CHAPITRE XL
De la Messe solennelle en présence de TÊvéïiac ^
1. L*Évéque, dans son diocèse, peut assister à la Messe solennelle en chape et en mitre ; alors il se revêt par-dessus le rochet de Tamict, de Taube avec la ceinture, la croix pectorale, et Tétole sous la chape '. En ce cas, il se place toujours à son trône, où il est
* f Gum Episcopus, rei divin» peragendae causa, ad Ecclesiam ventunis erit, sive ipsemet celebraturus sit, sive alter, debent Ganonici omnes in eorum ecdesiastico et canonicali habita, appropinquante hora, ad illum accedere, eumqile cappa indulum comitari et deducere. • (Caerem. tib. i, cap. xv, n. 1.) Les Chanoines sont-ils donc tenug d'aller chercher l'Évêque lorsqu'il veut se rendre à la cathédrale? S'il est revêtu delà cappa magnat oui; ils doivent etTaller chercher avant l'Office et le reconduire après (S, R, G., 10 decemb. 1740). Mais si VÉvéque vient sine cappa, eum mo%%etta tantum, ils n'y sont pas tenus (10 maii 1642).
' Voici le texte du Cérémonial des Évéques : » Valde probandum esset ut in solemnioribus fes^ivitaUbus, Ëpiscopus eliam non celebraturus procederet ad Ecclesiam et tam vesperis quam Miss» interesset amictu, alba, ciogulo, cruce pectorali, stola, pluviali etmitra paratus » (lib. i, cap. xv, n, 10). • In so-
DE LA nœSSE SOLENN. EN PRÉS. DE l'ÉYÊQUE. ^55
accompagné du Prêtre assistant et des deux Diacres d'honneur S tous ti*ois en habit ordinaire de chœur (Caerem,, lib. n, cap. ix, n. 2 et 4). L*Évéque peut aussi assister à la Messe solennelle étant lui-même en habit ordinaire de chœur, simplement avec la barrette, et alors il se placé le plus ordinairement à sa stalle. Dans Tun et Tautre cas, un Clerc en surplis doit tenir un missel prêt pour le présenter ouvert en temps convenable au Prélat. Régulièrement, il y a en outre un autre Clerc pour porter le bougeoir {Caer. Ep., lib. I, cap. XX, n. 1). Il ne fait guère porter la crosse que quand il assiste à son trône vestitus sacris indumentis,
â. Lorsque TÉvéque assiste à la Messe solennelle sur son trône, on doit lui préparer dans le sanctuaire devant le miUeu de Tautel, un prie-Dieu couvert d'un tapis vert ou violet, selon le temps (76., cap. xn, n, 8), sur lequel il ira se mettre à genoux dans les temps de la Messe où Ton doit s'agenouiller. Lorsqu'il est à sa stalle, il s'y met à genoux sans se déplacer.
3. Toutes les fois que l'Évéque est présent de l'une de ces deux manières, il doit être salué en particulier, et non par un salut commun à tout le Chœur. Le Cérémonial assimile partout le salut à l'Evéque à celui qui est dû à la croix de l'autel ; c'est-à-dire qu'à l'exception des Chanoines et du Célébrant, qui lui font une inclination profonde, tous les autres devraient faire une génuflexion '.
4. L'Évéque, en entrant dans l'église, reçoit l'aspersoir du plus digne de ceux qui l'ont accompagné ou qui sont venus pour le recevoir à l'entrée, lequel le lui présente avec les baisers ordinaires. U se donne d'abord de l'eau bénite à lui-même, puis il aspei^e tous ceux qui sont présents ; ensuite il se rend à l'autel du saint Sacrement pour y faire sa prière avant de se rendre au trône ou à sa stalle. U est très convenable, au moins les jours de fêtes, qne l'on
lemnioribiis festiviiatibus Episcopas erit semper cum plaviali... Poterit tamen, si magis placuerit, hujusmodi Miss» in festis minus solemnibus cum sua cappa pontifieali interesse > (lib. n, cap. ix, n. I).
' Au lit. m de cette Seconde partie, nous expliquons les offices de ces assistants de l'Évéque.
* On peut voir, page 151, ce que nous avons dit touchant cette règle.
au PART. II, îlt. Il, GHAP. XI.
touche de Torgue aussitôt qu'il entre à l'église Ifiaer. £j>., lib. i» eap. IV, n. 3 et 4).
5. Si Ton doit faire l'aspersion de l'eau bénite, le Célébrant, après avoir aspergé l'autel, va présenter l'aspersoir à l'Évéque, qui, après s'être donné de l'eau bénite à lui-même, aspei^e le Câébrant, comme il a été dit page 149.
