DES MESSES CHANT. DEV. LE S. SACREMENT
13. Après que le Célébrant a fait Poblation du calice, le Diacre présente l'encens comme nous Pavons dit au n. 4. Le Célébrant, sans faire aucune génuflexion, encense les oblats, et le Diacre ne recule pas le calice. Après l'encensement des oblats, le Célébrant et le Diacre descendent sur le degré ; et, s'étant mis à genoux sur le bord du marchepied, le Célébrant encense le saint Sacrement (^^wW., ibid., n. 11; Merati, ibid., n. 15) et l'autel à l'ordinaire. Il est ensuite encensé de la manière que nous avons dit au n. 6 ; puis il se lave les mains au même lieu, selon que le prescrit la Rubrique du Missel pour le Vendredi saint, et la S. Congrégation des Rites, dans son décret du 22 août 1682. Il retourne ensuite au milieu, fait la génuflexion, et dit Suscipe^ sanda Trinitas, etc.
14. Le Diacre, après avoir encensé le Célébrant, va encenser le Chœur à l'ordinaire (1) : à son retour, il encense le Sous-Diacre, qui alors se retire un peu vers le côté de l'évangile, en faisant la génuflexion avant et après (Merati, ibid.). Le Diacre, ayant rendu l'encensoir au Thuriféraire, monte sur son degré, fait la génuflexion, se tourne, en se plaçant pour être encensé, de la même manière que nous venons de dire pour le Sous- Diacre, et fait ensuite une seconde génuflexion.
15. Le Célébrant, ayant fini le Siiscipe sanda Trinitas, etc., baise l'autel, fait la génuflexion, et se tourne pour l' Or aie fratres de la même manière que pour le Dominus vobiscum, puis, sans achever le cercle (Rubr, Miss, ut in Fer. 6 maj, Hebdomad. ; Gav,, part, iv, tit. xiv, n. 13; Merati, ibid., n. 13), il revient au milieu, fait de nouveau la génuflexion, et poursuit la Messe more solito.
16. Au Sandus les Acolytes viennent avec des flambeaux, et, sans saluer le Chœur, ils se mettent à genoux, et y restent jusqu'après la communion du Prêtre. C'est, dit Baldeschi (append. I, n. 51), la pratique des églises de Rome.
fl) Quand le saint Sacrement est exposé, le Diacre ne salue pas Chœur en y entrant, nnais il salue seulement ceux qu'il encense vaut et après l'encensement (Rép. du Préfet de la S. C, du 3 octob. 1851).
PART. II, TIT. II, CHAP. X
17. Après que le Célébrant a pris la dernière ablution, le Diacre et le Sous-Diacre font à ses côtés la génuflexion, et changent de place. Le Sous-Diacre essuie le calice et le couvre à l'ordinaire, laissant le corporal sur l'autel, si immédiatement après on doit donner la bénédiction. Il a soin de se retirer un peu lorsque le Prêtre dit Domimts vobiscum. Lorsqu'il a disposé le calice, il fait une première génuflexion sur le marchepied, puis, en le portant à la crédence, il en fait une seconde sur le dernier degré, lorsqu'il passe devant le milieu de l'autel, et revient se mettre derrière le Diacre, où il fait encore une génuflexion en arrivant.
18. Le Célébrant, après avoir laissé le calice entre les mains du Sous-Diacre, fait la génuflexion, et va lire la communion. Il retourne ensuite au milieu, fait la génuflexion, baise l'autel, et dit Dominus vobiscum en se tournant comme il a été dit plus haut. Il fait de nouveau la génuflexion, et va chanter les oraisons. Lorsqu'elles sont finies, il revient au milieu, fait la génuflexion, et baise l'autel (1). Pendant tout ce temps, le Diacre et le Sous-Diacre, lorsque celui-ci est revenu de porter le calice, se tiennent derrière le Célébrant, allant comme lui du milieu au côté, et revenant du côté au milieu, et faisant la génuflexion en même temps que lui. Après avoir baisé l'autel, le Prêtre se tourne pour dire Dominus vobiscum : en même temps le Diacre fait une nouvelle génuflexion, se tourne par côté, de la même manière que le Célébrant, et chante lté Missa est. Après quoi les trois Officiers sacrés font la génuflexion, le Célébrant dit Placent , tandis que le Diacre et le Sous-Diacre vont à l'ordinaire se mettre à genoux sur le bord du marchepied pour la bénédiction.
19. Le Célébrant, ayant terminé la prière Placent^ baise l'autel, et dit Benedicat vos omnipotens Beus ^ ensuite, au lieu d'une inclination de tête, il fait la génuflexion, et se tourne pour la bénédiction de la même manière que pour le Dominus vobiscum^ puis, sans
(1) On peut consulter, p. 90, la règle générale concernant les génuflexions que le Célébrant doit faire à l'autel, le saint Sacrement étant exposé.
