‹ Cervantes et le romantisme allemandChapitre 10 sur 77 · I. /.. /. 1799, m* to6, p. 745 (31 déc · texte numérisé non relu

I. /.. /. 1799, m* to6, p. 745 (31 déc

A la faveur de ces idées générales et surtout de cette inspiration critique se développe un art fécond, qui s'appellera plus lard l'art classique, et qui brisera définitivement l'effort de l'Aufkherung.

Les écrivains qui cherchent autour d'elle ou au delà d'elle des voies infrayées travaillent contre elle et contre son esprit. Goethe et Schiller créent des œuvres qui dépassent leur temps et préparent l'avenir. Cervantes ne fut pas étranger à la genèse de la littérature classique (i).

Schiller connut Cervantes de bonne heure; le Karl Moor de ses Brigands (dont le plan date de 1777) est, de son propre aveu, une réplique du brigand Roque : comme lui, chef inflexible, voleur honnête et sentimental, défenseur du pauvre et du faible (2). Schiller n'a point dit son opinion sur le Don Quichotte, mais il le citait volontiers (3) et semble y avoir entrevu l'antithèse romantique entre le monde idéal et la réalité vulgaire. « Je dégringole de mes sphères idéales, écrit-il à Huber, dès qu'un bas déchiré me rappelle à la réalité » (/i). Mais on ne saurait de quelques

(1) L. Rius Bibliografla, etc., t. II, p. 871 et Schwering. Literarische Bezie- Jwngen zwischen Spanien und Deutschland, p. 84, n. 3, citent quelques titres d'imitations de Cervantes parues à cette époque : B. de A. Schack. Don Quixotte 179s. — Hubatschek. Don Quixotc 1791 (?). — Don Quixote der Zweite. Kom. Singspiel. Ans dem Italien. Oels 1795, Musique île Dittendorf. lier Teufel ah ein Hidraulicus. Lpz. 1700.

(r>) Cf. J. W. Braun : Schiller und Gœthe im Urlliril Huer Zeitgenossen, I, 1, p. 1a sq. et Minor : Schiller, I, 3l4 6q. Voir aussi à ce sujet la Revue des Etudes littéraires de février 1912.

(3) Lettre à Kœrner, 18 aoûl 1787. A Reiowald, Minor, Schiller, II, 94. Commande le Don Quichotte de Bertuch en 1794 : Briefe von Schiller und Colta Stuttg. 1876, p. 17. Cf. Berger : Don Quixote in Deuischland, etc., p. 100.

(?i) Le rapprochement est île Boxberger. Schnorr's Archiv, IV (1875), p. io», la citation est prise dans la Correspondance de Schiller et de Kœrner. Ed. Goedrke, I, p. IV (:>f> mars 1785). Voir le passage auquel Schiller fait allusion dans Bertuch (1777), IV, i63.

allusions conclure à une influence effective de Cervantes sur l'œuvre ou l'esprit de Schiller.

Gœthe, au contraire, fut plus profondément atteint (i). II est assez vraisemblable qu'il lut le Don Quichotte de Berluch peu après son apparition. Nous ne trouvons cependant sous sa plume aucun souvenir de Cervantes jusqu'en 1780; dans une lettre à Mme de Stein, il compare le voyage, qu'il fait en compagnie du duc, aux expéditions de Don Quichotte et de Sancho. « Par mes comparaisons, je rivalise avec les proverbes de Sancho » (2). Quelque temps après, dous !<• voyons encore en compagnie de Cervantes. " Cervantes, écrit-il encore à Mme de Stein. me tient au-dessus des papiers administratifs, comme une ceinture de liège le nageur » (3). Il demande, l'an d'après, les estampes de Chodowiecki (i. qui venaient d'être tirées à part en 1781. Il lut les Nouvelles vers la même époque.

Les œui res de Goethe se rapprochent elles-mêmes désormais de l'inspiration cervantesque 6 . II écrit à cette époque son h / rmeister >> (6). C'est peut-être un souvenir des Nouvelles que le costume et les danses de Mignon : &es

^ 11 r les rapporta de Gœthe el de Cervantes, voir .l<-llm>-k. Gœthe-Jahrbneh X. p. ■ >i -a. V Farinelli : Bévue hispanique, 1898, en particulier, p. ■•]> sq. et T. \\ . Bi rg< r, op. cit., p. 117 sq.

