‹ Certaines Réactions du Rein À Nos Vins Blancs RégionauxChapitre 7 sur 19 · I. — Historique · texte numérisé non relu

I. — Historique

L'un des sujets de régime qui nous passionne le plus, est le vin. Sans dire qu'il tient la place que l'amour prend dans l’étude des sentiments, nous conviendrons qu'il nous faut nous intéresser aux travaux d’œnologie. Consultés pour conseils diétéliques, quotidiennement nous entendrons nos malades nous demander : « Dans mon cas, puis-je prendre du vin ? ». Donc autant par raison pratique, que scientifique et littéraire, documentons-nous sur ce produit qui louche de près notre vie nationale et fait partie de l’alimentation journalière de nous fous.

La loi française désigne sous le nom de vin, «le pro- « duit exclusif de la fermentation du raisin frais, arrivé «à maturité, pourle vin rouge ou du jus de raisin frais, « arrivé à maturité pour le vin blanc ». C’est donc un liquide complexe dont la composition varie suivant cé-

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pages, crûs, récoltes, procédés de vinification, nature du sol, climat ét exposition. Tous ces divers facteurs lui donnent des états-civils différents qui ont chacun leurs qualités. Plus loin, nous étudierons, en particulier, trois types bien distincts, produits de nos vignobles régionaux.

L'origine du « jus de la treille » est vieille comme le

monde puisque les savants travaux de SaporTa et de

PLANCHON démontrent l'existence de la vigne avant toute civilisation. La tradition populaire, elle, commence au sympathique Noë, dixième patriarche antidiluvien, qui par son initiative industrieuse cultiva le merveilleux fruit dont il exprima la capricieuse liqueur qui le terrassa. |

A travers les âges et les peuples, jamais l'existence de la vigne et de son produit, le vin, ne passe sous silence. Bien vite même « le sang de la vigne » fut idéalisé et utilisé et pour les sacrifices, et pour guérir les maux de l’homme, et servit souvent de thèmes en littérature et art.

Liqueur de force, liqueur de joie, liqueur bienfaisante, le vin est consacré. « Le Vin vient de Dieu et l'Ivrognerie du diable », ait St-Jean Chrysostome, ce patriarche de Constantinople. Sur le Palais de Justice des Rois de Perse était gravée cette phrase : « Le vin est le meilleur des remèdes, et ce n’est que dans les pays où la vigne ne croît pas qu’il y a lieu de chercher d’autres médicaments (Rabbi Banal : Talmud Baba-bathira, 58).

Hippocrate en parlait comme « d’une chose merveillèuse ». Galien, Aréthée de Cappadoce en disaient le

plus grand bien. Asclépiade, qui, 80 ans avant Jésus- Christ, fut un grand psychiàtre, conseillait livresse dans l’aliénation mentale, bien entendu l'ivresse exceptionnelle. e

Evidemment nous ne rappellerons pas.ici les œuvres de tous ceux qui ont chanté les vertus: du vin. Nous signalerons cependant qu’à l'heure actuelle, nombre de nos contemporains les plus illustres ont, par souci d'hygiène, émis des idées favorables à la consommation du Vin.

Le D' Cu. FiessiNGer dans son précieux livre sur les Maladies des caractères, après avoir affirmé que les buveurs de vin (buveurs modérés, s'entend), activent le fonctionnement des sécrétions internes, montre que le buveur d’eau manque de cette stimulation nécessaire. Le buveur d’eau est impuissant à se renouveler, il s'enkyste dans des formules périmées. L'eau n’agit pas sur les glandes que réveille le vin, elle n'empêche même pas l’artério-sclérose. Le D' Farez dans ses charmantes Causerie sur l'art de bien gérer sa santé est du même avis que le D' Cu. Fiessinger. Il cite le D' LEGRAND (de Bruxelles) dont il reproduit les chiffres suivants : l’alcoolique meurt en moyenne à 53 ans, le buveur d’eau à 59 ans et le buveur modéré à 63 ans.

En dehors de ses qualités d’excitateur des glandes désintoxicantes, le vin est un redoutable ennemi des microbes. Pick, de Vienne, avait observé que les agents pathogènes du choléra ne lui ré$istaient pas. Les Prolesseurs SABRAZÈS et MERCANDIER ont montré qu’en quinze minutes il tue le bacille de la typhoïde, il évite-

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rait même l’appendicite. Et c’est pour cela que dans son livre sur L'Homme et le Poison, Léon Dauper fait un éloge convaincu du vin et se gausse entre temps des puritains de l’abstinence. «Je crois de toutes mes forces à l’action bienfaisante du vin, dans les pays vignobles on vit vieux et même très vieux. J'estime qu’il nous épargne ces fuites de magnésie, de fer, de calcium si fréquente chez les buveurs d’eau et dont le danger est aujourd’hui connu ».

Enfin, prêtons attention à M. PoiNcaRÉ qui a abandonné un instant les questions politiques pour nous définir le vin : « Essence de joie et de santé, extrait d’humeur gauloise ; reflet du doux pays de France » et redisons avec Ch. MAveT : «Le vin de France est un des ingrédient dont furent faits notre race et notre tempérament national, le vin est une raison d’être de la France : le coq gaulois est un coq qui boit du vin ».

Le vin est le soleil des pays qui en manquent. Sur les coteaux bénis où murit le raisin, les arts, la poésie, l’éloquence, croissent comme les fleurs d’un jardin enchanté. Vinum creatum est ab initio in judicantem, a dit l’Ecclésiaste. Le vin a été créé pour la joie de l'homme.

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