CHAPITRE in
De la confession sacramenteUe du Prêtre.
Question!. Le Prêtre est-il obligé de se confesser avant la Messe?
Réponse. Oui, sans aucun doute, toutes les fois qu'il a connaissance ou doute fondé d'être en état de péché mortel ; et alors, quand même il lui semblerait qu'il a la contrition parfaite, il y a encore pour lui l'obligation de se confesser, conformément à cette déclaration du saint Concile de Trente : Quantumcunque se contntos existi'
* Pour la parfaite intelligence de ces dispositions, il faut se rappeler, V qae les Messes privées sont en général interdites le Jeudi saint et le Samedi saint (Dée. de la S. G. des R. 19 décembre 165^, 20 mars 176^ 22 décembre 1770) ; 2<» que la fête de saint Joseph ou celle de TÂnnonciaiion tombant dans la Semaine sainte est renvoyée après Voctave de Pâques quoad officium, mais non quoad feriationem : en sorte qu'il y a précepte d'entendre la Messe le jour de Tincidence, et non le jour de la translation ; 3» enfin, que si Tune de ces fêtes tombe le Vendredi saint ou le Samedi saint, elle est transférée quoad officium et feriationem, et qu'alors le précepte d'entendre la Messe est pour le jour delà translation (Dée, 11 février et 11 mars 1690, U juin et 13 septembre 1692).
ment^ habita copia Confessons^ necessario praemittmdam esse œnfessionem sacramenlalem. (Sess. xiii, c. vu.) Celte obligation résuite clairement de ces paroles de saint Paul aux Corinthiens : Probet autem seipsum homOj et sic de pane illo edal. (I Cor,^ c. xi.)
Q. 2. Ce précepte oblige-t-il toujours?
R. Il pourrait se rencontrer des cas pressants où le Prêtre, qui ne trouverait pas le moyen de se confesser, célébrerait licitement après s'être excité de tout son pouvoir à la contrition. Tel, par exemple, le cas où il ne pourrait omettre de célébrer sans se diffamer gravement ou sans scandale ; celui où il se souviendrait de quelque faute grave après la consécration; celui où, n'ayant pas de saintes hosties, il devrait administrer le saint Viatique à un mourant, etc.
Q. 3. Que doit faire le Prêtre qui aurait célébré dans ces circonstances?
R. Il doit se confesser au plus tôt. Voici les paroles du saint Concile de Trente (Sess. xiii, c. vu) : Quod siy necessitate urgente, Sacerdos absqm praevia confessions celebraverit, quatnprimum confiteatur.
Q. 4. Ces paroles renferment-elles un simple conseil?
R. Bien qu'il soit clair que ces paroles du Concile de Trente renferment un précepte, il s'est pourtant trouvé quelques Casuistes qui ont soutenu le contraire; mais leur opinion a été condamnée par Alexandre VII dans cette proposition xxxviii : Mandatum Concilii Triden^ tint Sacerdoti sacrificanti ex necessitate cum peccato mortali confitendi quamprimum, est consilium, non prm^ ceptum.
Q. 8. Quel sens faut-il donner au mot quamprimum?
Q. Quelques-uns, interprétant ce mot à leur fantaisie^ ont dit qu'il suffisait de se confesser le jour où Ton s'apf-
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f>roche ordinairement du tribunal de là pénitence, sans anticiper aucunement sa confession. Mais le même Pape Alexandre VII a condamné celte opinion dans celte proposition XXXIX : Ilta particula (quamprtmum) intelli" gttur cum Sacerdoè suo tempore confitebatur. Le vrai sens de cetle expression paraît être qu'on doit se confesser aussitôt qu'on en a la facilité, dès le jour si on le peut, et même en revenant de l'autel h la sacristie, si Ton y trouve un Confesseur et qu'on puisse le faire sans donner k quelqu'un sujet de scandale ; car, lorsqu'on a forfaé un propos véritable et sincère, on l'exécute à la première occasion.
