‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 3)Chapitre 133 sur 196 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

9a leadl Mlnt.

ARTICLE I

De ce qu'il faut préparer en ce jour.

1 . A la sacristie, on préparera les ornements blancs nécessaires pour Id Messe solennelle : deux étoles vio** lettes pour le dépouillement des autels ; une tunique blanche avec aube, cordon et amict pour celui qui doit porter la croix (Rub. Miss.^ ut in die)^ les chandeliers des Acolytes; deux encensoirs avec leurs navettes; un nombre suffisant de cierges pour la Procession , et des flambeaux pour l'élévation .

% Le grand autel sera orné des parements les plus précieux, avec devant d'autel blanc et pavillon de même couleur, si le saint Sacrement est dans le tabernacle. La croix de l'autel sera couverte d'un voile blanc (BauU dry, part, iv, c. ix, art. i, n. 1 ; Bisso^ litt, N, n. 274; Gav., part, iv, tit. viii, n. 4, et 5. Cangrégat. des R., 20 déc. 4785).

3. On préparera sur la çrédence, outre les choses ordinaires, un calice pour mettre la sainte réserve ; on y joindra sa pale, sa pal^ne, un Yoile blanc et un ruban

364 PART. lY, GHÀP. YI, ART. I.

de Sine blanche ^ . On mettra sur la patène du calice de la Messe deux hosties, dont l'une sera préparée de manière & entrer commodément dans le calice qui doit servir à la sainte réserve. On déposera aussi sur la crédence des étoles blanches pour les Prêtres qui doivent communier, le ciboire av^c des hosties en suffisance, un voile blanc pour la communion, et la chape du Célébrant. Près de la crédence^ on tiendra prêt l'instrument de bois qui devra remplacer la clochette (Merati^ ibid., n. 5).

4. On préparera en lieu convenable le dais (C(ier. Ep,, lib. II, cap. xiii, n. 3), Vombrellino •, et la croix de Procession couverte d'un voile violet {Caer. Ep.^ ibid., n. 10; Bauld,, ibid., cap. x, art. i, n. 1 ; Merati, ibid.; 5. Congrégat.R.,^Odéc, 1785).

5. On préparera une chapelle pour le reposoir (Rubr.y ibid.; Gav., ibid., in Rubr. 9, lilt. F). Elle sera bien ornée, avec un nombre suffisant de cierges et de fleurs. On y déposera une espèce de petit tabernacle (capsula) en lieu élevé ; on mettra dedans une pale ' pour dépo-

' Ce ruban est destiné à lier le yoile en le serrant aatour du pied du calice, lorsque la sainte réserve y sera déposée. Mais tel n'est point l'usage des églises de France : il serait même impraticable avec la forme de nos voiles et notre manière de les disposer. Au reste, on comprend, dans cette circonstance, combien cette manière est défectueuse : et le Jeudi saint, la sainte réserve ne nous paraît pas convenablement voilée, en se conformant à nos usages de mettre le voile sur le calice. Il est vrai que les dispositions qu'indique notre Auteur relativement au ruban et à son usage ne sont pas prescrites par la Rubrique, mais elles sont réglées par le Memoriale Rituum de Benoît XIII. Seulement la S. Congrégation des Rites défend expressément d'exposer la sainte réserve patenmient, comme se fait l'exposition ordinaire du saint Sacrement ( Décret du li février 1 705).

* Nou!> avons déjà eu occasion de dire que Vombrellino est un petit dais qu'une personne tient au«dessu8 dQ saint Sacrement pour aller de Taotel jusque sous le grand dais.

* La pale est mise indistloetement povr le oorponl*

DE l'WFIGE du jeudi SAINT. 8%

fier dessus le très saint Sacrement {Meratij ibkl., n. 9). On mettra sur l'autel un carporal avec sa bourse et la clef du petit tabernacle. On tiendra prêt k côté l'escabeau pour monter * .

ARTICLE II

De la Messe.

6. La Messe du Jeudi saint, depuis le commencement josqu'a la communion du Prêtre, a ceci de particulier : on n'y dit pas le psaume Judica me^ Deus, et on omet le Gloria Patri à l'introït et au Lavabo {Rubr. Miss. , ut in Dom. de Pass.).

7. Après que le Célébrant a fini l'intonation du Glo^ ria, un Acolyte sonne la clochette, et ne finit de sonner que quand le Célébrant a lui-même fini de réciter l'hymne avec ses Ministres. On sonne en même temps les cloches de l'église {Rubr. Miss.^ ut in die), et on joue de l'orgue ; et cela dure autant que le chant du Gloria (Risso^ litt. F, n. 42, § 5 ; Meraii^ part, iv, tit, vni, n. 4).

