CHAPITRE II
Hèsiimè succinct de quelques règ'les données dans les articles précédents^ avec quelques autres observa» tions sur la Messe.
1. Le Prêtre doit avoir les mains jointes à V Introït, à V Offertoire et à la Communion, comme aussi pendant tout le Kyrie, le Gloria in excelds, les deux Evangiles, le Credo, le Prœceptis salutaribus moniti. Vite, Missa est, ou Benedicamus Domino, ou Requiescant in pace,
2. Il demeure profondément incliné quatre fois seulement : 1^ au Conjiteor, 2^ au Munda cor meum^ 3^ au Te igitur, 4^ au Supplices te rogamus. Dans toutes les autres circonstances où il faut s'incliner, il doit le faire médiocrement.
3. Il fait trois inclinations profondes: 1^ en arrivant à Fautel ; 2^ au pied de l'autel, avant de commencer la Messe 3^ au même lieu en quittant l'autel, la Messe finie. On suppose que le saint Sacrement n'est pas dans le tabernacle.
4. Il dit quatre choses à voix médiocre, d'un ton moins élevé que le reste de ce qui se dit à haute voix, savoir: 1^ Orate^jratres ; 2^ le Sanctus ; 3^ Jfohis quoque peccotoribus ; 4^ Domine, non sum digmis.
5. Il s'incline trois fois au milieu de l'autel, les mains jointes, sans les appuyer sur l'autel: 1^ sni Munda cor meum ; 2^ au Sanctits; 3^ à VAgnus Dei. Dans toutes les autres circonstances, lorsque le Prêtre est incliné il appuie les mains sur le bord de l'autel.
6. Il élève les yeux à la croix [1) neuf fois seulement, savoir : 1*^ en commençant Munda cor meum 5 2^ en disant les premiers mots de l'oraison Suscipe, sancte Pater ; 3^ pendant toute la prière Offerimus tihi. Domine ; 4^ à Veni, Sanctijicator -, 5^ à Suscipe, sancta Trinitas ; 6^ à Deo nostro après Gratias agamus ; 7^ à Te igitur ^ 8^ aux mots Et, elevatis oculis ; 9^ à Benedicat vos,
(1) On avait posé cette question à la S. Congrégation : " Denegatur ab aliquibus obligatio crucem aspiciendi, dum a Rubrica Sacerdoti celebranti injungiturin Missa oculorum elevatio : quid dicendum de hujusmodi opinione ? " La réponse fut celle-ci : Juxta Rubricas, in elevatione oculorum crucem esse aspiciendam." (22 julii 1848).
DE LA MESSE BASSE
7. Il ne sera pas inutile d'ajouter ici, en faveur de ceux qui commencent l'étude de ces matières, quelques autres observations au sujet de la Messe. D'abord on dit le Gloria in excelsis toutes les fois que le Te Deum a été dit aux Matines. Le Jeudi saint et le samedi saint, on dit également le Gloria, quoique les Matines n'aient pas le Te Deum ; c'est la seule exception à la règle générale.
8. On ne dit pas le Gloria aux Messes votives, même dans le temps pascal et pendant les octaves. On excepte les Messes votives de la sainte Vierge, lorsqu'elles sont dites un jour de samedi ; celles des Anges, et celles qui se célèbrent solennellement /?ro re gravi ou. pro publica Ecclesiœ causa, pourvu qu'elles ne soient pas célébrées en violet.
9. Aux fêtes doubles, on ne dit qu'une oraison, à moins qu'il y ait quelque mémoire à faire. Aux sémidoubles on dit communément (1) une seconde et une troisième oraison ; pour l'ordinaire c'est celle cundis avec une autre Ad libitum (2). S'il y a une com mémoraison, on la fait en second lieu, et l'oraison A cundis devient la troisième. S'il se trouve plusieurs commémoraisons, on omet Jl cundis, et on les fait toutes, quand même il y aurait plus de trois oraisons. Quand on doit dire l'oraison Fidelium, elle se place toujours l'avant-dernière. Pendant l'A vent, pendant le Carême, dans le temps pascal et dans les octaves, il y a des oraisons particulières au lieu de celles A cunctis et ad libitum. Aux fêtes simples, aux fériés et aux Messes votives, les oraisons doivent toujours être en nombre impair, trois, cinq, sept (3) ;
(1) Communément: car il se trouve quelques exceptions; ainsi les dimanches semi-doubles intra octavam n'ont qne deux oraisons.
