‹ Céremonial romain, rédigé d'après les sources authentiquesChapitre 94 sur 188 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

DU SAMEDI SAINT (i).

Toutes les lampes et tous les cierges sont éteints dans Téglise, et on tire d'une pierre un feu nouveau avec lequel on allume le réchaud disposé à la porte de l'église. Pendant ce temps , le célébrant se revêt à la sacristie, sur Taube, de l'étole et de la cbape violettes. Les ministres sacrés prennent les chasubles pliées, ou si réglise ne les comporte pas, demeurent, le diacre en étole, et le sous-diacre simplement en aube. On se rend sous le vestibule ou à la porte de l'église, en cet ordre : un acolyte porte le bénitier avec l'aspersoir dedans , ayant à sa gauche l'autre acolyte qui porte dans un plateau les cinq grains d'encens, et à sa droite le thuriféraire qui porte l'encensoir vide et la navette garnie d'encens (2) ; le sous-diacre vient ensuite por-

criptîon de ne laisser le Saint-Sacrement ni au reposoir, ni ailleurs, dans rintérieur de Téglise.

(1) Voyez la rubrique du missel et le cérénionial, c. xxvii et xxviii, et les rubricistes.

Le petit rituel de Benoit XIII indique au titre VI, art. !•% ce qu'il faut préparer pour Toffici de ce jour. Si cet ofGce se célèbre avec les ministres sacrés, il faut préparer pour eux, à la sacristie, outre les aub€8, etc., l'étole violette du diacre et des chasubles pliées violettes, si c'est une grande église, avec les ornements blancs du sous-diacre. Les ornements blancs du diacre et le manipule violet du sous-diacre seront préparés au lieu où doit se bénir le feu nouveau. La chasuble violette du célébrant et deux manipules violets doivent être placés d'avance au chœur, sur le banc. Le bénitier rempli d'eau bénite, les grains d'encens et l'encensoir avec la navette doivent être préparés à la sacristie cl non sous le vestibule. S'il y a des fonls baptismaux à bénir, les chandeliers des acolytes se placent, éteints, à la crédence du grand autel, pour servir à la procession des fonts.

(2) L'acolyle du bénitier pourrait aussi aller seul et en avant, l'autre acolyte viendrait ensuite à la gauche du thuriféraire.

SIS DU 8AMBDI fliJNTi

tant la croix, puis le clergé, et enfin le célébrant, ayant le diacre à sa gauche» Arrivé dans le vestibule , ^^^ySi? *^ sous-diacre se place de façon à tourner le dos à la porte de Féglise si Ton se trouve en dehors et à regarder en ftice le célébrant vers lequel il tient tournée l'image du crucifix. Les deux acolytes, le thuriféraire et le diacre doivent se trouver à la droite du célébrant Quant au célébrant , ayant devant lui la table sur laquelle est posé le missel , il fait face au sous-diacre et à l'église. Le clergé est entre le célébrant et le sousdiacre. Le célébrant, devant lequel un clerc soutient le missel (1), lit sans chanter les trois oraisons pour la bénédiction du feu nouveau, puis la quatrième sur les grains d'encens, sans la faire précéder de Dominut vùbiscum ni à'Oremus. Pendant qu'il récite celle-ci, le thuriféraire met des charbons bénits dans l'encensoir ; puis, les oraisons finies, le célébrant metdeTencens dans l'encensoir avec la bénédiction ordinaire , asperge les grains d'encens trois fois et le feu nouveau trois fols aussi , avec le verset Aspergée me, et il les encense trois fois pareillement Le diacre, à la droite du célébrant, lui a présenté la navette et la cuillère, l'aspersoir et l'encensoir, avec les baisements ordinaires ; après cela , il passe à la gauche , où il quitte sa chasuble et son étole violette , qu'un clerc a soin de porter au chœur sur le banc , et où il prend le mam'pule , l'étole et la dabnatique de couleur blanche. Le sous-diacre prend en même temps le manipule violet (2). Le diacre repasse à la droite, présente la

(1) Si les clercs manquaient, Tacolyte pourrait déposer le bénitier sur ia table et soutenir le missel.