• ethea W erke. Ed. de Weimar, IV, 4, ]

11 juillet ,

1 ne crois pai qu'il faille, avec II. Grimai (Vorletungen aber Gœthe 1877,

:r " Imitation de Cervantes dans Claudine non ViUabeU

sujet, comme l'opposition des principaux, l'inspirent tout aussi, bien

«h- la littérature contemporaine .!<• l'Allemagne el surtout «lu roman frai .1 anglais de l'époque. Cf. i ce sujet \. Farinelli. Revue HUp. I. c. p. -n. Goethe. Wilhelm Meitten theatnlitche Sendung. Hrgg. Harrj liaync. u. Bei lin ion. Cotta.

manches à l'espagnole, son déguisement masculin (i) rappellent les nombreux travestissements des héroïnes de Cervantes, des Dorothée, des Theodosia et tant d'autres; plus loin (2), elle fait à Wilhelm « une sorte de compliment espagnol »; elle a des allures mystérieuses, un ton de voix sérieux, presque solennel; la danse des œufs, qu'elle donne en spectacle au seul Wilhelm, se fait au son des castagnettes et du violon, et a la vivacité, la violence et en même temps la régularité du fandango. Il semble dans le troisième livre de la Theatralische Sendung que Mignon ait plus de traits espagnols qu'italiens; c'est seulement au début du livre IV que son lied : Kennst du dus Land évoque l'Italie. L'Espagne semble avoir eu dans les nostalgies méridionales du poète une part qui n'est pas insignifiante (3).

Son Wilhelm Meister a des ressemblances curieuses avec le Don Quichotle et les Nouvelles. Le contraste entre le jeune idéaliste, Wilhelm, et son ami, de tempérament pratique et positif, pose les personnages en face l'un de l'autre, comme Don Quichotte et Sancho (4); le séjour

(1) Ibid. p. 102.

(2) Ib. p. i74.

(3) Je ne crois pas qu'il faille pousser bien loin le rapprochement fie Mignon et de Preciosa, que fait H. G. (Grimm) dans la Deulsclic Rundschau : Mignons Quelle, Cerv\ Novelle : la Gilanilla (janvier 1897). Mignon enlevée à ses parents, Mignon au milieu des bohémiens sont les seuls motifs communs des (\viix personnages. Cf. Boite, Mignons Urbild, dans Chronik ors Wiener C<rthe-Vereins XI, 1, ■:>. et Euphoriôn, II, 558.

(4) On a retroaTé la même opposition mire les figures de Werther et d'Albert, de Faust el de Mephistopheles (Cf. T. W. berger, op. cit., p. 9S). On aurai! pu tout aussi bien rappeler les caractères d'Egmont et d'Orange, du Tasse et d'Antonio, qui ont respeclivement quelques-uns des traits de Don Ouiobotte el de son écuyer; mais il serait abusif d'en conclure à une influence quelconque du roman espagnol sur ces personnages.

chez le comte peut être comparé aux aventures de Don Quichotte à la cour du duc; les ennuis financiers et les déceptions de Wilhelm auprès de ses amis comédiens sont, atténués et modernisés, les équivalents des coups de bâton. Pourtant, et malgré l'allusion au « chevalier errant de Philine » (i), on ne saurait voir dans le Wilhelm Meister une imitation consciente ou inconsciente d'une œuvre quelconque de Cervantes.

Mais le commerce de Gœthe avec Cervantes prouve une parenté d'esprit, une affinité profonde de leurs tempéraments d'écrivains. Lorsqu'il reprit son Wilhelm Meister, Gœthe retrouva Cervantes. « J'ai, écrit-il à Schiller le 17 décembre 1796, trouvé dans les Nouvelles de Cervantes un véritable trésor, où l'on peut s'amuser et s'instruire tout ensemble. Quelle joie, quand on peut à son tour approuver ce qui est approuvé de tous et tenu pour bon: et '•Minnie on va plus vite sur son chemin, lorsqu'on voil des œuvres composées d'après les principes (pie nous appliquons dan- notre mesure et dans la sphère où nous travaillons » ■". Qu'est-ce à dire '.' Gœthe el Schiller s'accordaient, à cette époque, sur des principes d'ail communs, et Gœthe découvrit dans le Cervantes i\r< Nouvelles un génie parent digne de sa renommée. Gœthe avait dès (->> dans son : Einfache Nachahmung der Natur, Manier, Stil, et dans ses lettres à ses amis, développé son idéal artistique : le style, qui est le but suprême de l'art, doit imiter la nature, étudier exactement la réalité, mais découvrir et «luire ses formes essentielles et permanentes, autour rie nous règne la matière brûle; l'artiste doit pénétre]

1 consti uire un monde organique et pourtant

1 1 / < ' ":/• "/<• cil. p.

