec des cordons; ensuite il se relève et fait la génuflexion. A ce moment, tout le chœur se relève et on découvre la croix de procession et les autres croix de l'église mais non pas les autres ûnages.

Cependant le célébrant est venu à son banc avec le Adoration de diacre et le sous-diacre ; il s'y assied pour ôter ses souliers ; puis , laissant là le diacre et le sous-diacre qui demeurent debout , il va faire son adoration , étant assisté seulement du cérémoniaire. 11 fait pour cela trois génuflexions , l'une à l'extrémité du tapis violet ,

la seconde au milieu et la troisième près du crucifix dont il baise les pieds avec le respect le plus profond. Chacune de ces génuflexions se fait à deux genoux « tète nue et les mains jointes , en inclinant la tête et en disant à voix basse , ainsi que l'indiquent pluâears auteurs : Adoramm te, Christe, et benedicimus Hbi, quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

Avant de se retirer, le célébrant dépose dans an plateau qui doit être à la gauche du coussin , c*est-àdire, à sa droite à lui-même, Fargent dont il veut &ire offrande au crucifix ; puis il fait une génnflexioD à un seul genou , et revient directement à sa place, où il reprend ses souliers , son manipule et sa chasuble , s'assied et se couvre. Le diacre et le sous-diacre déposent à leur tour leurs souliers, saluent le célébrant et vont faire tous les deux ensemble leur adoration , selon le rite expliqué ci-dessus ; après quoi ils revien nent au banc , où ils saluent le célébrant , reprennent leurs souliers et leurs manipules ; le sonsdiacre reprend de plus sa chasuble pliée , et Ils s*asseyent aux côtés du célébrant. Cependant le célébrant lit les Improperia sur un missel qu'un acolyte , ou au besoin, le diacre et le sous- diacre soutiennent devant luL

Pendant ce temps , les membres du clergé déposent leurs souliers et se rendent à l'adoration deux à deux, où ils observent le cérémonial expliqué ci- dessus. Après eux , peuvent aussi venir les magistrats ou laïcs principaux , mais sans ôter leurs souliers.

Sur la fin de l'adoration , les acolytes allument les cierges de l'autel et ceux de leurs propres chandeliers t lesquels sont sur la crédence. Le diacre se lève.

salae le célébrant , vient prendre à la crédence la bourse et un purificatoire , et se rend directement à Fautel , en saluant d'une génuflexion la croix qui est sur le coussin ; il déploie le corporal et met auprès le purificatoire; puis, après avoir fait, au bas des degrés, une nouvelle génuflexion au crucifix, il vient repren-. dre sa place.

L'adoration terminée, le diacre vient au coussin, Ikit la génuflexion , et prenant la croix des deux mains et rélevant à la hauteur de ses yeux , il la reporte à Fautel où il la replace entre les chandeliers , et il revient auprès du célébrant. Pendant que la croix était ainsi reportée , le célébrant et tout le chœur se sont mis à genoux ; puis ils s'asseient pendant que les aco^ lytes enlèvent le coussin et le tapis violet.

Le célébrant vient à Fautel où il fait la génuflexion ^'J^^jJ*" entre les ministres sacrés ; puis la procession se met en marche. Elle est ouverte par deux thuriféraires et par un sous -diacre porte -croix revêtu d'aube et de chasuble pliée , qui marche entre les deux acolytes ; dans les moindres églises , la croix est portée par un simple clerc en surplis. Viennent ensuite les membres du dei^é deux à deux , et enfin le célébrant entre les ministres sacrés ; tous les trois ont la tête couverte et se découvrent près du reposoir. Le clergé se range , comme hier, au-devant de la chapelle du reposoir. Le célébrant et ses ministres font une génuflexion à deux genoux sur le pavé de la chapelle, et s'agenouillent sur la plus basse marche ; en même temps , tout le clergé s'agenouille pareillement , et le porte-croix et les acolytes se placent de manière à faire face à Faulel du reposoir. On demeure ainsi en prière pendant Fes-