(2) Il y a une controverse entre les rubridstes sur le moment où le

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navette ftu célébrant qai met de nouveau abondam*ment de l'encens dans rencensoir» pais il prend des deux mains le roseau à triple ciei^. On entre dans l'église dans Tordre suivant r le thuriféraire s^avance le premier en agitant son encensoir, ayant à sa droite Tacolyte qui porte les cinq grains d'encens ; le sonsdiacre vient ensuite portant la croix , puis le clergé , enfin le diacre portant le roseau , à la gauche duquel marche un acolyte tenant une bougie que le feu nouveau, après sa bénédiction , a servi à allumer, et contenue , si cela est nécessaire , dans une lanterne ; le célébrant marche derrière le diacre, les mains jointes. A son entrée dans Téglise , le diacre s'arrête , et tous s'arrêtent en même temps que lui* Il penche le roseau vers l'acolyte, afin d'allumer une des branches du triple cierge , puis il relève le roseau et fléchit les genoux en chantant assez bas: Lumen ChrittL Tout Lumenchmtu le monde , excepté le sous-diacre , a imité sa génuflexion , et on lui répond en chantant : Deo gratis. Au milieu de l'église , le diacre allume le second cierge , avec les mêmes cérémonies , sauf qu'il chante plus haut : Lnmen Chritli , et qu'il élève le roseau davan-* tage ; enfin , devant les marches de l'autel , il allume le troisième cierge, chante encore plus haut : Lumen Christi, et élève encore plus son roseau. Après que le chœur a répondu : Deo grattas pour la

fioa»-diacre doit prendre le manipule ; la plupart^ se fondant sur le texte très exprès du cérémonial , ch. xxviii , n* 1 , veulent qu'il le prenne en même temps que le diacre se revêt des ornements blancs. Les autres, raisonnant d'après un autre texte du cérémonial, ch. xxyii, n*** il et 13, veulent qu'il le prenne seulement quand le diacre prend les ornements violets. Nous suivons la première opinion qui nous parait mieux appuyée.

troisième fois , tous vont à leurs places. Le soos^-diacre, portant la croix, avec le thuriféraire à sa gaache, se range du côté de Tévangile ; le diacre, avec les deux acolytes à sa droite, du côté de Tépitre. Celui des acolytes qui portait la lumière , Téteint, et il reçoit des mains du diacre, au moment oii celui-ci arrive à Faulel, le roseau avec ses cierges allumés. Le célébrant, au bas des marches, donne sa barrette au cérémoniaire, et fait à Tautel une inclination, tandis que ceux qid raccompagnent, sauf le sous-diacre et Tacolyte porteur du roseau , font la génuflexion ; il monte ensuite à Tautel qu'il baise au milieu, et va au côté de l'épitre. Cependant, le diacre , tenant le missel que le cérémoniaire lui a remis , va se mettre à genoux aux pieds du célébrant qui se tourne vers lui, et avec la formule : Jubé, Dominey benedicerey il demande la bénédiction ; mais après l'avoir reçue , telle qu'elle est marquée au missel , il ne baise pas la main du célébrant II redescend, fait une génuflexion que font avec lui ceux qui sont au bas des marches , sauf le sous-diacre et l'acolyte qui tient le roseau ; puis , après avoir salué le chœur, il se rend au pupitre préparé du côté de l'évangile pour le chant de YExulteL Le sous- diacre , tenant toujours la croix , et l'acolyte , portant le roseau, le suivent et viennent se placer, le premier à sa droite , et le second à sa gauche ; puis viennent le thuriféraire et l'acolyte des grains d'encens, qui se placent , le premier à la droite du sous-diacre , et le second à la gauche de l'autre acolyte. Le cérémoniaire se tient un peu en arrière du diacre.

Bxuiiet. Le diacre ouvre le missel , Tencense de trois coups comme à l'évangile, puis, les mains jointes , il chante

VExultet, pendant lequel le célébrant et le chœur se tiennent debout et tournés vers lui.

