ARTICLE PREMIER
De la préparation à la Messe.
1. Le Prêtre qui veut monter au saint autel doit se recueillir pendant un temps convenable dans l'oraison : aliquaniulum orotioni vacet (Rubr. Miss., part. II, tit. I. n. 1) (2). Il a dû auparavant réciter au moins Matines et Laudes, et, au besoin, se confesser (3).
2. Quoiqu'il n'y ait pas précisément obligation de réciter les prières indiquées par l'Eglise pour la préparation à la Messe, c'est-à-dire l'antienne JVe reminis caris avec les psaumes et les prières qui sont à la suite, cependant c'est une pratique louable de réciter les prières de l'Eglise de préférence à toute autre dévotion
(1) C'est dans P Auteur la première partie de VEsposizione délie sacre Cerimonie délia Messa privata.
(2) Les Rubriques du Missel obligent-elles sous peine de péché ? L'Auteur a répondu à cette question, Ire part., chap. 1, quest. 1.
(3) Ces Rubriques sont-elles obligatoires? On peut voir la réponse, Ire part, ch. 1, q. 3 et ch. ni. Yoici, du reste, les termes de la Rubrique sur ces trois points du N. 1 : " Sacerdos celebraturus Mis- ^' sam, proevia Confessione sacramentali, quando opus est, et saltem
Malulino cum Laudibus absoluto, orationi aliquantulum vacet." (Ruh. , loc. cit) — Si le Prêtre se confesse, il le doit faire avant de prendre les ornements sacerdotaux.
DE LA MESSE BASSE
particulière. Au cas où le Prêtre veuille les réciter, il devra faire attention qu'aux doubles on dit en entier l'antienne avant le psaume, et que dans le temps pascal on y ajoute alléluia,
3. Il ne manquera pas de diriger ses intentions par la pieuse prière, Ego volo Missam celebrare (1). Outre l'avantage des indulgences à gagner, en la récitant, il peut convenablement faire non-seulement le Mémento général des vivants et des morts, mais encore l'application individuelle du Sacrifice en faveur des personnes pour lesquelles il doit l'offrir (2).
4. La préparation faite, il prend le Missel, prévoit la Messe et les oraisons à dire, et dispose les signets en lieux propres (Rubr.y ibid.^ tit. i. n. î), pour ne pas se tromper ou ne pas être trop long à l'autel. La Messe, en règle générale, doit toujours concorder avec l'ofîice. Ainsi donc, lorsqu'un Prêtre célèbre dans une église où l'on fait un Office différent de celui qu'il récite luimême, si le rit et la couleur sont les mêmes, il dira la Messe en rapport avec son bréviaire ; mais si le rit ou la couleur ne sont pas les mêmes, il dira la messe conforme à l'Office qui se célèbre dans l'Eglise. Si cependant ce dernier Office n'est que du rit semi-double, tandis que lui-même fait celui d'un double, il doit, s'il le peut facilement, dire la Messe conforme à son bréviaire : ainsi l'a déclaré la S. Congrégation des Rites, le 12 novembre 1831 (3).
5. Il se lave ensuite les mains, en disant l'oraison prescrite, Da, Domine {Ruhr., ibid.).
6. Puis il prépare le calice, prenant garde que l'hostie soit bien entière, ronde et sans parcelles {Ruhr.
(1) L'Auteur a un excellent chapitre sur les intention? de Messes, l'application des fruits du saint Sacrifice, les honoraires, Ire. part., chap. VI.
(2) Potest Celebrans, ante Missam, in animo proponere sibi omnés illos tam vivos quam defunctos, pro quibus in ipsa ^issa orare
^' inteiidit, et hoc loco (cum intra Missam dicit Mémento) unico contextu ipsorum... commemorationem agere, pro quibus ante Missam orare proposuit in Missa." (Rubr. part, ri, lit. vin, n. 3.)
(3) Dans un Oratoire privé on dit toujours la Messe conformément à son Office. {Même décret)
PART. Il, TIT I, CHAP I, ART. I.
ibid.) (1); que la bourse renfermant le corporal, ainsi que l'enjoint la Rubrique, soit tournée l'ouverture du côté du Célébrant ; que la partie du voile qui est du même côté soit repliée sur la bourse (2) ; et enfin qu'il n'y ait sur le calice ni mouchoir ni autre chose, ainsi que le défend un décret de la S. Congrégation, du 1er septembre 1703 (3).
7. S'approchant des vêtements sacrés, il met de côté la barrette, qu'il ne place jamais sur le calice ni sur le Missel ; et s'il veut faire le signe de la croix, il ne le fera point avec l'amict, mais avant de le prendre (4).