DE LA MESSE SOLENN. EN PRES. DE l'ÉVÊQUE. 199
achever le cercle et sans faire une nouvelle génuflexion, il se tourne sur la gauche de manière à se trouver près ^ de l'évangile {Bauld,, ib., n. 13), Il signe le missel ^1 ou le carton s'ils sont à portée, et il se signe lui-même : a mais il ne fait jamais de signe de croix sur l'autel {Rub, e Miss., ut in Fer, 5, moj, Hebdomad,; Cœr, Ep., n. 9). s Lorsqu'il dit Verbum caro factum est^ il fait la génu-
• flexion vers le saint Sacrement (Bauld,^ ib.).
e 20. La Messe terminée, si l'on doit retourner à la e sacristie, on le fait more solito, après une génuflexion !) utrogue genu in piano, et sans saluer le Chœur. Mais si Ton doit immédiatement faire la procession ou donner 3 la bénédiction, le Diacre et le Sous-Diacre montent aux 3 côtés du Célébrant, et, après avoir fait la génuflexion i unico genu, ils vont tous trois à la banquetteper breviorem. 3 Ils quittent tous leurs manipules, et le Célébrant, ayant
• ôté la chasuble, prend une chape. Puis, ayant mis de
• l'encens dans l'encensoir, sans le bénir, les Officiers sa-
• crés reviennent au pied de l'autel, où le Célébrant encense le très-saint Sacrement à genoux sur le dernier degré. On se conforme ensuite à ce qui est prescrit pour les processions ou pour la bénédiction.
CHAPITPvE XL
De la Messe solennelle en présence de FEveqtue(l).
1. L'Evêque, dans son diocèse, peut assister à la . Messe solennelle en chape et en mitre ; alors il se revêt, pardessus le rochet de l'amict, de l'aube avec la ceinture, la croix pectorale, et l'étole sous la chape (2). En
(1) Cum Episcopus, rei divinae peragendae causa? ad Ecclesiam venturus erit, sive ipsemet celebraturus sit, sive alter, debent Canonici omnes in eorum ecclesiastico et canonicali habitu, appropin-
r I quante hora, ad illum accedere, eumque cappa indutum comitari et ' deducere." (Caerem. lib. r, cap. xv, n. 1.) Les Chanoines sont-ils donc tenus d'aller chercher PEvêque lorsqu'il veut se rendre à la Cathédrale 1 S'il est revêtu de la cappa magna, oui ; ils doivent et l'aller chercher avant l'Office et le reconduire après (S. C, 10 décemb. 1740). Mais si l'Evêque vient sine cappa, cum mozzetta tantum, ils li'y sont pas tenus (10 maii 1642).
(2) Voici le texte du Cérémonial des Évêques Valde... probandum essetsi in solemnioribas festivitatibus Episcopus, etiam non celebratunis, procederet ad Ecclesiam ; et tam Vesperis, quam Miss^e
PART. II, TIT. II, CHAP. XI
ce cas, il se place toujours à son trône, où il est accompagné dn Prêtre assistant et des deux Diacres d'honneur (1), tous trois en habit ordinaire de Chœur {Cœrem», lib. II, cap. IX, n. 2 et 4). L'Evêque peut aussi assister à la Messe solennelle étant lui-même en habit ordinaire de Chœur, simplement avec la barrette, et alors il se place le plus ordinairement à sa stalle. Dans l'un et l'autre cas, un Clerc en surplis doit tenir un missel prêt pour le présenter ouvert en temps convenable au Prélat. Régulièrement, il y a en outre un autre Clerc pour porter le bougeoir (Cœr., Ep,, lib. i, cap. xx, n. 1). line fait guère porter la crosse que quand il assiste à son trône vestitus sacris indumentis,
2. Lorsque PEvêque assiste à la Messe solennelle sur son trône, on doit lui préparer dans le sanctuaire, devant le milieu de Pautel, un prie-Dien couvert d'uB tapis vert ou violet, selon le temps (/ô., cap. xii, n. 8)> sur lequel il ira se mettre à genoux dans les temps de \m Messe où l'on doit s'agenouiller. Lorsqu'il est à sa stalle^ il s'y met à genoux sans se déplacer.
3. Toutes les fois que FEvêque est présent de l'une de ces deux manières, il doit être salué en particulier^, et non par un salut commun à tout le Chœur. Le Cérémonial assimile partout le salut à l'Evêque à celui qui est dû à la croix de l'autel ; c'est-à-dire qu'à l'exception des Chanoines et du Célébrant, qui lui font une inclination profonde, tous les autres devraient faire une génuflexion (2).
4. L'Evêque, en entrant dans Téglise, reçoit l'aspersoir du plus digne de ceux qui l'ont accompagné ou qui sont venus pour le recevoir à l'entrée, lequel le lui présente avec les baisers ordinaires. Use donne d'abord de l'eau bénite à lui-même,, puis il asperge, tous ceux qui sont
interessety amictii, alba, cingulo, cruce pectorali, stola, pîuviali, et mitra paratus " (lib. cap. xv, n. 10). In solemnioribus festivita* tibus Episcopus erit semper cum pluviali.... Poterit tamen, si magis placuerit, hujusmodi Missœ in festis niinits solemnibus cum sua cappa pontifical! interesse" (lib. ii, cap. ix,n. 4).