11 1 rfct, IN . 1. 10, p.

idéal, faire œuvre à la fois naturelle et surnaturelle. Ce réalisme typique, qui est l'art idéal de Gcethe à cette époque, se retrouve, suivant les classiques, chez les anciens et quelques modernes. Cervantes est un de ces génies. Et c'est parce que Cervantes appartient au même monde, parce que son art a découvert, par la seule puissance de l'inspiration, les lois profondes de tout art idéal, que Gœthe va désormais lui demander des encouragements et lui apporter ses hommages.

Gœthe n'eut certes aucune directe influence sur le développement de la légende cervantesque. Mais l'inspirations réaliste de son Wilhelm Meister, ses ressemblances avec le Don Quichotte, l'action féconde de son art tout entier allaient favoriser dans le monde des jeunes poêles ou critiques le développement des sentiments et des conceptions qui devaient ramener toute une génération au culte renouvelé du poète espagnol.

Le Cervantes de la nouvelle école n'est pas le Cervantes satirique; les grandes âmes refusent d'enrôler le poète dans la foule des railleurs. Herder lui-même reprend la pensée d'Hamann et conteste la légitimité de cette satire. Cervantes, dit-il en 1793, est un grand poète, « mais son influence a été malheureuse : « Qui a ruiné, selon l'unanime et presque chagrine confession des Espagnols, le goût pour les romans chevaleresques, sinon le miroir de tous les chevaliers et même de tous les livres de chevalerie : Don Quichotte de la Manche ?» (1). Là n'est pas la grandeur de Cervantes. Sa gloire est précisément d'être la voix de sa nation, d'exprimer toute son époque (a).

(1) Briefe zur Befœrdemhg der Humaniiœt. Ed. Suphan. XVIII, p. r>7 (1793).

(a) //>. Herder cite Cervantes tantôt ente h côte avec Dante, Pétrarque, l'Arloste (p. 67") tantôt avec l'Àxioste, Spenser el Wïeland (p. i3g), tantôt comme [e modèle <ie Wïeland (p. »4).

L'idée de Herder est reprise par Grosse, et exagérée. 3se accuse Cervantes formellement d'avoir, par son Don Quichotte, tué les pensées héroïques, l'énergie, la ténacité, la grandeur, la largeur de vues d'une nation, en même temps que son aventureux mais noble héroïsme (i). île tendance à combattre le Cervantes satirique provient de l'effort que l'on fait pour concevoir un autre Cervantes, plus vivant et plus espagnol, encore actuel, peintre véridique de son peuple, et vrai poète. Pour atteindre ii cette conception, il fallait connaître l'Espagne. Aussi les voyageurs devancèrent-ils leurs contemporains dans cette voie nouvelle.

\. Fischer constatait que la peinture de Cervantes est encore aujourd'hui bien vivante, que la plupart d"s traits di' ses Douvelleé picaresques se rencontrent encore dans la \ ie espagnole (2).

Guillaume de Humboldl surtout donne à cette conception nouvelle une expression remarquable (3). « Celui qui n'a pas va un âniei espagnol avec son outre sur un âne, ne M> fera jamais qu'une image incomplète de Sancho Pança, et Don Quichotte, qui est à coup sûr un modèle» inimitable de véritable imitation de la nature, ne pourra être parfaitement compris que de celui qui aura été lui-même eu Espagne, el se sera trouvé parmi des personnes des cl) que peint Cervantes. Les autres n'\ verront au lieu de vraies ligures que des caricatures, el comme il ne peut

- Vu. p. 55.

