‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 2)Chapitre 24 sur 214 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la manière de donner la sainte communion* ARTICLE 1.

Règles pour donner la Ste. communion pendant la Messe(T).

1. L'administration de la très sainte Eucharistie étant à proprement parler une partie de la Messe, il est

venienlius est Processionem facere post Nonam, inde cantare Missam Rogationum." Alors on a demandé pro gratia de pouvoir chanter la Messe des Rogations avant l'office du jour, ut populus qui fre^ gitentiasimus adesse solet tempore 'matutino in EcclesiiSj possit vacare labonbus, La S. Congrégation a répondu, le 23 juillet 1736: ^' Pro gratia, et poterit cantari Missa Rogationum ante Processionem pro populi commoditate." On voit donc qu'en général, s'il n'y a qu'une Messe ce jour-là, c'est celle des Litanies qu'il faut dire. Mais si la fête de saint Marc tombait le dimanche in albisj nous croyons qu'il faudrait dire la Messe du dimanche ; si elle tombait un dimanche non privilégié, nous pensons qu'il faudrait dire la Messe de la fête. La S. Congrégation n'a rien positivement commandé : le convenientius semble nous laisser la latitude de notre interprétation.

(1) On dit aussi le Credo aux fêtes de Dédicace des églises (^Ruhr., gen, part, i, tit. xi).

(2) On pourra consulter utilement ce que dit l'Auteur sur ce point, part. I, chap. ix, quest. 14 et suiv.

PART. II. TIT. Ij CHAP. II.

juste de traiter ici delà manière dont le Prêtre doit donner la sainte communion, conformément à ce que prescrivent la Rubrique, le Rituel romain et les Auteurs.

2. Lors donc que quelques personnes désirent communier à la Messe (ce qui est toujours mieux et plus conforme à l'antiquité que de le faire avant ou après la Messe), il faut préparer autant de petits pains qu'il y a de personnes (1). Si les communiants étaient nombreux, on ferait bien de se servir toujours du ciboire j s'ils sont en petit nombre, on pourra mettre les petits pains avec l'hostie du Sacrifice sur la patène. De quelque manière que l'on fasse, les pains devront toujours se trouver sur l'autel au moment de l'Offertoire (2).

3. En faisant l'offrande, le Prêtre comprend dans son intention les petites hosties à consacrer (Rvbr., part. II., tit. vu, n. 3) : pour cela, on les met ordinairement sur la patène, surtout si elles sont en petit nombre^ quoiqu'on ne puisse pas condamner ceux qui les lais^ sent sur le corporal {Merati, t. i, p. 484, et autres). L'offrande faite, il les dépose sur le corporal vers sa main gauche, à peu de distance de la grande hostie, et il prend bien, garde de les toucher jamais avec la manche de l'aube ou le manipule.

4. Si elles sont dans un ciboire, il l'approche de soi sur le devant du corporal, un peu vers sa main droite, et le découvre {Rubr., ih\\,). Après l'offrande, il le re-

(1) Le très saint Sacrement ne devrait être conservé dans une église qu'à un seul autel, conformément au décret du 21 juin 1696. En Italie, dans beaucoup d'églises, ce n'est pas au grand autel qu'est la sainte réserve : on est donc souvent obligé de prendre les précautions que l'Auteur conseille ici, ou de donner la sainte communion en dehors de la Messe.

(2) Le Prêtre peut-il quelquefois offrir après coup et consacrer de petits pains qu'on ne \ m présente qu'après Poblation de celui qui doit servir au sacrifice ? Passerini, célèbre dominicain et docteur de la Sapience, enseigne qu'on ne peut en sûreté de coiîiscience consacrer aucune hostie qui n'ait été offerte en son temps avec la grande. Ce sentiment est rigoiareux. La plupart des Auteurs pensent que pour de vraies et solides raisons, on peut offrir mentalement jusqw' à la Préface inclusivement, et consacrer les petites formules qui n'auraient pas été présentes au moment de l'Offertoire. Mais Collet {Traité des saints Mystères, ehap. xiv, n. 2), regarde comme certain qu'il n'y a plus rien à faire quand le Canon est commencé. On peut se reporter à ce que dit l'Auteur, part, i, ch. ix. quest, 9 et 10.

DE LA MESSE BASSE

couvre et le remet à sa place, c'est-à-dire derrière le calice (1), mais toujours sur le corporal.

5. A la consécration, il prend entre ses doigts la grande hostie seule, laissant les petites sur le corporal, et il fera de même toutes les fois qu'il doit prendre l'hostie. S'il y a un cilDoire, il l'approche de soi comme à l'Offertoire (2), et le remet à sa place après l'élévation de l'hostie, lorsqu'il a fait la génuflexion.

6. Après avoir communié sous les deux espèces, le Prêtre repose le' calice sur l'autel, et le couvre de la pale. Puis, si les saintes hosties sont sur le corporal, avant de les toucher, il fait la génuflexion, les met ensuite révérencieusement sur la patène, et fait ime seconde génuflexion, que beaucoup de Prêtres omettent, quoiqu'elle soit clairement prescrite par la Rubrique (tit. x, n. 6): il se tourne alors par le côté de l'épître et dit (supposé que le Servant ait terminé le Confiteory: Misereatur vestri, et non pas tni^ lors même qu'il n'y aurait qu'une seule personne à communier. Après Misereatur, il dit : Indulgentiam, en faisant un signe de croix sur les communiants, sans séparer le pouce de l'index» Si les saintes hosties sont dans un ciboire, après qu'il a pris le précieux Sang et couvert le calice, il approche ce ciboire entre le calice et sa poitrine, le découvre (3), fait la génuflexion, et se tourne vers le peuple pour le Misereatur.

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