Qu'entend-on par l'aurore quand il s'agit delà Messe
R. Par l'aurore on n'entend pas le lever du Soleil, mais les premières lueurs qui le précèdent, et qu'on appelle le crépuscule du matid. Ce commencement de clarté précède le lever du Soleil de plus ou moins de temps, selon la diversité des climats et des saisons. D'où il est facile de conclure que l'aurore ne consiste pas dans un point mathématique, mais se prend dans une extension raisonnable. Aussi un grand nombre de Docteurs accrédités pensent, conformément k l'Ordonnance sur la vie et l'honnêteté des Clercs, mise en appendice au Concile romain de 1725, que ce ne serait pas aller contre la Rubrique que de commencer la Messe à tel moment qu'elle
^ n esta remarquer que la première Messe de Noël, MUsa in noetet aux tenues du Missel, ne devrait commencer qu'après minuit : dicitur poxt fwc- 4iam noctem, porte la Rubrique (part, n, tit. xv, tfi 4). S. Pie V, par sa bulie Sanciissimus in Chmlo, révoqua tous les privilèges qui pouvaient autoriser la célébration avant Theurë de minuit : il abrogea toutes les coutumes établies è cet égard et prohiba cette célébration anticipée sous quelque prétexte que ce soit. Il est è remarquer aussi que dans cette nuit de Noël on ne doit célébrer aucune Mtsse pnvée. Un décret du 1 8 septembre 1781 porta f non lieere in nocie Nalivitalis D N. unicuique sacerdoti ante auroram ■ celebiare Missam pri^atam, et contrariam consuetudinenit ubiintroduci I vellet, vel jam esset in'roducta declarandam esse abusum * Enfin les dé" erets de la S. G. défendent aussi de domer en celte Messe la cominuoion aux Bdèles : et sur ce qui a été objecté que les usages de France permettraient difficilement de mettre ces décisions en pratique, on a i iHindn ii^eurrendum Mi iummum PonHfiêem,
id PART. I, CHAP. IV.
puisse finir à la naissance ou peu après le premier point de Taurore. De même, quand on dit midi, on n'entend pas déterminer un point mathémalique ; mais il faut prendre ce mot dians une certaine extension, tellement qu'on peut ne commencer la Messe qu'a midi précis.
Q. 8. Pécherait-on si l'on transgressait cette Rubrique sans nécessité?
R. Il ne semble pas possible d'excuser de faute grave un Prêtre qui, sans une nécessité pressante, célébrerait la Messe tellement avant le jour, qu'on ne pourrait avec vérité dire en aucune manière qu'il a célébré a l'aurore : il faut raisonner de même pour ce qui regarde l'heure du midi. La raison en est qu'un tel Prêtre agirait contre une loi universelle qui est tenue pour obliger sub gravi. Voici ce que le Concile de Trente ordonne aux Evêques sur ce point : Ne superstttioni locus aliquis detur^ edictù et pcenis propositis caveant Episcopi ne Sacerdotes altis quant debitis horis célèbrent. (Sess. xxii , in Decr. de observand.)
Q. 9. Peut-il arriver qu'il soit permis à un Prêtre de dire la Messe hors du temps prescrit par la Rubrique?
R. Les moralistes énumèrent quelques circonstances où un Prêtre le peut licitement. Tous s'accordent pour le cas où l'on devrait porter le Viatique h un mourant; mais pour d'autres circonstances, il y a lieu de craindre que quelques-uns n'aient été trop faciles. Ce qu'il y a de certain, c'est que la S. Congrégation du saint Concile écrivit, par ordre de Clément XII, à l'Archevêque de Rologne , alors Cardinal Lambertini, depuis Renoit XIV, une lettre instante, dans laquelle elle réprouve comme abusif l'usage de dire beaucoup de Messes avant l'aurore et après midi, k l'occasion de fêtes solennelles^ de concours de fidèles, etc«
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