‹ CerisetteChapitre 11 sur 14 · SiiTTE · texte numérisé non relu

SiiTTE

» — Allons madame Grattenboule, » à votre trou, crie Poussemard, on » va commencer la seconde pièce.

» — Eh bien , c'est bon!... on y va » à ce trou!-, tâche donc de modérer » tes tambours toi , ah ! les gredins ! il » y a eu un moment où j'ai cru que la » salle s'écroulait sur moi.

» — J'en ai mis trois à la porte. Tâ- » chez de souffler un peu mieux, vous.

» — Pourquoi donc me serais-je aniu- » sée à souffler quand on n'entendait » que des r an plan plan !.. ra pi a p!a! . » est-ce que tu veux que je souffle la

» retraite à présent! il. est charmant, » alors je vas me mettre dans une vraie » troupe... clans un régiment, je mar- » chcraj à côté des cantinières! »

i m* > Cerisette est prête ; pour coiffure ,

elle n'a que ses cheveux, pour costume que sa petite robe à raies, mais l'émotion , la trayeur qu'elle éprouve la rendent encore plus jolie. La jeune fille ne voulait pas se mettre du rouge sur le visage , elle trouve que cela enlaidit^ il faut que son amant vienne lui-même lui dire que cela est indispensable et que les acteurs doivent être comme les décorations qui font plus d'effet de loin lorsqu'elles ne sont pas bien de près.

228 ci:jusette.

« — Du courage» , dit encore Angely à Cerisette. « Vous êtes charmante, » votre aspect seul séduira le public , h et quant au rôle, deux mots à dire, » vous ne devez pas craindre de man- » quer de mémoire.

» — Mon Dieu ! que c'est singulier » le théâtre ! » murmure la jeune fille toute émue en se voyant au moment de débuter. « Vu de près, tout cela me >♦" semble si difficile... Tenez, mon ami, • laissez-moi m'en aller... je crois déci- » dénient que je n'ai pas de vocation...

» — Vous en aller... et que ferions- » nous sans vous î vous êtes annoncée

CERISF.TTE. 229

» sur l'affiche, il y a en grosses lettres : » Une jeune personne qui n'a encore » paru sur aucun théâtre il chutera » dans la Muette qui parle parle rôle •♦ clc Rose.,.

» — Pourquoi a-t-on mis cela ?

» — Pour que le public soit plus in- * ilulgént pour vous...

» — Allons, puisque le sort en est » jeté!... »

Poussemard a frappé les trois coups , et il est redescendu à son orchestre. Le calme se rétablit dans la salle, on fi'en-

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