AVANT-PROPOS VII
et sur la vie. J'étudierai donc son influence sur le roman, sur la poésie lyrique ou sur L'esthétique générale. Mais les influences subies par le génie créateur sont impalpables et fuyantes, et même quand on peut avec quelque certitude admettre une imitation, il est bien dangereux d'affirmer que la réminiscence provient plutôt de Cervantes que de Shakespeare ou de Boccace. De là, des réserves nécessaires.
Où ces rapprochements m'ont paru surtout téméraires et prématurés, c'est lorsqu'ils concernent le style et la forme : ici, le champ de l'hypothèse est illimité. Les particularités stylistiques se transportent difficilement d'une langue à l'autre: il faudrait admettre un contact bien permanent pour conclure à une influence indiscutablement eervantesque. Il vaut mieux chercher immédiatement autour de l'écrivain, dans la littérature de sa nation, et mieux encore dans ta forme même de son tempérament et ses affinités avec l'esprit de l'oeuvre étrangère. C'est pourquoi je me suis hasardé le moins possible sur ce terrain encore mal exploré.
Cette étude est d'ailleurs loin d'être complet'1. Il est bien diffieile à un étranger de réunir tous les éléments d'information, documents, ouvrages raies el revues rarissimes, qui sont né- ■ i l'histoire <lu romantisme allemand.
Je serais heureux que les premiers résultats dé cette enquête pussenl encouragei des enquêtes nouvelles, plus •l plus minutieuses, sur l'influence hispanique. .le me suis, pour ma pari, contenté de marquer les él i pales «le la route «-I ue me suis attardé qu'aux c four- familiei s.
travail eût donc exigé, il faut bien l'avouer, plus de compétence, une information plus large; certaines lacunes
paraîtront fâcheuses; elles eussent été plus nombreuses encore et plus considérables, sans les précieuses, fréquentes et trop bienveillantes indications de réminent savant qu'est M. A. Farinelli et l'obligeance de M. Hubert Engel, Dr. Phil et professeur à l'Oberrealschule de Zehiendorf- Berlin, qui a bien voulu entreprendre pour moi d'érudites et abondantes investigations dans les bibliothèques allemandes.
Je tiens particulièrement à exprimer mes remerciements à mes maîtres, MM. Rouge et Baldensperger qui m'ont assisté de leurs conseils inlassables et féconds. Si, grâce à tant de collaborations coalisées, cette étude a acquis quelque cohésion et gardé, dans le fouillis des détails hétérogènes, quelque méthode, j'ose espérer qu'elle rendra des services, d'une part à ceux qu'intéressent l'influence espagnole à l'étranger, en particulier l'influence posthume de Don Quichotte et les survivances actuelles des conceptions relatives à Cervantes, et d'autre part à ceux qui voient dans le romantisme allemand un moment important de la vie intellectuelle de l'humanité et de l'évolution générale de l'art.