8. Il prend l'amict par les extrémités avec les deux mains, et le baise avec respect à l'endroit de la croix, que l'on suppose être toujours au milieu. Il doit y en avoir une, selon que le prescrit le Cérémonial des Evêques (lib. i, cap ix, n. 1) f ; mais s'il n'y en avait point,
(1) Pour que l'hostie soit sans parcelles, on conseille de passer doucement autour le pouce et l'index pour faire tomber celles qui voudraient se détacher. La Rubrique porte : Leviier extergit, si optis est, a fragmentis,
(2) En Italie, le calice couvert du voile présente un autre aspect qu'en France. Cela vient de ce que la pale et le voile sont faits d'une manière différente. La pale est une double toile empesée, coupée en carré, sans carton, ayant peu de consistance, et ne dépassant guère par ses côtés les bords de la patène. Le voile est lui-même très flexible, et ne porte pas généralement, comme le nôtre, de croix sur le devant. Le piètre qui prépare son calice, après avoir recouvert le pain sur la patène avec la pale, place le voile par-dessus, de telle sorte qu'il retombe également de toutes parts. La pale n'offrant aucune résistance à la pression du voile, la patène donne à l'ensemble sa forme ronde, bien différente de celle que présente le calice avec l'appareil des églises de France. Mais, le voile tombant même par le côté où il faut prendre le calice, il devient nécessaire, pour porter celui-ci, que le Prêtre relève le voile par la partie qui est de son côté, et le replie sur la bourse.-— L'Auteur n'a pas parlé du purificatoire que l'on met immédiatement sur le calice, et qui doit toujours être propre, super ejus (calicis) os ponit puriflcatorium mundum (Rub., p. II, tit. 1, n. 1 )
(3) Nous avons aussi sur ce sujet et dans le même sens une décision toute récente du 3 octobre 1851.
(4) Du Molin fait ici une recommandation que nous voulons reproduire dans son style naïf; Dès l'heure qu'il prendra ses orne-
ments, il se doit bien empêcher de parler à personne, et aura plutôt soin de considérer quel est le sens mystérieux de chacun
^' d'iceux." (De la messe basse, art, 1, n. 15.)
f L'Edition du Cérém. des Evêq. que l'on citera dans le cours de
cet ouvrage est celle faite à Rome en 1848.
DE LA MESSE BASSE
on ne la tracerait pas avec le pouce, comme quelques uns l'enseignent : car cela est contraire à la Ptubrique (part. II, tit. IV. n. 1). Il porte Pamiet sur sa tête en faisant tourner la main droite sur la gauche, l'y étend en disant : Impone, Domine etc. (1). Puis, en continuant la prière, il le fait descendre autour de son cou, en couvre le collet, le croise sur sa poitrine en mettant la partie droite sur la partie gauche, et, ayant fait passer les cordons par derrière, il les réunit et les lie sur la poitrine (^Rubr., ibid., n. 3).
9. Pour mettre l'aube, il fait d'abord passer la tête, puis le bras droit, et enfin le bras gauche : il la fait descendre jusqu'aux pieds, se l'ajuste convenablement, ayant soin qu'elle tombe également de tous côtés jusqu'à environ un doigt de terre, et disant en même temps: Dealba me. Domine, etc. (Rvbr., ibid.).
10. En se ceignant avec le cordon (lequel peut être de Mcouleur des ornements, comme l'a déclaré la S. Congrégation des Rites le 8 juin 1709), il dit: Prœcinge me, Domine, etc. Il est d'usage, pour mettre le cordon, de le prendre en double, les franges par la droite. On le ménage assez long pour que les bouts puissent servir à fixer l'étole (Rubr., ibid.). Le cordon doit être de lin (2) plutôt que de soie, ainsi que l'a déclaré la S. Congrégation des Rites le 22 janvier 1701 (3).
11. Après avoir baisé le manipule au milieu, à l'endroit de la croix, il le met sur son bras gauche, entre le pouce et le coude, en disant : Merear, Domine, etc. {Rubr., ibid.)
12. Il baise ensuite la croix du milieu de Pétole, qu'il met aussitôt, sans la jeter le long du dos, mais en la posant sur les épaules et en se l'adaptant avec les deux mains autour du cou, de telle sorte qu'elle ne glisse pas
(1) Les prières marquées dans le Missel pour être dites pendant que le Prêtre se revêt des ornenaents sacrés sont-elles d'obligation 1 On trouvera la réponse à cette question, Ire art., chap. 1, q. 2.
(2) Lorsque l'Eglise prescrit le lin, Unum, pour les vêtements sacrés, on peut employer également ou le fil de lin proprement dit, ou celui de chanvre ; mais le fil de coton est interdit par décret de Ja S. C. des R. du 15 mars 1664 et du 15 mai 1819.
(3) Les paroles de la S. Congrégation sont celles-ci : Congruentius uti cingulo lineo.
42 PART. II, TIT. I. CHAP. I, ART. II
an-dessus de la chasuble (1). Et il la croise sur la poitrine en faisant passer le côté di-oit sur le gauche, puis il l'assujettit sur Jes côtés avec les deux extrémités du cordou, en disant pendant ce temps : Redde mihi^ Do^ mine, etc. {Ruhr., ibid.).
13. Enfin, il se revêtira de la chasuble, en disant : Domim, qui diœisti^ etc 5 et il aura soin de l'assujettir non seulement sur le cou et les deux épaules, mais encore sur la poitrine en la liant par devant avec les cordons qui sont en dessous (2).
14. Tels sont les seuls vêtements que le Prêtre doit porter à l'autel. L'usage de quelques Prêtres qui n'y vont jamais sans mouchoir, et qui se font de cet objet ui^e espèce de vêtement désormais nécessaire, ne semble nullement à recommander. Cependant, au cas où l'on en aurait besoin,, on pourra l'attacher avec le cordon sous la chasuble, de manière à ce qu'il soit entièrement caché ; mais on prendra garde qu'il soit bien propre, et de couleur blanche estant que possible.
ARTICLE II
De la sortie de la sacristie,
15. Le Prêtre, revêtu de tous les ornements, se couvre de la barrette {Rubr. Miss,, part. 11, tit. 11, n. 1), niettant la pointe pliée du côté gauche (3).