Q. 6. Quelle doit être la fréquence de la confession du Prêtre?
R. Celui-là serait dans Terreur, qui penserait n'avoir pas matière h confession : Si dixerimus (cette sentence est de saint Jean, ép. I, c. i) quoniam peccatum nonha-^ hennm^ ipsi nos seducimus, Veritas in nobis non est. Aussi saint Augustin conseille-t-il la fréquente confession, estimant trop difficile qu'il manque jamais matière suffisante à ce sacrement : Semper confitere, quia semper habes quod confitearis; difficile enim est in hac vita ut homo mundetur^ ut nihil inveniat in se quod confileatur (în Ps. xcix). Saint François de Sales recommande k Philothée, qu'il suppose personne séculière, de se confesser humblement et dévotement tous les huil jours. Il semble donc que ce directeur si éclairé demande quelque chose de plus d'un Prêtre. Et en effet, parmi les règles qb'il s'est prescrite à lui-même, on trouve la suivante : <f II se confessera de deux en deux, ou de trois en trois » jours, sinon que la nécessiié portât aulrcment. » Egalement saint Charles Borromée, dans linslruction générale qu'il donne aux Prêtres, met la confession deqi:
QUESTIOlfB 6Uli U MESSE. Il
OU trois fois la semaine ; « parce que, ajoute le saint » Prélat, le Prêtre, ne doit pas se contenter d'être pur » de péché mortel; mais il doit se garder des fautes vé- ^ nielles, en faire Tobjel de ses examens et les confes- » ser ; car^ quoique ces fautes ne rendent pas Thomme j» indigne d'oifrir ce Sacrifice, néanmoins elles lui ôient N la ferveur de la charité, le goût, la saveur et les eonj» solaliouB spirituelles qu'ont coutume de trouver dans ce » pain céleste les âmes pures et exemptas de tels péchés. » Et il est h craindre qu'en faisant peu de cas de ces sortes » de fautes, et en célébrant sans en être purifié, on ne » tonibe en quelque péché mortel occulte : car les pé- » chés véniels dont on prend peu de souci y disposent. )> Lui, qui s'y entendait bien, se confessait tous les jours. C'était aussi la pratique de saint André Âvellino, de saint Ignace de Loyola, de saint Vincent Ferrier, et d'autres Saints, dont on ne peut croire qu'ils aient eu plus de matière à apporter à ce sacrement que le commun des Prêtres. Confessez-vous donc le plus souvent que vous le pourrez, et au moins tous les huit jours ^
Q. 7. Est-ce un usage recommandable que d'avoir babituellement le même confesseur?
R. Non-seulement c'est un usage recommandable, mais on pourrait dire que c'est une chose en quelque sorte nécessaire, si l'on considère les pressantes recom-^ mandations de tous les maîtres de la vie spirituelle au
* Matthieu Beuvelet, dans ses Méditations de la vie ecdésiastiquCt donne la méuie règle de conduite, t'n des moyens de vivre et de persévérer dans l'état d'innocence et de pureté nécessaire à un prêtre, « c'est, dit-il; de se con- » fesser souvent, c'est à dire à tout le moins une fois la semaine, sauf les cas extraordinaires. • (Part iv, médit, cxu.) Toutefois il faut reconnaître que de bons «t saints prdtres s*en tiennent li se confesser régulièrement tous les quiuze
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sujet de la nécessité d'un directeur de la conscience. Choisissez-le donc entre mille, dit le. vénérable P. Avila, et même entre dix mille, ajoute saint François de Sales. En un mot, que ce soit le meilleur que vous puissiez trouver pour la sainteté, pour la prudence, pour le zèle, et par dessus tout pour la doctrine saine en tous points. Rendez-lui compte souvent de tout votre intérieur, avec le désir de suivre fidèlement sa direction ; ne le changez pas sans nécessité.