VINCENT
et ve
sous forme d’azote et d’acide carbonique, nous aurons cité les principaux composants du vin. Plus nous pousserions en avant cette analyse, plus serait complexe le milieu.
IIT. — Valeur biologique
La valeur biologique des vins en général, résulte plutôt de l’ensemble des principes actifs, malgré l’électivité de certains pour tel organe en particulier. Nous examinerons succinctement l’action de cette boisson alcoolique sur le tube digestif, sur le foie, sur l'appareil circulatoire, sur le système nerveux, sur la nutrition générale pour étudier plus particulièrement dans notre second chapitre, les réactions du rein aux vins blancs réputés plus diurétiques.
La présence du vin dans la bouche, influence heureusement la sécrétion salivaire. Si l’on conserve une cuiller à café de vin dans la bouche pendant quelques minutes, ce vin se dilue du triple ou du quadruple et le mélange agit puissamment sur les hydrocarbonés (glucides) preuve qu’il s’est enrichi en ptyaline.
En même temps, le vin provoque une sécrétion réflexe de l’estomac. La saveur et le bouquet du vin influent beaucoup sur cette véritable sécrétion psychique.
Pour concevoir l’action directe du vin sur l’estomac il faut se rappeler que c’est un liquide de concentration moléculaire assez élevée et dans la bouche comme dans
l’estomac il attire l’eau de dilution. Il provoque une sécrétion acide et salée ainsi que l'avait déjà fait remarquer CH. RicHer.
D’après ses travaux, le Professeur M. LOŒEPER a pu écrire : Le volume augmente dans des proportions telles que 60 gr. de vin font sécréler en une demi-heure plus de 120 gr. d'un liquide contenant 0 gr. 90 à 1 gr. 25 d'HCI libre et méme.chez les hyperchlorhydriques 2 gr. 50 à 3 gr.
Dans ce liquide peu riche en mucus, nous relevons la présence d’un grand nombre de leucocytes. Le Pr Loeper et M. MarcHaL ont étudié spécialement cette leucopédèse, agent très utile de la digestion, et ont vérifié expérimentalement un afflux de 2000 leucocytes par centimètre cube dès la première heure. Ce chiffre est supérieur à celui produit par l'alcool au même litre, mais inférieur cependant à celui du sucre. Gette leucocylose augmente avec les vins sucrés pour diminuer avec les vins astringents, fait intéressant à noter. 1
« Le vin est donc excellent eupeptique, s’il est pris à «dose modérée, c'est-à-dire à 5 9% en alcool du contenu «gastrique, proportion atteinte après absorption de « 250 cc. de vin au cours d’un repas ».
Il n’y a pas l’air d’avoir d’obstacle à la digestion peptique, puisque la digestion des albuminoïdes semble accélérée de 10 à 15 9% avec du vin à 10° ayant 20 gr. d'extrait et 2 gr. 76 d’acidité.
La radioscopie nous permet de contrôler la contraction du pylore et toute l’hypertonie de la musculature qui préside à l'évacuation, cette évacuation variant suis vant la richesse du vin en alcool et en tannin. AUBOURG
— 20 — & ; et LepBoN ont montré il y a déjà seize ans que 100 à 150 cc. de vin mélangé à 200 gr. de bouillie barytée, accélère l'évacuation, après une phase d’immobilité de quelques minutes, les contractions se régularisent, s’amplifient et s’accélèrent.
Le vin se résorbe dans l'estomac, comme se résorbent les cristalloïdes et le ferrocyanure dans l’expérience de VALLERY-RADOT, mais cependant moins vite que l’eau. M. le P' Loper et ses élèves démontrent que si, dans l'estomac d’un lapin, après pincement du pylore, on injecte 100 gr. de vin, le vin disparaît en deux heures, c’est-à-dire dans le même temps qu’il mettrait à se résorber dans une anse grêle isolée entre deux ligatures. Dans les sténoses PIROEUSS cette résorption gastrique a lieu.
Le vin arrive ensuite dans le duodénum. Le tubage duodénal permet de voir que le flux biliaire, bile du cholédoque et bile vésiculaire est accru avec certains vins légers et peu alcoolisés. IIS doivent cette action en partie au glycérol. Ils sont donc cholalogues et même peut-être augmentent-ils aussi la sécrétion pancréatique. En tout cas ils agissent in vitro sur le pouvoir digérant du ferment pancréatique, mais cette action n’est pas prouvée pour le champagne qui, à 10 ou 20% de dilution semble au contraire F’entraver.
De plus en plus dilué par les sucs intestinaux, donc à concentration assez faible, le vin gagne le foie. L'action irritante et les lésions qui peuvent en être la conséquence est donc évitée par celte dilution. Mais elle n'empêche pas le vin de produire des modifications du chondriome, une
leucocytose intra-hépatique énorme et une fonte assez étendue du glycogène. Cette fonte du glycogène témoigne d'un accroissement de l'activité de l'amylase du foie, et peut être responsable d'une certaine glycémie, plus que la richesse même du vin en sucre.
Il nous est même apparu que le vin pourrait accroître aussi le pouvoir défensif du foie vis-à-vis des protéides, : disent encore M. le Pr Lœper et M. ALQUIER.
Dans une thèse élaborée au laboratoire de thérapeutique de la Faculté de Médecine de Paris, avec les conseils de M. le P' LoœpERr, le D' AUBERT a fait L’Epreuve du vin chez les hépatiques. Il montre « que le vin, surtout le vin blanc sucré, a une action excitante physiologique se traduisant expérimentalement par des modifications cytologiques, ce que nous avons vu déjà, et cliniquement par des variations des coefficients azotés et sulfatés. Cetle action, non seulement utile en thérapeutique, peut servir de pronostic car un foie qui réagit peu ou mal est un foie anormal ou épuisé, un foie qui abaisse ses coefficients est un foie malade ».
D'autre part le vin agit sur l’appareil-circulatoire mais suivant la voie d'introduction. Alors que par voie buccale et par voie sous-cutanée on note de l’hypertension, la voie intra-veineuse est hypotensive ainsi que le montre l'expérience suivante de M. le P' Loeper et Lemaire. Si dans les veines d’un chien on injecte 10 ce. de vin-titrant 10°, dilué de moitié ou pur, on constate une chute de la tension artérielle de 1 à 3 centigrammes de Hg pendant 5 minutes. Cette chute était plus manifeste avec le vin pur et variait suivant les crus. Et chose