CHAPITRE VI
De rOfflee du Sons-Dlacrc ^
1 . Un quart d'heure aTant la Messe^ le Sous-Diacre se trouve à la sacristie. S'étant lavé les mains, il se revêt des ornements sacrés ; mais, pour prendre le manipule et la chasuble piiée aux jours où Ton s'en sert ', il attend que le Célébrant soit lui-même habillé '. Lorsque celui-ci, revêtu de tous les ornements, se couvre de sa barrette, le Sous-Diacre se couvre également de la sienne.
2. Au signe du Gérémoniaire , il fait, la tête nue et la barrette à la main, l'inclination k l'image de la sacristie,
* Si Ton doit faire Taspersion de Teau bénite avant k Messe, le Sous-Diacre peut consulter son Office pour cette circonstance. (Voy. au chap. ii, page 146.)
* RelatiTement aux chasubles pliées, voici un décret de la S. Congrégation des Rites, du 15 juin 1671 : Rubrica concedit untm planeiarum complieaiarurh ante peetus Diaconis et Suhdiaeonis ministrantibtu in Misaa sohmni in Cathedralibus et praeeipuis EceleHis in diehuê jejuniorum : in minoribus vero Ecdestiis Ministris pra^ietis dat tantum usum albae eum manipula Subdiaeono, et cum stola et manipula Diacona, Cette partie du devant de la chasuble, qui, dans le principe, était simplement pliée, est aujourd'hui coupée. Cette chasuble est, au reste, faite comme celle du Célébrant. C*est ici le lieu de remarquer qu*il y a des différences assez essentielles entre les chasubles, tuniques et daknatiques des églises de Rome avec ces mêmes ornements de nos églises de France. Â Rome la chasuble a la croix devant, et non point derrière; seulement par derrière elle est partagée en trois
arties, à peu près comme nos tuniques, par des galons qui vont du haut en bas. Quant aux dalmatiques et aux tuniques, ^ Rome ces ornements ont des galons qui les divisent dans la largeur, c'est-à-dire d*un côté à l'autre, et non pas, comme an France, du haut eu bas : ce qui les rend fort différents des chasubles.
' À cette question : An Diacanus et Subdiaeonus debeant adjuvarc celéhratitrum dum sacras vestes induit? la S. Congrégation avait répondu, le 13 juin 1676 : Négative. Ce décret donnait lieu i des interprétations diverses. Le 3 octobre 1851 la même Congrégation a déclaré qu'il a rapport seulement aux Chanoines faisant les fonctions de Ministres sacrés. Dans les cas ordinaires te Sous-Diacre aide conjointement avec le Diacre le Célébrant à s'habiller.
HE l'office bu sous-diàghb 179
et salue le Célébrant d'une inclination médiocre , puis il «e icoQvre et se met en marche, les mains |ointes, derrière le Clergé et devant le Diacre.
3. Quand le Cérémoniaire lui présente Teau bénite^ il se découvre pour la recevoir, et se couvre ensuite. En entrant an chœur S il se retire k la gauche du Célébrant, donne sa barrette au Cérémoniaire^ et se joint aux an» Mes Ministres^*.
4. Il fait la génuflexion à Tautel avec le Diacre, répond avec hii aux prières de la confession, se signe et s'incline comme le Célébrant. Pendant que celui-ci dit le Confiteorj il se tient droit ; mais il s'incline médiocre-^ ment en disant Misereatur tui^ et profondément vers l'autel en disant le Confiteor. Il se tourne un peu vers le Célébrant aux mots Et tibi^ Pater.. Et le, Pater (Ruhr. Miss., part.*ii, tit. m, n. 9). Il se relève quand le Célébrant dit Indulgentiam^ et s'incline de nouveau médiocrement depuis Deus, tu conversm^ jusqu'il Oremtis.
Nota. Il tient ordinairement les maiqs jointes devant la poitrine, excepté quand il est assis ou occupé à faire quelque chose. S'il se sert de la main droite, il tient or-^ dinairement la gauche étendne sur sa poitrine. Quand le Prêtre fait la génuflexion ou inclination profonde, il fait la génuflexion % soutenant de la main le bras du Célébrant au moment où celui-ci se relève.
5. Âpres que le Célébrant a dit Oremu^ il aaonte avec lui U l'autel, en relevant un peu le bas àMtÊ^e-
* Oa au sanctuaire : car TAuteEr met parteot indisiioctemeut le chœur pour le sanctuaire.
* On salue en arrivant et le Gbœnr et Vautel.
