‹ Cervantes et le romantisme allemandChapitre 38 sur 77 · C. IL 207 — T. IV · texte numérisé non relu

C. IL 207 — T. IV

espagnoles, il ne garde que le fond, la couleur fondamentale, le caractère musical en quelque sorte :

die Tochter von gemeinem Yolk und Lumpenpack.

raachst mir mit jedem tausend Qualcn.

hija de destripa terrones y de la pela ruecas (i).

dandume con cada vno Iragos de lormento (2).

Le triomphe de Tieck, c'est précisément la fidélité musicale du style. La phrase de Tieck enlace la phrase du poète, la suit dans ses caprices, ses détours et ses harmonieuses longueurs :

Ah er im Gebii>che nur wenige Schritte gemacht hatte, sah er eine Stute an dna Eiche, an einem andern Eichbaume aber einen Jungen gebunden, der von den Schultern bis zu den Hûften nackt war, ohngefœhr fùnfzehn Jahre ait sein mochte und ebon derjenige war, der Klagen gcfnhrt hatte und das nicht oh ne Orund, denn ein Ban- Markrm An*ehen gab ihm mit einera ledernen Biemcn ha?ufige Streiche und begleitete jeden Streich mit «'hier Wamuog und einem Rallie, indem a

still bleibm.alK-r «lie kageu mttMen muntiT Min.

Y a pocos passos que entro por el bosque, vio atada una yegua a vna enzina, y atado en otra a vn muchacho, desnudo de medio cuerpo arriba, hasla de edad de quinze afios, que era el que las bozes daua, y no sin causa, porque le e$taua dando con vna perlina muchos açotes vn labrador de buen talle, y cada açote le aconpanaua con vna reprehension y consejo : porque dezia :

La lengua queda y los ojos listos (3)

On trouve <!<■ ces grande* phrases partout; Tieck fait l'im-

ble pour reproduire la période <!•■ Cervantes av» antithétiques oppositions, Bas arrêts, ses reprises, ses anacoluthes, el jusqu'à l'ordre même de ses mots

(a) C. IL 70; — T. !\ (3) C. I. 19 — T. I. 36.

Ach, ich Ungliickliche ! die Felsen und Abgriinde sind mir eine liebere Gesellschaft, denn hier kann ich dem Himmel meine Leiden klagen, ah die Gegenwarl irgend einer menschlichen Gestalt; denn von keinem auf Erden kann ich Rath in meinen Zweifeln hoffeln, Trost in meinen Schmerzen, Hilfe in meinem Unglùcke.

Ay desdichada, y quan mas agradable compania haran estos riscos, y malezas a mi intencion, pues me daran lugar para que cou quejae comunique mi desgracia al eielo, que no la de ningun hombre humano, pues qo ay ninguno en la lierra de quien se pueda esperar consejo en las dudas, aliuio en las quexas, ni remcdio en los maies (i).

Mais la langue allemande est moins souple qu'on n'a voulu le dire. Déjà G. Schlegel signalait avec insistance la difficulté qu'éprouve l'allemand à traduire les nombreux participes de l'espagnol (2) : il faut, ajoutait-il, avoir recours aux subordonnées, ce qui donne à la phrase quelque chose de traînant et qui oblige à des bouleversements importants. Ainsi Tieck :

Aber dennoch will ich Euch ailes sagen, was ich gern versehwiege, ■wenn ich kccnnte, damit meine Elire in Euren Gedanken nicht zweideutig ercheine, da Ihr wisst, dass ich ein Maedchen bin, mich allein und in dieser Kleidung sehl, Dinge von denen schon jedes fur sich die gute Meinung wankend machen kœnnte.

Pero con todo eslo, porque no ande vacilando mi honra en vues- Iras intenciones, auiendome va conocido pOr muger, y viendome moça, sola, y en este trage, cosas lodas juntas, y cada vna por si, que puedan echar por tierra qualquier honesto credito, os aure de de/.ir lo que quisiera callar, si pudiera (3).

La phrase allemande, enchaînant les pensées dans un ordre plus rigoureux et plus logique, chemine d'un pas plus lent et plus raide, et détruit l'impression d'aimable abandon, la gracieuse fantaisie d'une pensée qui se livre, s'arrête, revient, fuit et s'envole au gré du caprice et du génie.

(0 Cf. C. I. 36a. T. IL &.

(0 Holtei, Brieje. an L. Tieck, III, p. :>:>.& (u déc. 1797). (3) C. I. 356 — T. IL 9.

Ces erreurs d'interprétation ou de style sont généralement inconscientes, simples conséquences de l'ignorance, de l'inexpérience ou du tempérament de l'écrivain. Mais il y a des déformations volontaires, que Tieck se crut autorisé à imposer à sa traduction, et qui portent sur les proverbes et les noms propres.

Les proverbes, qui ont chez Cervantes une saveur de terroir si intense, ne sauraient, sans perdre à la fois tout leur sens et tout leur sel, être rendus au pied de la lettre. Tieck chercha dans le répertoire de la sagesse populaire de l'Allemagne des sentences analogues ou de signification tout au moins approchée :

buenas son mangas deapoM de I nach dem Soantage schmeckt der

qua Uraten gut (i).

entre dus muelas cordâtes nun- Zwnchen zweier Augenzsehne.

ca pongas tus pulgares Ranm. Slecke du nie deinen Daum

ydoi de mi casa jeder fege vor seiner Thûr

Qnc queteyt coa ni muger, no mit groszem Herrn isst man nicht

ba| responder. Kir-chen géra (a).

Quelquefois. Tieck M contente d'une traduction littérale :

Al liijo de la verino Bmpiah Im l'ut/ dam Sofao ddnea Vichbars

I, \ motrle cri tu cm, die Nase und nimm ihn in dein

Haus (3).

la muerta eqMDti M de la degollada der Todte erschrickt vor dem Ge-

kopften (i).

La langue allemande es! bien plus pauvre en proverbes populaires que l'espagnol el les ■ refranea » si pittoresques

(i) Orv. éd. 1S17, I. lu. Tieck, éd. princ I -

(?) Lm tr.'j. proverbe! mal dani !<• dueoon àV Cor. II. f. 307.

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