8. Au Sanetus et à l'élévation *, au lieu de clochette, OD se sert de la crécelle (Risso^ litt. S, n. 20, § 49; Cferic. deSacrif. Miss.^ dec. 43, n. 6).

*' On orne cet autel, qu'en France nous appelons reposoir, de draperids rouges et blanches : le noir seul est défendu (S. R. G., 21 janvier 1662). On ne doit y mettre ni les reliques des Saints, ni leurs images {Merati, ibid., n. 9; Batdd.f part, ii, cap. ix« art. 1, n. 2). On peut seulement y mettre des anges adorateurs tenant des cierges {Bauld., ibid.).

Parmi les choses à préparer, il ne faut pas oublier la croix de procession, qui doit être couverte d*un voile violet (Memoriale RUuum^ tit. m, cap. 1). ' * L*Âateur ne fait mention que de ces deux moments, parce que d*après la Rubrique ce sont les deux seuls où Ton se sert de la clochette; * .

866 MRT< IV, GHAPi YI4 Aftt. H.

0. On né dànne pas ta paix (Rubri, ib*) ; néanmoiiift, après VÀgnus Dei^ les Ministres de l'aatd changent dé côté : le Diacre passe à gauche pour assister le Prêtre concernant le missel, et le Sous-Diacre à droite pont découvrir et couvrir le calice en temps convenable ; ils ont soin de faire les génuflexions prescrites (Merati^ ibid.^ n. 5) ^

10. Pendant que le Célébrant dit la dernière des oraisons qui précèdent la communion^ le Gérémoniaire * prend k la crédence le calice préparé pour la sainte réserve^ ainsi que la patène, la pale, le yoile et le rubao^ et le porte sur l'autel in cornu qpistolae (Caer. Ep . , ibid.^ n. 5J.

1 1 . Après que le Prêtre a pris le précieux Sang et que le Sous*Diacre a couvert le calice, les Ministres de l'autel font la génuflexion d'un seul genou, changent de côté^ et font une nouvelle génuflexion conjointement avec le Célébrant (Bauld,^ part. iy> cap. ix, art. 11^ n. 8; Bmo^ litt. F, n. 42, § 11 ; Merati, ibid., n. 6). Le Célébrant^ s'étant relevé, prend révérencieusement avec la patène l'hostie consacrée, et la dépose k plat dans l'autre calice, qui alors lui est présenté par le Diacre. Celui-ci couvre ensuite le calice qui contient la sainte hostie de la pale, de la patène renversée, et par-dessus du voile^ qu'il serre vers le milieu du pied du calice, autour du noeud, et qu'il lie avec le ruban ', quoique Merati (ibid.^ n. 10)

^ Le mut Sacrament étant présent, ib font chacun une première gémillexkNi avant de partiri et une aecoide en arrivant s iU ne k font pas au milieu.

* Gavantus et Merati demandent que ce soit le Sous-Diaore qui aille prendra le calice à la crédence (part, iv, tit. vin, in Rubr* 6) . liais si le Gérémoniùft a le droit de toucher aux vases sacrés^ ainsi qu'on le suppose toiqounf e*eet lui qui porte le calice, d'après le Cérémonial des Êvéques (/M.).

■ Relativement k ce mhan etè son usage« on peut consulter une de Mt notes préoédoitM, pageSSi»

DE l'oFFIQS WS IEUDI SAINT. 867

Mit du ientiiaeot qu'il ne fiiut te faire qu'après la Mes$6i an moment où le Diacre^ mooté sur le marchepied dé l'autel^ doit remettre la saiate réserve entre les mains du Célébrant (Memoriale Ritmm^ tit. iv, cap^.iii n. 2) : il s'appuie sur la Rubrique, qui prescrit de mettre le Toile sur le calice, disposé de la même manière qu'au commencement de la Messe ^

13. Le Diacre, après avoir couvert le caliœ., le retire: un peu en arrière sans le mettre en dehors du corporal, mt le dispose de manière qu'il soit comme lorsqu'oa commencé la Messe {Ruibr., MA.; Caer. Ep*^ ibid.)» Ensuite le Diacre ouvre le cibmre , et les trois Officiers Mcrés font la génuflexion * . Le Diacre et le Sous-Diacrè descendent sur le premier degrés se tiennent la face tournée l'un vers l'autre, et un peu inclinés; le Célébrant se tourne vers le Clergé % et, tous trois ainsi pla^ ces, le Diacre diante le Confiteor {Caer, Ep., cap. xxix, n. 5); lorsqu'il a fini, le Célébrant dit Misereatur vMri, elCi ; et, après avoir fait le signe de croix sur les communiants^ à Vlndulgmtiam^ il se retourne vers l'autel et fait la génuflexion. En même temps le Diacre et le Sous- Diacre se mettent à genoux devant lui sur le bord du mardiepied. *