* Il est beaucoup de circonstances où les Ministres sacrés font une génuflexion, quoique le Célébrant ne fasse qu'une inclination.
i80 PART. II, TIT. II. CHAP. VI.
tements *. Pendant que le Célébrant encense l'anteU H relève la chasuble avec la main droite, et feit la génii« flexion toutes les fois qu'il passe devant la croix (Atifrr.^ ibid., tit. IV, n. 7) *. Lorsque le Célébrant rend l'encensoir au Diacre, le Sous-Diacre descend par le plus court sur le pavé au coin de Tépitre^ où il se tient à la gauche du Diacre en face du Célébrant, pendant qu'il est encensé, faisant avec le Diacre une inclination profonde avant et après.
.6. Ensuite il se met à la droite du Diacre tn comu epistolae (ibid.), un degré plus bas que lui, de sorte que le Célébrant et le Diacre, qui est à la droite de celui-ci, forment avec le Sous-Diacre un demi-cercle imparfait ^.
7. Il fait le signe de la croix au commencement de Fintroit, et répond au Kyrie : il demeure au même lieu, ou bien il va s'asseoir {Rubr. Miss., part, i, tit. xvii, n.
* Le$ Gérémoniaox disent communément, lyec Merati, que le Sous-Diacre et le Diacre font la génuQexion à la croix, en même temps que le Célébrant baise Tautel. L'Auteur lui-même renseigne dans d'autres circonstances. Il faat donc suppléer à ce qui manque ici. On suppose, an reste, qu'il doit y avoir lencensemeut immédiatement : c'est pour cela que le Sous-Diacre monte. Hais si cet encensement ne doit pas avoir lieu» par exemple, aux Messes des morts, le Sous-Diacre ne monte pas à l'autel : il se met tout de suite derrière le Diacre, qui, lui-même, se place derrière le Prêtre, ce que nous appelons être en flèehe. Pendant que ce dernier baise l'autel, le Diacre et le Sous-Diacre font derrière faii la génuflexion , et le suivent ensuite pour l'introït. Mais lors même que le Sous- Diacre ne monterait pas jusque sur le marchepied , il relèverait également le bu des vêtements du Prêtre. 11 fait de même dans toutes les circonstances semblables, c'est-à-dire toutes les fois que le Prêtre monte à l'autel.
' Le Diacre et le Sous-Diacre font toujours la génuflexion pendant l'encensement , lors même que le Prêtre ne ferait qu'une inclination profonde , c« qui arrive lorsque le saint Sacrement n'est pas dans le tabernacle.
* Merati dit que le Diacre et le Sous-Diacre se placent en droite ligne. La pratique commune est conforme k la manière indiquée par l'Auteur. Le Diacre et le Sous-Diacre, ainsi placés, chacun sur son degré, se tournent vers l'aatel pour assister le Célébrant.
DE l'office du SOIJS-DUCRE. i8i
6), si le Cérémoniaire y invite; en ce cas il fait une inelioation médiocre vers i'autel * .
8. Quand le Chœur chanle le dernier Kyrie, sur le ûgne du Cérémoniaire, il retourne à l'autel, lui et le Diacre, mettant le Célébrant au milieu d'eux ; ils saluent le Chœur du côté qui se présente le premier *. En arrivaM k l'autel, il fait la génuflexion sur le dernier degré en même temps que le Diacre, puis ils se mettent Tun derrière l'autre (Rubr. Miss,, part, ii, tit. iv, n. 7). ^
9. Lorsque le Célébrant entonne le Gloria, au mot Deo il incline la tête ', puis il monte sur le marchepied à la gauche du Célébrant, et dit le reste du Gloria avec lui (Rwbr. , ibid.) : il prend garde de ne pas le devancer, mais de dire bien d'accord avec lui, s'inclinant et faisant le signe de la croix en même temps que lui.
JO. Quand on a fini de réciter le Gloria, il fait la gé* nuflexion avec le Diacre et se rend par le chemin le plus court k la banquette, marchant k la droite du Célébrant ou devant lui, selon la disposition des lieux; et, prenant sa barrette, il fait en même temps que le Diacre une inclination médiocre au Célébrant. Ensuite il s'as-
* Le Manuel des Cérémonies romaines dit que, dans cette circonstance, on ne doit faire ni génuflexion ni inclination. C'est une erreur : il Cauts'en rapporter ^ renseignement de TÂuteur, qui doit nous transmettre la pratique de Rome ; et d'ailleurs cette Ipratique est conforme au Cérémonial des Évoques (lib. ir, cap. XYiii, n. 55).
