CHAPITRE V
He ce qjJLÏ est en outre requis pour célehxer»
Question 1. Qu'est-ce qui est nécessaire pour célébrer validement?
Réponse. 1^ Un Prêtre 5 2^1amatière; S^laforme; 40 l'intention.
Q. 2. Et pour célébrer licitement, que requiert-on î
R/. Pour qu'un Prêtre célèbre la sainte Messe licitement, il est nécessaire, 1^ qu'il soit exempt de péché mortel; 2^ ji^u'il soit à jeun, ayant gardé le jeûne naturel ; 3^ qu'il soit exempt de toute censure et d'irrégularité 5 4^ qu'il consacre avec des azymes, s'il est du rit latin ; 5^ qu'il célèbre avec les ornemens sacrés, qui sont l'amict, l'aube, la ceinture, le manipule, l'étole, la chasuble, le calice et sa patène, enfin le missel ; 6^ qu'il célèbre dans les lieux et les temps prescrits ; 7^ qu'il le fasse sur un autel consacré, ou au moins sur une pierre sacrée ; 8^ que sur cet autel se trouvent les ornements nécessaires, c'est-à-dire les nappes, la croix,
lettre du Card. Fransoni, Préfet de la Propagande, en date du 8 Juillet 1852, règle la Discipline de la Prov, Eecl. de Québec, concernant la communion des fidèles, à la messe de minuit. R. P. B. Joannes Carolus Prince, (Epus. Martyropolitanus, Coad. Marianop. Deputatus Provinci^ Quebecensis) supplicavit ut permitteretur fidelibus Eucharistiam recipere in missa quae nocte Dominicac Nativitatis celebratur, attento fidelium studio circa hujusmodi praxim, quœ à fundatione istius Ecclesiae vigere asseritur : ad hœc vero Emi. P. P. responderunt permitti posse ubi vera consuetudo inolevit.
QUESTIONS SUR LA MESSE
les cierges ; 9^ qu'il ait un Servant; 10^ qu'il ait la permission de l'Evêque du diocèse dans lequel il célèbre ; 11^ qu'il observe les Rubriques du Missel.
Q. 3. Un Prêtre qui ne serait pas à jeun pourrait-il célébrer pour administrer le saint Viatique à un mourant ]
R. Non, il ne pourrait le faire ; parce que le précepte divin de la communion à l'article de la mort cesse d'être obligatoire toutes les fois qu'on ne peut pas le remplir de la manière que l'Eglise le commande.
Q. 4 Pourrait-on célébrer si l'on doutait être à jeun?
R. On ne le pourrait pas, de quelque nature que soit ce doute, pourvu qu'il soit fondé 5 car il y a ici précepte de s'abstenir, pour le plus sûr, dans les cas douteux.
Q. 5. Que devrait faire un Prêtre qui aurait pris les ablutions à la première Messe du jour de Noël, et qui par conséquent ne serait plus à jeun 1
R. Après avoir fini la première Messe, il devrait se retirer et omettre les deux autres ; et cela ne peut donner lieu à aucun scandale ; car chacun sera tranquille quand il en saura la raison.
Q. 6. Peut-on quelquefois célébrer la Messe ou administrer la sainte Eucharistie sans les vêtements sacrés 1
R, Il n'y a pas de cas où il soit permis de célébrer sans les vêtements sacrés, et celui qui oserait se le permettre pécherait mortellement. Cela n'est pas même permis pour donner la sainte communion à un mourant. Egalement, lors même que les vêtemens sacrés avec lesquels on doit porter le saint Viatique à un malade manqueraient, un Curé ne pourrait pas dans cette circonstance, sans péché mortel, porter le Sacrement en habit ordinaire. Il y a pourtant des théologiens qui disent que dans les cas urgents, pour ne pas laisser mourir quelqu'un sans Viatique, on peut le lui porter sans lumière, sans surplis, sans vêtements sacrés. (Elbel, tom. 11, 55, 17; Gobât, ix. 4. n. 417; La Croix, lib. VI,* n. 14.)
Q. 7. Pourrait-on au moins dire la Messe sans lumières?
PART. I, CHAP. V
R. On ne le peut pas absolument, quelque nécessité de célébrer que l'on puisse imaginer. En cas de grande nécessité, une seule lumière suffirait, comme l'observe Gavantus. Les lumières doivent être de cire, selon la Rubrique ; cependant Sylvius ne fait pas difficulté de permettre de l'huile ou de la graisse en cas de pressante nécessité.
Q. 8. Peut-on la dire sans Servant î
R. Cela est absolument défendu par le Canon Proposuisti, et aussi par le Concile de Baie (sess. xxi), alors que le Concile était légitime.
Q. 9. Cela se pourrait-il s'il y avait nécessité pressante de célébrer ?
R. Saint Antonin émet l'opinion qu'on ne peut jamais célébrer sans Servant, quelle que soit la nécessité que l'on puisse supposer. Cependant d'autres Docteurs graves ne font pas difficulté de le permettre quand il s'agit d'administrer le saint Viatique à un malade en danger de mort, et dans quelque autre cas semblable.
Q. 10. Si l'on ne pouvait avoir qu'une personne de sexe différent, pourrait-on l'admettre à servir la Messe 1
R. Cela n'est jamais permis : Jfulla ftmina prœsumat ad ait are accedere vel Presbytero minislrare : voilà ce qui est écrit dans le chap. 1 de Cohabit. Cleric. D'où beaucoup de Docteurs concluent qu'il y aurait moins de mal à célébrer sans Servant que d'admettre une femme à servir.
Q. 11. Si un Prêtre célébrait sans croix sur l'autel, quelle faute commettrait-il ?
R. Le P. Merati, qui a peut-être pour lui le commun des Théologiens, veut que ce ne soit qu'une faute vénielle (tom. I. p. 297). D'autres au contraire, soutiennent que le péché serait mortel, à raison de l'ancienneté de cette Rubrique, et aussi des décrets de la sainte Congrégation des Rites qui l'ont tant de fois sanctionnée. Est-il besoin de dire que, pour plus de sûreté, dans le cas en question et dans tous les autres du même genre, lorsqu'on ne peut célébrer avec la décence que prescrivent les Rubriques, il vaudrait mieux, ordinairement parlant, s'en abstenir î
QUESTIONS SUR LA MESSE