15. Pendant que le Diacre chante le Confiteor^ le seen&d Cérémoniaire et le Thuriféraire (celui-^i après avoir pris la nappe de communion) s'en vont aux côtés de l'autel, avec les génuflexions convenables, et, s'étant

^ Nous ne comprenons pas pourquoi notre Auteur s'éearté du Memoriale Riiuum, qui règle (tit. iv, cap. u, § n, n. 5) que le voile n'est assojetti avec le i^ian qu'au moment du départ pour la procession.

* S'il fallait tirer le ciboire du tabernacle, on se conformerait à ce qui a été dit page 175.

* Qui doit oommnmer.

368 PART. rV, GBAP. VI, ART. II.

mis à genoux Tan vis-à-vis de l'autre, ils attendent qoe les Ministres saerés se soient mis à genoux devant le Célébrant, et alors ils étendent la nappe, et le soutiennent des deux mains (Merati^ ibid., n. 7).

14. Le Célébrant, ayant pris le ciboire de la main gauche, et de la droite une hostie, se tourne vers le peuple, et, après avoir dit Ecce Agnm Dei^ etc., et ce qui suit, il donne la communion aux deux Ministres sacrés (Merati, ibid.}. Ceux-ci, après avoir reçu la communion, font la génuflexion tmico gmu^ et- se mettent aux côtés du Célébrant en changeant de place, c'est-k-dire que le Diacre passe k droite et le Sous-Diacre k gauche {Baul^ dry, ibid., n il ; Merati, ibid.). Le Thuriféraire a soin de retirer la nappe, afin qu'ils puissent monter k Tautel . Le Célébrant donne ensuite la communion au reste du Clergé, more soUto *; les Prêtres se présentent en étoles, qui auparavant leur ont été apportées par un Clerc (Caer. Ep., ibid.; Meraii, ibid.).

15. La communion finie, le Célébrant retourne k Tautel avec ses Ministres, fait la génnflexion, et consomme les hosties qui seraient restées \ Les deux Clercs chargés de la nappe, après avoir fait la génuflexion, la déponent sur la crédence, et retournent k leurs places:

16. Les Acolytes, ayant fait la génuflexion, remettent leurs flambeaux aux premiers du Chœur ', ou les repor-

* On peut se reporter à la page 140, oùToQ trouvera exposées les cérénMH nies delà communion solennelle.

* On suppose que le saint Sacrement ne reste pas au tabernacle de cet autel. > On suppose que les premiers du Chœur conserveront les flambeaux pour

la Procession, à raison de ce qu'ils seront les plus proches du saint Sacrement; mais Tnsage général de nos églises est qa*en outre de ceux qui marchent devant le saint Sacrement avec des cierges, des Clercs portent des flambeaux autour du dais. Alors les Acolytes peuvent conserver leurs flambeaux, et les cierges sont distribués au Chœur par d'autres Clercs.

DE l'office du jeudi SAINT. 369

tent à la sacristie s'il n'y a personne ponr les prendre, et distribuent au Clergé les cierges, que l'on allume aussitôt. Les Thuriféraires préparent du feu dans les encensoirs. Le Sous-Diacre qui doit porter la croix se revêtira des vêtements préparés, et un Clerc portera k l'autel du reposoir les barrettes des trois Officiers sacrés.

i7. Le Célébrant, ayant donné la communion, prend l'ablution du calice et celle des doigts sans quitter sa place (Bauldry,,ïbiA.^ n. 42). Le Diacre et le Sous- Diacre servent dès lors à l'autel en omettant les baisers accoutumés ^ Après les ablutions, ils changent de côté, ayant soin de iaire la génuflexion d'abord avant de partir, et encore en arrivant. Le Sous-Diacre essuie le calice, et 'le couvre à l'ordinaire, en se retirant un peu lorsque le Célébrant dit Dominus vabiseunt. Il fait ensuite la génuflexion sur le marchepied, et encore sur le degré, en passant devant le saint Sacrement; et, ayant placé le calice k la crédence, il revient derrière le Diacide*.

