‹ Cervantes et le romantisme allemandChapitre 27 sur 77 · L. TIECK · texte numérisé non relu

L. TIECK

parmi le monde barbaresque i . sont un souvenir reconnaissable du tableau que de maladroits mystificateurs décrivent à la foule au chapitre x du livre III de Persiles 12 el qui représente également la vie du bagne algérien. Bien d'autres personnages sont empruntés au monde

Nouvelles ou de Persiles; les ermites, qui se réfugient dans les solitudes des forêts pour y ensevelir leurs malheu- B amours ou les déceptions de leur existence rappellent leurs ancêtres, Renato et Eusebia du Persiles, qui doivent aussi leur vocation à des sentiments très humai: point à une crise de piété; la jeune comtesse déguisée en chasseur suit l'exemple des deux amantes de Marco Antonio ou de Dorothée, ou encore de l'héroïne du Persiles. dont elle porte le nom; nombreux sont chez Tieck lea enlèvements, aussi nombreux que les rapts dont est victime la noble Sigisrnonde: et les combats de chevaliei - Ferdinand contre le ravisseur de Leonore, de Bolz et de Ludoviko, de Sternbald et de Bolz s'inspiraient déjà du duel où Arnaldo et le duc de Nemours se disputent L'honneur d'aimer le portrait d'Auristèle.

On ne saurait méconnaître lea i --emblances des hi et des aventures. La deuxième partie des Pérégrinations de Sternbald a tous lea caractèn ixième partie du

Persiles. C'esl 1«' tableau de tout un monde, <!<■ l'AlIem «•t. en partie, de l'Italie du xvi rpiUé à travers lea

ui- el I a .i\ • nturea de ooa pèlei ins, < »mme le Persi-

était, pendant la longue traversée de l'Espagne, la peinture dea meeui - el d noies. H

doute dans le Sternbald bien des trait- tventurea oui

(a) Orvante*. édition Rivanc:

ne sauraient être rattachés au monde de Cervantes. Tieck a eu bien d'autres modèles que les Nouvelles ou P.ersiles. Il nous suffit de constater qu'il a eu ces modèles parmi d'autres.

La forme même du Sternbald n'est plus la forme traditionnelle du roman allemand, mais apporte des éléments nouveaux, qui semblent empruntés à la manière cervantesque. Sans doute, les longs récits qui arrêtent le cours du roman et constituent presque des nouvelles indépendantes ne sont point chose ignorée dans la littérature allemande du temps; mais les interruptions de ces récits, les remarques des auditeurs, la suspension du conte pendant de longs intervalles, les invites mêmes et les curiosités du public ordinaire de ces histoires, tout cela rappelle directement les procédés coutumiers du poète espagnol; le chapitre vm du livre III fourmille de ces réminiscences cervantesques : Rudolph demande, en mots polis mais pressants, l'histoire du chevalier blessé, comme le curé, l'histoire de Dorothée; comme Cardenio, Rudolph intervient plusieurs fois pour exprimer ses propres sentiments; les excuses du conteur, sa confession d'amour, puis l'interruption avant le dénouement sont renouvelées des récits de Timbrio ou de Persiles. Le ton est souvent le même, les pensées sont parentes. Imitation serait beaucoup trop dire, mais l'inspiration est indéniable.

On a vu aussi dans le mélange de vers et de prose, qui est dans le Sternbald un procédé constant, une trace de l'influence cervantesque. Mais Tieck avait déjà tenté cette innovation dans sa Magelonne, qui est de 1796, et pouvait bien en avoir pris l'idée au Wilhelm Meister. Ce qui est bien significatif, c'est l'imitation des rythmes cervantesques. Le Sternbald contient toutes sortes de formes métri-

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