(2) Quand une oraison est marquée ad libitum, ce n'est pas qu'on puisse l'omettre à volonté. La Rubrique entend seulement que le Prêtre la prendra à son choix, soit parmi celles qui sont à la fin du Missel sous ce titre : Oraiiones diversœ dicendœ in Mibsa ad libitum Sacerdotis, cum iis quœ in propriis Missis assignantur, quando no a est fistum duplex, soit même à d'autres Messes ; car la S. Congrégation des Rites a décidé, le 2 septembre 1741, que cette oraison pouvait être d'un saint, ou du très saint Sacrement, ou d'un Patron, ou de la Passion, ou de la Croix, etc.
(3) Cependant, à cette question, An in Missa semiduplici, simplici, vel votiva, necessario dicendae sint collectae impares, puta très,
PART. II, TIT. I, CHAP. II
et celles qui ne sont pas assignées se prennent au choix du Prêtre, parmi les oraisons diverses à la fin du Missel.
Quant aux oraisons prescrites par l'Ordinaire pour des calamités ou des besoins publics, il faut remarquer premièrement, qu'elles doivent toujours se dire en dernier lieu, et sans égard au nombre impair , secondement, que si l'oiaison est prescrite " pro re gravi " on ne doit pas la dirt aux doubles de première classe, non plus qu'eaux doubles de seconde classe dans les Messes solennelles. Quant aux Messes p^'ivé es dans les fêtes doubles de seconde classe^ elle est laissée à la volonté du Prêtre (1).
10 On dit le Credo à toutes les fêtes du Seigneur, de la très-sainte Vierge, des Apôtres, auxquels on joint les Docteurs de l'Eglise, et à la fête de sainte Madeleine. Pendant les octaves qui ont le Credo, on le dit même lorsqu'on fait l'Office d'un autre Saint. Mais on ne le dit jamais aux Messes votives privées, pas même le dimanche, ainsi que l'a décrété la S. Congrégation des Rites le 12 novembre 1816. On ne le dit pas non plus à la Messe des Litanies de la fête de saint Marc, lors même que cette fête tomberait le jour du dimanche in albis, parce que c'est une Messe fériale ; ainsi l'a déclaré la S. Congrégation des Kites le 25 septembre 1706 (2). On le dit tous les dimanches, lors même qu'on n'en fait pas l'Office et qu'on n'en dit pas la Messe. On
quinque aut septem, an vero, complète ternario numéro commemorationum, omitti possit quinla vel septima/' la S. Congrégation des Rites a répondu, le 2 décembre 1684 : Négative ; sed post tertiam orationem et imperatas posse, non tamen teneri, superaddere plures." L'auteur a dû connaître ce décret : nous ignorons pourquoi il établit ici une régie, qui, à notre avis, lui est opposée.
(1) C'est ainsi que l'a décidé la S. Congrégation, le 15 mai 1819. Notre Auteur avait donné des règles opposées à ce décret. Nous avons cru devoir changer son texte, et nous lui avons substitué ce qui se trouve ici en caractères italiques.
(2) La S. Congrégation des Rites a été interrogée sur la Messe qu'il fallait dire le jour de saint Marc et les jours des Rogations, dans les églises où il ne s'en célèbre qu'une seule ; la question a été posée ainsi qu'il suit :
^' An in festo S. Marci, ac in feriis Rogationum, si in iis fiât de festo novem lectionum, in iis locis ubi una tantum Missa cantatur pro populi majori commoditate, ut possit post Processionem vacare laboribus, an oporteat potius cantare Missam de festo quam de Rogationibus ? " La S. Congrégation a répondu, le 5 mai 1736 : " Con-
DE LA MESJSE BASSE
l'omet à toutes les fêtes des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges et des saintes Veuves, à l'exception de celles des patrons et des titulaires des églises où l'on célèbre. On dit aussi le Credo aux Messes votives solennelles joro re grarz, conformément au décret de la S. Congrégation des Rites du 13 janvier 1674 ; et encore dans les églises ubi Qsservatur insignis reliquia alicujm Sancti : ainsi l'a décidé la S. Congrégation des Rites le 12 décembre 1684 et le 10 janvier 1693. Insignis reliquia est corpus, caputj brachium, crus, d'après la S. Congrégation des Rites, 8 avril 1628 (1).
11 JJItCy Mwaes^, est corrélatif au Gloria in excelsis : on le dit donc toutes les fois qu'on a dit le Gloria. On pourrait faire beaucoup d'autres observations sur la Messe ; nous les omettons pour ne pas sortir de la brièveté que nous nous sommes prescrite, et aussi parce qu'elles ne rentrent pas dans notre plan.