6. C'est l'Évéque qui commence la Messe/Pour cela, il vient devant le milieu de l'autel, où ses assistants se mettent à sa droite, tandis que le Célébrant est à sa gauche ; le Diacre est à la gauche du Célébrant, et le Sous-Diacre à la gauche du Diacre : de telle sorte que l'Évéque et le Célébrant occupent le milieu, ayant tout leur cortège, le premier à s^ droite, et le second à sa gauche ; mais tous les Ministres doivent être un peu en arrière. Ainsi placé, l'Évéque commence ; le Célébrant, avec ses Ministres, lui répondent, se tournant vers l'èvêque quand ils disent : Et îiU, Pater.,, et te, Pater ' . Après que l'Évéque a dit Indulgentiam, etc. , il se retire et retourne à son siège, où il dit, conjointement avec le Célébrant, Dette, tu eonversus, etc., jusqu'à Aufer à nobiê exclusivement.
7. C'est toujours l'Évéque qui met et bénit l'encens, aidé eneda par le Prêtre assistant , qui présente la navette. Le Thuriférate présente à genoux l'encensoir ouvert.
8. Le CélArant, même lorsque l'Évéque est présent, est eDcenaë autant de fois qu'à l'ordinaire (5. C(mgr. /{., 4 aug. 1663) ; mais de deux coupa seulement {Caer. Ep,, lib. i, eap. ixm, n. 32). Quant au Prélat, s'il est à son trône, on l'encense trois fois, e'eal» à-dire avant l'introït, après l'évangile et à l'offertoire. Mais si l'Évéque assiste simplement en sa stalle, avec son habit ordinaire de diOBur, il est encensé seulement à l'offertoire. Lorsque le Câébrant et l'Évéque sont encensés, l'Évéque l'est toujours immédiatemoat iqinrès le Célébrant : celui-ci de deux coups par le Diacre, et l'Évéque de trois coups par le Prêtre assistant {Caer. Ep.^ lib« i, cap. xuii, n. 26, 27 et 32).
* Le Cérémonial des Évdqnet ne parie de cette maniàra de comïïwnfiw qa*h roccasion de la Messe des morts ; mais les antres Cérémoniaux qui ez|kliqaeDt le rit remain donnent les détails que nous exposons ici pour toute Messe soleiH neUe célébra devant l'Évéqoe dans son diocèse.
DE lA MESSE SOiEim. Elf FBÉS. DE L^ÉYÊQUE. S3S
9. L*ÉTé(iae lit sur le missel, qu'un Clerc en surplis tient ap* puyé sur sa têfe et ouvert devant lui, quatre fois pendant la Messe, savoir : !• Tintroït; 2® Tépître, le graduel, YAlkluia, le trait, eia un mot, ce qu'il y a pour la Messe du jour jusqu'à l'évangile ; 3^ FoSertoire ; 4® la postcommunion {Caer. Ep.. lib. i, cap. zx, B. 2).
10. Quatre fois pendant la Messe, les Chanoines viennent «e mettre en cercle devant TÉvôque, et récitent avec lui les prières qui suivent» savoir : 1<> Tintroït, les Kyrie et le Gloria in excelm ; 2^ le Creio^ pendant lequel ils fléchissent comme lui le genou au verset Et incamatus est ; 3® le Sandm après la préface : iP XAgnm Dei. Les plus jeunes arrivent les pren^rs, et les plus dignes, qui viennent après eux, se placent le plus près de TÉvéque. Les plus dignes s'en retournent les premiers. Tant en arrivant qu'en se retirant, 3s ont soin de feire les révérences convenables tant à Tautel qu'à TEvéque. Lorsqu'ils se retirent, l'Evéque répond à leur salut en les bénissant. {Caer. Ep., lib. n, cap. xxi, n. 3 et 4 ; et lib n, cap. IX, n. 6) *.
i 1 . Après l'épttre, le Sous-Diacre va baiser la main de l'Évéque et recevoir sa bénédiction. S'il est Chanoine, il s'incline profondément ; s'il ne l'est pas, il se met à genoux, Dans Tun et l'autre cas, il a soin defidre les saints convenables en arrivant et en se retirant.
12. Pendant que le Célébrant lit l'évangile, le Diacre, après avoir posé le livre sur l'autel, va d'abord baiser la main de l'Évéque ; il feit les révérences convenables, et s'incline profondément ou se met â genoux, selon qu'il est Chandne ou non. LÉ'véque bénit ensuite l'encens. Le Diacre, revenu â l'autel, dit Munda cor meum sur le
* Ceci se pratique pins facilement dans les églises d*Ita!ie que dans celles de Pnnce, k raison de la disposition des lienx. Généralement, en Italie, les QianoiiMS, pendant les Offices pontiilcaiu, on môme lorsque TÉvêque tient cht* pelle, ne sont pas dans les stalles eomme celles de nos églises, mais simplement sur des bancs placés de telle sorte, qu*il n'y a qu'à s'avancer pour se trouver dans la disposition que demande ici le Cérémonial. U serait toutefois à désirer que cette belle et imposante cérémonie fût observée dans toutes les cathédrales, au moins quand TÉvéque assiste à TOffice revêtu de k chape.