18. Le Célébrant, ayant laissé le calice entre les mains du Sons-Diacre, fait la génuflexion, et va lire la Communion. Ensuite, retournant au milieu, il baise l'autel, fait la génuflexion avec le Diacre, se tourne vers le peuple en se retirant vers le côté de l'évangile, de manière à ne pas tourner le dos au saint Sacrement, et chante Dominus vobiscum (Caer. Ep., ibid. , n .7). H fait la génuflexion avec ses Ministres, et va chanter l'oraison. Après l'oraison,

• ^ G*est-à-dire qu'on achève la Me»se comme lorsque le saint Sacrement est exposé Relativement à la manière de prendre en ce cas les ablutions, on peut se reporter à ce qui été dit page 108.

* Faisant encore la génuflé^cion en arrivant, si le Diacre est au milieu de rautel

310 PMT' IT, CSAF. VI, ART. !»«

il raiouroe au mUiôUi b^m Tautoi, fait la f^ufle^on Bty/ic ses Ministres, et, se tournaiit comme nous venons de dire, il cbaiite Dominm vobiêcum . Alors le Diacre, ayant fait de nouveau la génuflexion^ et se retonmant de la même manière que le Célébrant, chante Ite^ Missa est. Quand il a &ai, les trois Officiers sacrés font la génn* flexion, le Célébrant dit PUiceat^ et ses Ministres vont se mettre k genoux k l'ordinaire sur le marchepied, pour la bénédicition*

iO . Lé Célébrant, ayant dit le PlmeaU baise l'antel, dit Bmedic(U vo$ omnipolem Deus ; puis^ au lieu de faire rîndinatiojD, il fait la génuflexion, et se toilrne vers le peuple comme pour Dominm vobiscum; puis, sans achever le cercle et sans une nouvelle génuflexion^ il tourne sur sa gauche pour dire le dernier évangile (Bauldry^ ibid., n. i3). Il ne fait pas de signe de croix sur l'autel, mais seulement sur lui-même (Rubr.^ JlfM*/ ibid,; Çaer, Ep , ibid., n. 9); et lorsqu41 dit Verhum caro factum est, il fléchit le genou vers le saint Sacre* ment (Bauldry^ ibid.).

20. La Messe terminée, le Diacre ei le Sous-^Diacre montent sur le marchepied, aux côtés du Célébrant; et, après avoir fait la génuflexion unico gmu^ ils vont per breviorem à la banquette.

ARTICLE III

De la Procession,

24* Arrivés k la banquette, le Diacre et le Sous-Diacre aident le Célébrant k ôter le manipule et la chasuble, et k se revêtir de la chape ; ils quittent eux-mêmes leers manipules. Puis, comme on ne doit pas mettre rencena

DE L*OFFICE DU JEUDI SàiNT. 3Tt.

à iabaiM|nelte (RtUyr. Miês.^ ui in d%$)^ ils voQt dcnraut le milieu de l'autel aTec le Célébrant^ en relevant les bords de sa chape. Ayant fait toos trois in piano h génuflexion utroque gmu^ ils se mettent k ^enoui sur le dernier degré, et font une courte adoration {Mémorial^ Bit. lit. IT, cap. II, § III, n. 1^ de BraKo% part. 1114 cap. XVII4 n. 1 ; Merati^ part, iv, tit. yiii, n. 10). Au signe du Gérémoniaire, ils se lèvent : on met lencens dans les deux encensoirs, sans le bénir. Ils se remettent k genoux, et le Célébrant encense le très saint Sacrement ifiubr.j ibid.), ses Ministres relevant les bords de sa chape Çiferati^ ibid.). La Procession se rend au reposoir per longiorem^ sans sortir de l'église , ainsi que Ta décidé la S. Congrégation des Rites, le 6 août 1591.

22. Pendant que le Célébrant encense le très saint Sacrement, le Cérémoniaire va prendre k la crédenee récbarpe, et la lui met sur les épaules, après qu'il a rendu l'encensoir au Diacre. Les deux Thuriféraires se placent k chaque côté de l'autel, et les Clercs désignés pour cela remettent les montants du dais aux Prêtres revêtus de surplis, ou, selon l'usage des lieux, à. tels autres qui doivent le porter. <

23. Après que le saint Sacrement est encensé, le&. Officiers sacrés montent tous trois sur le second degré, où le Célébrant et le Sous-Diacre se mettent à genoux. I^ Diacre monte sur le marchepied, où, après avoir £ait la génuflexion unico genu^ il prend le calice renfermant le saint Sacrement, et, le tenant de la main droite par le noeud, et de la gauche par le pied {Merati^ ibid.), il le donne au Célébrant. Celui-ci, l'ayant pris de la gauche par le nœud, pose sa main droite par-dessus, et le Diacre étend par-dessus ses mains les deux bouts de l'écharpe (Memoriak Riu , tit. iv, cap. 11, % 2). Ensuite

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