mmlde «on Madrid, p

•; Cf. \. Farinelii. Bevtu Hispanique, iSofi, p. 11. ui ne -..un

que procure la vue de la réalité' rivante... la lumière répandue -ur I bjeta,

1,L't ,: baenrateur... la cohésion de* détail», l'unité «In tout. »

rapprocher que les traits que le poète a détachés et isolés, il lui manquera la plupart des traits secondaires qui les auraient complétés et atténués. »

C'était l'aboutissement logique de la pensée de Herder. L'Allemagne, instruite par ses voyageurs, reprenait contact avec l'Espagne, revivait ses réalités actuelles, et pouvait désormais confronter avec elles le tableau qu'elle se préparait à mieux comprendre. Ce qu'avait entrevu la géniale divination de l'esthéticien allait être constaté et confirmé par les recherches combinées des voyageurs, des critiques et des poètes.

Que restait-il de toule cette enquête ? L'âge précédent avait transmis au x\iu siècle un Cervantes rétréci et mutilé. Le xviue siècle vit d'abord en lui l'auteur du Don Quichotte, un simple satirique. Mais, élargissant ses curiosités littéraires, il découvrit, en même temps que la littérature espagnole toute entière, le Cervantes de la Galatée, des Nouvelles et du Persiles. Chacune de ces œuvres fut traduite à son tour, plus ou moins respectueusement. On prit pour modèle le Shakespeare de Wieland, et on s'appliqua à mettre l'œuvre au goût du jour. Ce fut une entreprise difficile, particulièrement dangereuse pour le Don Quichotte. Le Don Quichotte de Bertuch a bien des défauts : il néglige de parti pris de longues et belles pages, il dénature les poèmes, bouleverse le rythme de la prose et des vejs, dépoétise et appauvrit l'œuvre; mais l'exactitude matérielle, à laquelle il s'appliqua, inspira confiance; certains principes de traduction furent définitivement posés cl se transmirent aux successeurs romantiques. En dépit ou plutôt à cause de ses défauts même, Bertuch imposa le

Don Quichotte nu goût allemand. Après lui et selon .a

formule, les autres œuvres de Cervantes, sauf la plus grande partie du théâtre, trouvèrent une forme allemande et se firent estimer.

Sâfis doute, Cervantes ne fut pas le seul dieu du temps, et ne fut même pas le premier. Anacréon, Horace, les Français et en particulier Rousseau, Shakespeare et Richardson ou Fielding eurent des fidèles plus passionnés. L'influence de Cervantes se localise autour de quelques admirateurs. A Gœttingue se forme, grâce à Dieze et aux richesses de la bibliothèque universitaire, un centre hispanique, où Calvi et Tyehsen continuent la tradition du maître; à Weimar, les efforts de Bertuch et de Schmid, la critique féconde de Herder, la dévotion cervantesque de Wieland favorisent un essor des éludes hispaniques qui atteint bientôt l'Université voisine. Hambourg, par s^s relations commerciales avec l'Espagne, Kœnigsberg, qui avait reçu la prédication de llaniann, Berlin, ouvert à toutes le- curiosités, étaient conquis déjà à Cervantes. Dans itres régions de l'Allemagne, l'influence de Cervantes fut moins vigoureuse et moins durable.

En général, Cervantes est considéré dès loi- c me un

des classiques de In littérature; mais il n'est point un clasindiscutable. Quel est, du peste, aux yeux de la toute puissante « Aufklœrung », le classique du pa<<é qui est au-dessus de notre goût et de notre critique ? L'humanité prog Ice aux lumière- de la raison, et le goût lui-

même s'éclaire. Cervantes eut sans doute un grand génie, mais il participa de ton- les défaut- de -nn époque et de sa race. Aussi faut-il faire un choix dans -on œuvre : quelques-unes \ouv elles, quelques chants de la Galatée, certaines partie- du Persiles, et surtout l'inimitable Don

h') Ile ont droit au suffrage de l'h me de goût. 1>. m-

le Don Quichotte lui-même, il y a des pages ennuyeuses et faibles, qui ne répondent pas à l'esprit de l'ouvrage. Les épisodes y sont trop longs; que nous importent les aventures de Cardenio ou du Captif ? Les héros du roman, les seuls qui nous intéressent, sont le chevalier et Sancho Pansa.