' On suppose le Chœur devant Fautel, et, en cette circonstance, on le salue avant Tautel, conformément aux dispositions du Cérémonial des Évêques (lib. i, cap. xviii, n. 13). Car si, en se déplaçant, il se trouve qu'on doive faire plut sieurs saints, on les fait dans l'ordre qui se présente naturellement, sans égard aux dignités. Ainsi, l'on salue toujours celui que l'on quitte avant cdui auprès de qui l'on va. En marchant, on saule le premier qui se présente, lors même qu'il serait le moins digne. (Caerem. Ep.» lib. i, cap. xviii, n. 15.)
' Si le saint Sacrement est dans le tabernacle, il fait une génuflexion avant de monter.
188 PART. li, TIT. Il, GHAP. VI.
sied a la gauche àe cetuî-ci, et , $'é(^&l couvert-, il tient les mains étendues sur ses genoux. 11 se découvre quand le Céiémonkiîre e& donne avis.
Nota. Si, pendant que Ton vu s'asseoir, le Chœur chante quelque verset auquel on doit s'incliner, iV s'arrête et a'incHne v^s l'autel.
tt. Au» signe du* Cérémoniaire, il se lève, descend du siège, laisse, sa barrette, et, après avoir fait deux ou trois pas, il salue- le Chcdur en mêine ternie que le Diacre et le Célébipaut, d'abord du côté de l'épitre, puis du c6té de l'évaugite ^».
i^ En arrivani à l'autel, il fait la génufiexion avec le Diacrei, et relève les habits du Célébrant pendant qu'il monte^k Tautel ; puis il se met à sa place ordinaire derrière le Diacre.
^ Après le Domimis vobiecum, il suit le Diacre au coin de 1 épître, se tenant toujours derrière lui (Ruhr.^ ibid.). Pendant' les oraisons, il fait tes inclinations comme le Célébrant. A la fin il ne répond pas Amen ; ce q/ii est à observer toujours quand le Chœur répond.
Not(j^ Quand on dit Flectamus gmua, le Diacre chante ces paroles en s'agenouillant : tous s'agenouillent pareillement, k l'exception du Célébrant. Le Sons-Diacre chante Levateen sç levant le premier //&i6r., ibid., tit. v, n. 5) ^ S'il a la, chasuble pliée pendant la dernière orai-
^ On suppose toojoQrs le Gbœur devant TaQlel. On peut consulter la note du D:. 8. ci-dessu&.
* A. Flectamus genua, doit-on fléchir les deux genoux? Nous croyons que la pratique commune, au. moins en France, est de ne fléchir qn*un seul genou. Notre Auteur dit quMl faut se mettre h genoux , et Merati est formel sur ce point: « Flectit (Diaconus) utrumque genu^ et omnes alii cum eo, excepto solo Célébrante, qui sohim débet genullectere quando in deficientia saerorijm Miniatrorum ipse cantat. » (In Gav,, part, ii, tit. v, n. 19.) Dans rOflice du Vendredi saint (part. Vf, art. vu, chap. ii, n. 15), notre Auteur semble dire
DE l'office Dt S0tS*1>IAGAE. 185
soD, il Tôte et la dépose, pour la reprendre après répître, !ors(pi'if aura reçtr la bénédiction dtt Géliébrant. fi. H prend le livre lorsque fe Céffémx)Éiàfîfe* le lui présente, et il hit nfl petit saltrt & celuf-d tout e» le^ recevant * ; puis il appuie contre sa poitrine h pMv& supérieure du Missel', en Te tenant parie Ëra^ avec les deux mains (Rubr., ibid., tir. vr, n. 4), ïa* tranche* vers" «a gaucfter. Se* retournant vers r'auteP, if rfftentf que* fe Célébrant dise ces paroles Jemm Chrigtum, quand' éllbs se trouvent dans la^ concltision; afor&ii s'incline, et vsr aussitôt aai mifieu de T'autel , y fkit la géâuffetiou* sur fe dernier dfegré^, saflue le Chœur dû côté-dfe rëvaugîfe, puis du côté dte répîtte % rettecrrue- dierrfère le^ Célébrait; (JÛ; ayaiat eruvert le^ livw, H» cikante l^épftw fRubr., iWdl). Quand il s'y ttDuve k live ces paroles*, M fMtmê< fimf omne genwfl^mpm, e(fB\, il feit la<gémflexieto d'iiU' genou seul^naent sur le* degré.
15. L'épître achevée, il ferme le livre, et, le portant comme nous F'avonsdit, il retourne au mitteudin l'autel, y bit la génuflexion, salue le €hœur, et serend'avcoitf de Uépîtte, où il se met à' genoux sur le dfegrë le* plus' élevé ou bien sur le marchepied^ ; iV baise Ih main du Célébrant, que cetai-ci pose sur le missel fKii6r., ifiîd.)*'