pace d'un Miserere , et pendant ce temps , des clercs distribuent au clergé des cierges allumés, ou allument les cierges qui auraient été distribués avant la procession. Alors le diacre monte à Tautel où il fait la génuflexion, ouvre le tabernacle, fait la génuflexion de nouveau et redescend à la droite du célébrant auquel il offre la navette sans baisement. Le célébrant s'est levé au même moment , et il met, sans le bénir, Tencens dans les deux encensoirs, puis il encense comme hier, reçoit du cérémoniaire le voile humerai blanc , et monte à Tautel où il s'agenouille sur le marchepied. Le diacre prend le calice dans le tabernacle et le remet aux mains du célébrant, et tout se passe comme hier, sauf que le chœur chante et que le célébrant récite le Vexilla régis au lieu du Pange lingtia [l]. Le porte-croix remet la croix au lieu ordinaire , puis va déposer à la sacristie ses ornements, s'il en est revêtu ; les acolyles portent leurs chandeliers à la crédence , et le clergé , à mesure qu'il rentre , s'arrête dans le chœur, sans monter aux stalles , fait la génuflexion quand le Saint-Sacrement passe, puis se range en cercle ou en double cercle en face de l'autel et y demeure agenouillé sur le pavé du chœur [2], en con-

(1) Le dais est porté par des ecclésiastiques en surplis.

(2) « Canonici, et alii de choro in duplici gyro genuflectuot in piano D an te altare. » (Car. Episc.y c. xxv, n" 32.) Comme ce membre de phrase a été inséré seulement dans 1 édition de 1727, il n'est pas étonnant que les anciens rubricistes et ceux qui les ont copiés permettent de remonter dans les stalles.

Pour faire cette cérémonie avec ordre, les moins dignes pourraient s'avancer jusqu'auprès des marches de Fautel, tout en laissant libre l'accès à la crédence, et se disposer des deux côtés du chœur; les plus dignes seraient ainsi les plus éloignés de Tautel. Les chanoines, s'il j en avait, formeraient deux autres lignes au-devant des premières, et

servant les cierges allumés jusqu'à la communion. Les acolytes porteurs de torches s'agenouillent face à face au-devant ou aux côtés de TauteL Le diacre , après avoir reçu le calice et l'avoir déposé sur l'autel , en détache le rubau , écarte et dispose, comme au commencement de la messe, le voile dont il est recouvert, puis il revient auprès du célébrant. Celui-ci, qui s'était arrêté sur la seconde marche et s'est agenouillé sur le bord du marche-pied , se lève , met de l'encens , puis , agenouillé à la même place , encense comme à l'ordinaire. Le second thuriféraire reporte en ce moment son encensoir à la sacristie.

Le célébrant monte à l'autel entre les deux minis- ^^^^^^ très sacrés, et en y arrivant fait la génuflexion; le diacre retire le voile du calice et le remet au cérémoniaire ; puis, avec les génuflexions opportunes, il enlève la patène qu'il dépose sur le corporal, ôte la pale , et prenant après cela la patène des deux mains, il la tient devant le célébrant. Celui-ci prend le calice et en fait descendre la sainte hostie sur la patène en évitant de la toucher ; s'il la touchait, il devrait immédiatement purifier ses doigts. Le célébrant met ensuite le calice un peu du côté de l'épitre , et recevant des mains du diacre la patène sur laquelle est l'hostie , il dépose l'hostie respectueusement sur le milieu et la patène sur le coin du corporal du côté de l'épttre. Le diacre, sans essuyer le calice, verse du vin ; le sous-diacre verse un peu d'eau sans la faire bénir, et

quand le Saint-Sacrement serait passé, le cercle se formant, les plus dignes se trouveraient au milieu et directement en face de l'autel , ce qui parait conforme au cérémonial, liv. I, ch. xiii, n" 1. Du reste, les auteurs ne fournissent point d'indication sur la manière de former ces cercles.

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