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traducteur, mais de son idiosyncrasie particulière. C'est ainsi que l'on constate une tendance à remplacer les termes concrets, dont Cervantes est prodigue, par des expressions abstraites. Comparez :
so sollt Ihr das nur verachten — no se os de dos marauedis (i);
durch Erquickung des Inneren — el gobierno de las t ripas (2);
Cardenio tat in seiner Erschiitterung nichts anders als dass er erstaunt da-
stand — Cardenio no hizo otra cosa que trassudar, y estarse quedo (3);
verschweige mir auch nicht den geringsten Umstand — no se te quede en
el tintero una minima (4);
aus der Einsamkeit — de aquellos matorrales (5) :
Ces petites trahisons sont fréquentes d'un bout à l'autre de l'ouvrage et changent, en quelque mesure et à certains moments, le caractère même du style. Tieck a le sens visuel moins exercé, moins aigu que le poète espagnol. La réalité ne s'impose pas à son imagination avec la même âpre vigueur qu'à celle de Cervantes. Aussi atténue-t-àl sans cesse ce que le style du Don Quichotte aurait de trop réaliste :
olorzillo algo hombruno devient ein Gerûchlein gleichsam ein bischen menschlich (6) — abarraganada, est traduit par : zu Falle kommen — un solo negro (7) de la una, einen Nagel breit (8).
Ce qui est le plus souvent sacrifié, c'est l'image visuelle; Tieck n'a pas l'imagination plastique, ni l'éducation réaliste qui le rapprocheraient de Cervantes. Des images
(1) C. I. Prol., p. 12. Tieck, I., Préf., p. xiv.
(3) C. I. 36o — T. II. i3.
(/1) C. I. /,o8 — T. IL 74.
(5) C. I. 4io — T. IL 77.
(6) C. I. /|o9 — II. 76.
(7) C. f. IL f. 22 — T. III. 7.-..