Après que le missel a été encensé , le thuriféraire reporte l'encensoir. Pendant le cours de YExultet, le diacre accomplit les différentes cérémonies marquées au missel, et décrites au petit rituel , titre VI, art. 2 , § 2. Il faut remarquer ici que pendant ces différentes cérémonies , et notamment pendant que le diacre fixe les cinq grains d'encens, le clergé peut s'asseoir; puis que le roseau , après avoir servi au diacre pour allumer le cierge pascal, doit être déposé, par l'acolyte qui en est chargé, sur le pied ou support préparé pour cet effet ; enfin, que le cierge pascal, qu'on a pu descendre de son chandelier pour y fixer les grains d'encens et pour l'allumer, doit être replacé de façon à ce que la croix formée par l'encens soit tournée vers le célébrant (1).

VExultet terminé , le diacre ferme le missel qu'il laisse sur le pupitre. Il revient ensuite faire la génufleiion devant l'autel et se rend au banc avec le sousdiacre , qui a été d'abord déposer la croix en un lieu convenable. Là, le diacre échange ses ornements blancs , qu'on porte à la sacristie , contre les violets qu'il avait à la bénédiction du feu nouveau, et prend le manipule (2] ; et le célébrant, y descendant directement [3], dépose la chape et prend la chasuble et le

(1) On trouvera , à la fin du petit rituel, Tindication des jours où on allume le cierge pascal.

(2) Le diacre , qui a chanté VExuUet , doit continuer la fonction pendant tout roOice. (In Florent, 22 jw/. 18û8.)

(3} Beaucoup de rubricistes veulent que le célébrant dépose la chape et se révèle de la chasuble au coin même de Tautel. L'opinion que nous avons préférée nous parait s'appuyer sur ce que le cérémo^

Bénédiction des fonts.

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manipule violets avec Taide da diao^ et du soos-diacre, et remonte avec eux directement au coin de Tautel où ils se tiennent comme à l'introït. Le célébrant lit Prophéties, à voix bassc les prophéties que des lecteurs chantent en même temps an milieu du chœur sur un pupitre nu. Le clergé est assis pendant ce chant. Le célébrant chante les oraisons sur le ton férial , et les mains étendues. A la fin de chaque prophétie , les ministres sa* crés se sont placés Tun derrière l'autre, et ils chantent, au moment opportun : Flectamm genua et Le^ vate ; puis , après chaque oraison , ils reviennent se placer comme à Tintroît.

Les prophéties terminées , le célébrant dépose sa chasuble et son manipule, et prend une chape violette, et ses ministres déposent leurs manipules. On se rend en chantant le trait : Sicut cervus aux fonts baptismaux. Le thuriféraire prend le cierge pascal , et le portant des deux mains , marche en tète de la procession ; un clerc porte la croix entre deux acolytes qui portent des chandeliers. Le clergé vient ensuite. Le diacre et le sous-diacre marchent aux côtés du célébrant, et élèvent les bords de sa chape. Le porte-croix et les acolytes viennent se placer auprès de la balustrade de la chapelle , le visage tourné vers l'orient et de façon à ce que le célébrant, en se tenant tourné vers l'occident pendant cette bénédiction , ait le crucifix en face ou presque en face de lui. Le clergé se tient sur deux lignes ou en demi-cercle, selon la disposition des lieux. Le célébrant s'arrête près de la balustrade ; il

niai, réformé en 1727, prescrit pour une circonstance analogiie. ^ Vojez, à la page 236, ia note i. }

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se découvre , et les mains JcHOtes , tourné vers roecident, il chante sur le ton férial Foraison Omnipotem, en s*Jnclinant vers la croix au mot Oremus. U entre dans la chapelle , où il se place , si le lieu le permet « de façon à ce qu*ayant les fonts devant soi, il regarde l'occident et la croix de procession, et il chante Forai* son Omnipotem.., ndetto , puis il procède à la béné* diction des fonts , en observant les rites marqués au missel et décrits au petit rituel, titre YI, art, 2, § & et 5. S*il y a des enfants à baptiser, il les baptise. Le célébrant s'asperge lui-même et asperge le clergé, et quelque autre prêtre, revêtu du surplis et de l'étole violette, va par l'église asperger le peuple.