(1) A l'article rfes Oj^ces Pon^i^cawar, nous expliquons les offices de ces assistants de l'Évêque.
(2) On peut voir, page 112, ce que nous avons dit touchant cette règle.
DE LA MESSE SOLENN. EN PRÉS. DE l'ÉVÊQUE. 201
présents ; ensuite il se rend à l'autel du saint Sacrement pour y faire sa prière avant de se rendre au trône ou à sa stalle. Il est très-convenable, au moins les jours de fêtes, que l'on touche de l'orgue aussitôt qu'il entre à l'église (Cœr,, Ep., lib. i, cap. xv. n. 3. et 4.)
5. Si l'on doit faire l'aspersion de l'eau bénite, le Célébrant, après avoir aspergé l'autel, va présenter l'aspersoir à l'Evêque, qui, après s'être donné de l'eau bénite à lui-même, asperge le Célébrant, comme il a été dit page 129.
6. C'est l'Evêque qui commence la Messe. Pour cela, il vient devant le milieu de l'autel, où ses assistants se mettent à sa droite, tandis que le Célébrant est à sa gauche ; le Diacre est à la gauche du Célébrant, et le Sous-Diacre à la gauche du Diacre : de telle sorte que l'Evêque et le Célébrant occupent le milieu, ayant tout leur cortège, le premier à sa droite, et le second à sa gauche ; mais tous les Ministres doivent être un peu en arrière. Ainsi placé, l'Evêque commence ; le Célébrant, avec ses Ministres, lui répondent, se tournant vers l'évêque quand ils disent : Et tibi, Pater, . . et te, Pater (1). Après que l'Evêque a dit Indulgentiam, etc., il se retire et retourne à son siège, où il dit, conjointement avec le Célébrant, Deus, tu conversus^ etc., jusqu'à Aufer ànobis exclusivement.
7. C'est toujours l'Evêque qui met et bénit l'encens, aidé en cela par le Prêtre assistant, qui présente la navette. Le Thuriféraire présente à genoux l'encensoir ouvert.
8. Le Célébrant, même lorsque l'Evêque est présent, est encensé autant de fois qu'à l'ordinaire (^S, Congr. R.y 4 Aug. 1663) ; mais de deux coups seulement ( Cœr. Ep., lib. I, cap. xxni, n. 32). Quant au Prélat, s'il est à son trône, on l'encense trois fois, c'est-à-dire avant l'introït, après l'évangile et à l'offertoire. Mais si l'Evêque assiste simplement en sa stalle, avec son habit
(l)Le Cérémonial desEvêques ne parle de cette manière de commencer qu'à l'occasion de la Messe des morts ; mais les autres Cérérnoniaux qui expliquent le rit romain donnent les détails que nous exposons ici pour toute Messe solennelle célébrée devant PÉvêque dans son diocèse.
PART. Il, TIT. II, CHAP. XI.
ordinaire de Chœur, il est encensé seulement à PofFertoire. Lorsque le Célébrant et l'Evêque sont encensés, l'Evêque l'est toujours immédiatement après le Célébrant : celui-ci de deux coups par le Diacre, et VEvèque de trois coups par le Prêtre assistant (Cœr, Ep., lib. I, cap. XXIII, n. 26, 27 et 32).
9. L'Evêque lit sur le missel, qu'un Clerc en surplis tient appuyé sur . sa tête et ouvert devant lui, quatre fois pendant la Messe, savoir : 1^ l'introït ; 2^ l'épître, le graduel, V Alléluia^ le trait, en un mot, ce qu'il y a pour la Messe du jour jusqu'à l'évangile , 3^ l'offertoire ; 4^ la postcommunion {Cœr, Ep», lib. i, cap. xx, n. 2).
10. Quatre fois pendant la Messe, les chanoines viennent se mettre en cercle devant l'Evêque, et récitent avec lui les prières qui suivent, savoir : l'introït, les Kyrie et le Gloria in excelsis ; 2^ le Credo, pendant lequel ils fléchissent comme lui le genou au verset Et incarnatus est] 3^ le Sandus après la préface; 4^ VJignus Dei, Les plus jeunes arrivent les premiers, et les plus dignes, qui viennent après eux, se placent le plus près de l'Evêque. Les plus dignes s'en retournent les premiers. Tant en arrivant qu'en se retirant, ils ont soin de faire les révérences convenables tant à l'autel qu'à l'Evêque. Lorsqu'ils se retirent, l'Evêque répond à leur salut en les bénissant. (^Cœr. Ep,y ii, cap. xxi, n. 3 et 4 ; et lib. ii, cap. ix, n. 6) (1).
11. Après l'épître, le Sous-Diacre va baiser la main de l'Evêque et recevoir sa bénédiction. S'il est Chanoine, il s'incline profondément; s'il ne l'est pas, il se met à genoux. Dans l'un et l'autre cas, il a soin de faire les saints convenables en arrivant et en se retirant.