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CHAPITRE SIXIEME

Li SPEIÏACH. - 0» BOLQLET.

L'heure de se rendre au spectacle est arrivée. Les actrices, furieuses contre leur habilleuse, ont la malheureuse idée de sortir par une porte qui donne

sur une autre rue et abrège le chemin pour se rendre à la salle de' spectacle où elles pensent rejoindre madame Grattenboule. Mais la mèred'Albertine ne se trouve pas.

Le monde arrive ; la salle est près, que pleine. On allume, ce qui ne se fait guère en province que lorsque le public est entré. Un beau monsieur, fort élégant, ayant des gants serin, une rose à sa boutonnière et un petit morceau de verre fiché sur l'œil droit, s'est placé dans la loge qui est la plus rapprochée de la scène, et là il se dandine, se lialance, lorgne le beau sexe de l'endroit et s'amuse à frapper avec sa badine

sur le devant de la loge. C'est M.

Froimont.

Poussemard est à son poste de chef d'orchestre; les musiciens arrivent; mais sur quatre tambours il y en a trois de gris et deux se mettent sur-lechamp à ronfler dès qu'ils sont assis dans l'orchestre.

Les acteurs sont habillés et ils sont surpris que les dames ne paraissent point, mais celles-ci attendent madame Grattenboule qu'on cherche en vain dans tous les coins de la salle.

Tout à coup Albertine s'écrie :

« — Ah ! mon Dieu... elle était dans » le salon où dînait ce beau monsieur >• qui est si vilain... Si par hasard... » elle en est capable... et moi qui l'a!n iend pour m'élargir mon pantalon de » hussard dans lequel je ne peux pas » entrer. »

On envoie à l'auberge. On y trouve 1 habilleuse qui dort profondément les coudes appuyés sur la table. On a beaucoup de peine à l'éveiller, ensuite il faut deux hommes pour la soutenir et la cone jusqu'au théâtre, où elle arrive ayant sa perruque à moitié retournée, *i bien qu'une partie de son visage est fichée par les boucles de cheveux.

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