‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 4)Chapitre 16 sur 159 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Bc la coonranloii da Vrêcre, et de ceUe «a*U distribue au Fidèles.

Question, i. La commuDion du Prélre fait-elle partie essentielle du Sacrifice?

Réponse. Il parait certain que la communion du Prêtre n'appartient pas à l'essence du Sacrifice. En effet, il n'est pas d'abord ioconlestable, quoique ce soit le sentiment le plus commun parmi les Docteurs , que Jésns-Cbrist se soit communié k la dernière cène, et pourtant il offrit véritablement le Sacrifice. Ensuite^ l'acte du Sacrifice doit être tellement propre au Prêtre , qu'il ne convienne k nul autre. Or les laïques fout aussi la communion. Mais il est certain que la communion du Célébrant appartient à l'intégrité du Sacrifice , puisque Jésus-Christ l'a institué selon la forme des sacrifices pacifiques de l'ancienne loi , dans lesquels le sacrificateur participait à la victime. Que la communion ait été dans l'intention de Jésus-Cbrist, on le voit en ces paroles : Hoc fadte in meam commemorationem , paroles que l'Âpôtre , écrivant aux Corinthiens ( Cor. xi), applique aussi à la communion. Ajoutons à cela la tradition uni-

5i PART. I, CHAP. IX,

verselle de l'Église, et i'autorilé du Canon Comperimus {de Consecr., dist. n), qui déclare le Prêtre coupable d'un énorme sacrilège s'il ne communie sous les deux espèces. Dans le Canon Relatum (de Consecr., dist. il) on lit aussi : Quale erit Sacrificiam, cujus nec ipse Sa-crificans particeps esse dignoscitur?

Q, 2. En quelle partie de la Liturgie consiste l'essence du Sacrifice ?

R. L'essence du Sacrifice semble ne consister que dans la consécration seulement, puisqu'on y trouve toutes les conditions essentielles du Sacrifice qui sont : 1» le Ministre légitime; 2<> la victime; 5<> son immolation. Or dans la consécration le Prêtre, Ministre légitime, parle au nom de Jésus-Christ , vrai Sacrificateur : k sa voix la victime, qui est Jésus-Christ même, se rend présente sous les espèces sensibles du pain et du vin ; enfin , il y a immolation , puisqu'il y a représentation au vif du Sacrifice sanglant consommé au Calvaire sur lia croix : car, par la force des paroles, le Sang est placé séparément du Corps , comme il arrive à une victime dont on a tiré le sang, qui parait morte et qui vit : Christus, dit saint Augustin (Ep. xxiii), semel tmmolatus est in seipso, in Sacramento omni die populis immolatur. Q. 5. La double consécration appartient donc à l'essence du Sacrifice ?

R. La théologie l'enseigne ainsi, et en voici la raison : de même que dans le baptême il doit y avoir une confession expresse de la sainte Trinité, ainsi dans le Sacrifice non sanglant de l'autel il doit y avoir une représentation expresse de la passion et de la mort de Jésus-Christ , représentation qui ne paraîtrait pas suffisante si l'on ne faisait que la première consécration. 11 est au moins certain que de précepte divin on doit faire les deux.

Q. À. Sî, après la consécration, il arrivait par miracle^ comme il est arrivé plusieurs fois, que le Corps adorable et le Sang précieux parussent sous la forme de chair et de sang, que devrait faire le Prêtre?

R. Saint Thomas résout cette difficulté, et dit qu'en ce cas le Prêtre ne devrait pas les prendre en communion. La raison qu'il en donne , c'est que Ea quœ miraculose fiunt legibus non subdunlur : consulendum tamen esset 5a*cerdoti quod iterato Corpus et Sanguinem Domini œnse'^ craret et sumeret (p. m, q. Lxxxiii. a. iv, ad. 5J. Il ne faat entendre cela que du cas où Tappariiion est persévérante et visible au Prêtre même qui sacrifie. Mais si le miracle n'avait lieu qu'à l'égard des autres personnes ou cessait avant la communion, de sorte qu'alors il n'y eût plus rien de visible que les espèces du pain et du vin , le Prêtre devrait faire la communion à l'ordinaire.

Q. 5. Si, après avoir pris les deux ablutions, on trouve des parcelles sur la patène, peul-on les prendre?

R. On doit les prendre sans difficulté, qu'elles soient petites ou grandes, parce qu'elles appartiennent au Sacriflce.

Q. 6. Que faire, s'il était resté une hostie entière?

R. On ne peut la prendre après l'ablution ; mais on doit la conserver dans le tabernacle ou dans quelque autre lieu décent, pour qu'un autre Prêtre la consomme à la Messe.

Q. 7. Si le Prêtre découvre des parcelles après avoir quitté l'autel, que doit-il faire?

R. S'il les aperçoit étant à la sacristie, avant de quitter les vêtements sacrés , il doit les consommer comme un complément de la communion et du Sacrifice , qui moraliter cemetur durare donec concarrant haec duo, et quod advint talia fragmenta ex ipso inadvertenter re^

Page 1