CHAPITRE III
Disposition du chœur.
190. Le chœur se divise en deux parties, le chœur proprement dit, et le sanctuaire. Onappellesanctuaire l'espace situé devant et aux côtés de Tautel, destiné aux cérémonies qui s'accomplissent à l'autel. Sous le nom de chœur, on comprend spécialement Tenceinle réservée au Clergé assistant aux Fonctions sacrées^.
191. La distinction du chœur et du sanctuaire n'est pas nécessaire dans toutes les églises. Quand le Clergé est peu nombreux, il peut se placer dans le sanctuaire^ (1).
192. Le chœur peut être disposé de trois manières différentes. Dans la première, l'autel est adossé au mur ou à peu près, et le chœur est en avant. Suivant la deuxième, l'autel est au milieu, le chœur se trouve entre l'autel et le fond de Tédifice, et l'autel est tourné vers le chœur*. D'a-
(1) La distinction du chœur et du sanctuaire, comme l'observe M. Bourbon {bît7\ aux Cér. Rom., part. I, tit. ii, c. iv), paraît admise par le Cérémonial des Évêques : « Sedes pro nobilibus atque illustribus viris « laicis... debent extra chorum et presbyterium coUocari (Ccer. Ep., a 1. I, c. xm, n. 13). » D'autres fois, remarque le même auteur, le Cérémonial, sous le nom de presbyterium, comprend et le sanctuaire et le chœur : en effet, dans le langage liturgique, le sanctuaire et le chœur ne paraissent point être censés deux enceintes différentes et isolées l'une de l'autre, comme il arrive dans les églises où l'autel se trouve entre le chœur et le sanctuaire. On isole encore le chœur du sanctuaire si l'on permet à des laïques de se placer entre les membres du Clergé et Fautel. Un usage de ce genre ne peut être conservé. On peut consulter sur ce point la Revue des sciences ecclésiastiques, t. XIV, p. 65 et suiv.
^ Rub. Miss., part. II, tit. xm, n. 8. Cœr. Ep., 1. I, c. vm, n. 68; c. XXIII, n. 13; c. xxv, n. 31; c. xxvi, n. 15; c. xxxiii, n. 14. Rit., de Euch. — ^ Conséq. — ^ Conséq. — ^ Cœr. Ep,, 1. I, c. xm, n. 1 et 2.
près la troisième, l'autel est au milieu, comme dans le cas précédent, le chœur au même lieu, mais l'autel est tourné du côté 0|)posé, et le chœur se trouve derrière l'autel* (1).
193. Suivant les diverses positions du chœur, il y a deux places différentes pour le trône épiscopal dans les cathédrales. Si l'autel est au fond, le trône est près de l'autel, du côté de l'évangile ; si l'autel est au milieu et tourné vers le chœur, le trône épiscopal se place au fond, de sorte que TÉvêque ait en face de lui le milieu de l'autel, et les Chanoines en partie à sa droite, en partie à sa gauche*. Si l'autel est au milieu et tourné du côté opposé au chœur, le trône épiscopal se place au côté de l'évangile, comme dans la première disposition ^.
194. Il convient que lesplus dignes soient les plus rapprochés du Prélat*. Si l'autel est adossé au mur ou à peu près, les plus dignes sont les plus rapprochés de l'autel (2) et le
(i) A Rome, on ne voit jamais le chœur derrière Tautel, et c'est par erreur qu'en France on a donné à ces sortes d'autels le nom d'autels à la Romaine, Dans les grandes basiliques de la Ville sainte, l'autel est entre le chœur et la nef; mais la partie antérieure de l'autel est tournée vers le Clergé, et non vers le peuple. Il n'y a d'exception que pour les Religieux.
(2) Si l'on en excepte le cas où le trône est au fond et en face de l'autel, le Cérémonial ne suppose jamais un chœur où les plus dignes soient les plus éloignés de l'autel. Au contraire, on suppose toujours qu'ils en sont les plus rapprochés, et le trône de l'Évêque, placé au côté de l'évangile, est, sinon environné par eux, du moins le plus près d'eux, et n'a pas pour voisins immédiats les derniers du chœur, comme il arrive dans certaines églises de France.
Quelques Maîtres de cérémonies ont prétendu que l'usage de faire placier les plus dignes du Clergé près de l'autel ne repose sur aucune loi, et que, par conséquent, chaque église peut conserver sa coutume. Cette doctrine estréfuiée dans la Revue des sciences ecclésiastiques, t. XIV, p. 261 et suiv. On y fait voir en outre que cette dispesition n'est pas implicitement approuvée par une réponse de la S. C, du 12 août 1854, insérée dans les Analecta (14* livraison), d'après laquelle le côté de l'évangile est toujours le plus digne quand l'autel est adossé au mur, ou à peu près. Il y est dit que, si, pour une raison quelconque, les plus dignes
* Les auteurs. — a Cœr, Ep, Ibid. — s Martinucci. — * S. C, 15 mars 1608. Gardel., 227 ou 375, in Alexandrina.