C'est que le Don Quichotte apparaît avant tout comme un roman satirique. Cervantes y poursuit avant tout le roman de chevalerie; mais en même temps, il s'en prend à l'esprit de chimères, aux exaltations de l'imagination et aux vulgarités naïves. Le Don Quichotte est donc une grande leçon morale adressée à l'humanité tout entière, le premier combat de l'esprit moderne confie les folies du passé, le triomphe même de F « Aufklaerung ». Aussi en fait-on volontiers une arme contre les folies du présent, contre tous les mysticismes et les exaltations troubles des francs-maçons ou des pré-révolutionnaires.

Mais d'autres générations montaient, plus ardentes et plus hardies. Les hommes du « Sturm und Drang » proclamèrent la souveraineté du génie : leur campagne profita surtout à Shakespeare. Cependant, ils contribuèrent à ruiner le goût de la satire, ils ramenèrent la poésie allemande vers l'imitation de la réalité. Des voyageurs parcourent l'Espagne, réveillent les sympathies pour ce peuple malheureux, mais admirable, combattent tous h s préjugés allemands contre l'Espagne fictive de la légende, montrent les réalités pittoresques, l'antilièse vivante de celte double culture, la lutte toujours incertaine des forces du passé et des forces de l'avenir, la saisissante opposition de la vulgarité la plus vile el des enthousiasmes les plus idéalistes, — tout le décor et l'esprit du Don Quichotte lui-même. Ilcrdrr après Murr. Ilumholdl après

Herder comprennent que le Don Quichotte est avant tout un tableau de L'Espagne el l'expression éternelle d'un monde tout entier i . Goethe devine en Cervantes un ancêtre, un génie de -*;i race et de sa doctrine.

Ainsi se prépare une conception nouvelle, qui va créer vraiment un Cervantes insoupçonné, le grandir en même temps que lf renouveler. La lin du wm' siècle vit s'effondrer, avec l'ancien régime, l'âme ancienne. Les nouvelles organisations sociales brisent b> liens qui enchaînaient les individu» dans leurs castes et leurs traditions; aucun rêve mble plus interdit: on vit quelques années d'idéalistes affolements. Puis viennent les déceptions, les ruines, les horreurs. L'antagonisme entre la vie et l'idéal se manifeste à toutes le- consciences. I.e fossé (pie Kant avait aperçu entre le monde des réalités et le monde nouména] creuse et s'élargit. D'autres philosophes vont accuser encore cette antithèse et elle dominera toute la littérature de la nouvelle époque.

et philosophes ne se contentent pas de constater la dissociation universelle des deux éléments constitutifs du monde, niai- il- veulent découvrir une synthèse supérieure dan- l'expression artistique de ces deux élément-, la synthèse de i;i prose et de la poésie. Gœthe, Schiller, les poètes romantiques, Schelling, cherchenl tous la résolut "ii de cet antagonisme fondamental dans l'oeuvre d'art.

'ait \;i s'enrichir d'autant; il apparaîtra désormais

(i) I.' i. /.. /.. de i-,s. I\ . p. | ,,„ critique

f°ol <V>r !• "•• nvenl reconnaître «i1"' bien rarement lea grande*

Ootchofte, car, .ij. ut. ■•!-.• n.\ toute* lea traduction* en mol

Me* et de bonne* traduction* tonl presque impossible* (A propos du

rttieo -/'• /'i Biocœncia espaAofa por F). A. de Capmanj > du

Ifontpalau .

comme la suprême expression de la pensée, et le tableau le plus parfait de l'humanité. Aussi les préférences de la nouvelle école vont-elles aux œuvres symboliques. Les tendances de la pensée germaine s'affirment. La philosophie elle-même prend un essor inouï; et les poètes à leur tour se passionnent pour la recherche métaphysique. L'œuvre poétique apparaît comme un puissant symbole où s'exprime l'effort de l'homme vers la vérité ou la beauté. On s'habitue donc à concevoir l'œuvre d'art, aussi bien celle du passé que celle du présent, comme proprement symbolique et philosophique. La conception tout entière de l'art se renouvelle; la critique découvre toutes sortes de points de vue et de perspectives inexplorées. Les œuvres classées elles-mêmes, comme le Don Quichotte, pouvaient être rajeunies; Cervantes allait devenir un des classiques de la nouvelle génération romantique, mais il devait pour cela devenir lui-même romantique.

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