On retourne à l'autel dans l'ordre où l'on était venu« En rentrant au chœur, le célébrant et les mini^ très vont déposer, le premier sa chape , et les autres leurs chasubles, s'il les portent, et ils restent en aubes et le célébrant et le diacre en étole ; puis ils se pros* ternent devant l'autel en appuyant leurs têtes sur la seconde marche , où le cérémoniaire a dû disposer à Litanies. l'avance à cet eifet de petits coussins. Cependant deuji chantres, agenouillés au milieu du chœur, devant un escabeau, commencent les litanies (1) dont chaque invocation est répétée par le chœur agenouillé,

(1) La rubrique dit : « Revertentibus sacerdote et ministris ad al- » tare, caotantur litaniBB... etc. » Ce qui paraîtrait indiquer qu'on commence les litanies en revenant au chœur. Mais le cérémonial des évèques est fort net pour prescrire qu*on les commence seulement qnaad on e^ arrivé au chœur et agenouillé ou prosterné. Quelques rubricistes en ont conclu quMI fallait suivre Tindicalion du cérémonial dans les offices pontificaux ou célébrés en présence de Tévêque, et ailleurs se conformer au missel. Nous croyons, quant à nous, avec Gavalieri, qu'il faut attacher le sens de reversis au revertentibus du missel, qui se trouvera ainsi d'accord avec le ci^réroonial, et attendre parlout, pour commencer les litanies, qu'on soit de retour au chœur.

Messe. S'il D'y avait point de fonts baptismaux , le célé-

brant et ses ministres iraient déposer leurs ornements aussitôt après les prophéties et les oraisons , et on commencerait tout de suite les litanies (1).

Au Peccatores, le célébrant se relève en même temps que le diacre et le sous-diacre ; ils font tous les trois à Tautel la salutation convenable , et vont à la sacristie prendre les ornements blancs pour la messe, puis reviennent au chœur au moment oii les litanies se terminent par le chant du Kyrie, et commencent la messe, selon le rite ordinaire. Il n*y a pas d'introït, et le célébrant , après l'encensement de l'autel , dit le Kyrie au missel.

Au Gloria in excelsis, le cérémoniaire agite la clochette , et les autres cloches recommencent à sonner. On découvre alors toutes les images.

Après avoir donné sa main à baiser au sous-diacre, le célébrant entonne Y Alléluia au coin de l'épitre, devant le missel.

A l'évangile, on se sert de l'encens comme à l'ordinaire , mais les acolytes ne portent pas leurs chandeliers , et vont , les mains jointes, occuper leur place accoutumée.

Vêpres. Il n'y a ni Credo ni antienne de l'offertoire. On omet YAgnm Dei et on ne donne pas la paix.

Il n'y a pas d'antienne de la communion , mais après que le prêtre a pris le précieux sang, le chœur chante l'antienne i//e/ma et le psaume Laudate. Après avoir

(1) « An benediclio aquse in sabbato sancto sine infusione oie » sancti fleri possit in ecclesiis non habenlibusfontem baptismalem, » cum Janu» usus sil lalem bencdicUonem fieri in bujusmodi ecde- » siis? — Resp. : Négative. » (în Janucnsi, i'ôJuL 1697.)

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pris les ablations , le célébrant va au coin de Tépitre où il récite Tanticnne et le psaume avec les ministres sacrés, lesquels se tiennent comme à F introït. Puis, quand le chœur a fini , il entonne Tantienne Vespere autem Sabbati. Cette antienne achevée , et au moment où Ton entonne le Magnificat, il fait le signe de la croix et vient au milieu de Fautel mettre et bénir Tencens; puis il fait Tencensement ordinaire de Tautel , et est encensé par le diacre au coin de l'épître. Pendant que le diacre va encenser le chœur, le sousdiacre , qui est venu se placer à la droite du célébrant, récite avechiUe Magnificat. L'encensement du chœur achevé , le diacre vient encenser le sous-diacre , lequel , se tenant au bas des marches , au-dessous du côté de l'épître, se retourne pour recevoir l'encens. Le diacre, enfin, étant monté sur le second degré derrière le célébrant , est encensé à son tour, puis il vient se placer entre le célébrant et le sous-diacre , comme à Tintroït , et pendant ce temps , le thuriféraire encense les acolytes et le peuple. Enfin , le célébrant , après le Magnificat, vient dire Dominm vobiscnm au milieu de l'autel et va dire ensuite la post-communion. Tout se termine comme à une messe ordinaire, sauf que le diacre ajoute à Vite missa est un double Alléluia.

M6 DES OFriGEa ixtraordinaires

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