‹ Cervantes et le romantisme allemandChapitre 43 sur 77 · MO · texte numérisé non relu

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(a) Eaphorion, t. III, p. -

(3) Voir en particulier K. Frank. CUrnetu Brmtono. Nmcktwnchgn von Bonavf„i,ira, Heidelberjr, igia, tt h <li- nation tqstitttéa par l'antmaii daai

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(4) Ibid.. 1

que l'imagination do cette époque attribuât au inonde espagnol (i). Les héros même du Nachiwachen ont certains traits des personnages de romans espagnols. Mais c'est surtout Cervantes qui semble avoir inspiré le poète.

On a noté déjà combien le théâtre des marionnettes rappelle celui du Don Quichotte (2) : l'intervention du bourgmestre qui vient arrêter les innocents acteurs est une forme plus moderne du massacre accompli par Don Quichotte (3).

Les fous surtout ont de curieuses ressemblances avec les fous de Cervantes (4). Le n° 2 croit avoir une poitrine nn verre, le n° 3 un derrière en verre et tous deux craignent d'être mis en pièces : n'est-ce pas la maladie même du Licenciado Vidriera (2) ? Le n° 9 se prend pour le Créateur, comme les fous cités par Sancho se prenaient pour Jupiter et Neptune; d'autres (nos 12, i3, 14) sont fous par amour, comme Cardenio.

La vie tout entière du veilleur de nuit, fils, comme Berganza, d'une sorcière, ressemble beaucoup à celle du chien de la nouvelle cervantesque; c'est la même diversité orageuse, la même bonne volonté, les mêmes déceptions, et le récit du personnage central est, chez les deux poètes, une occasion d'attaquer les gens et les choses du temps présent. Le mystère qui plane autour des ombres tourmentées que sont les héros du roman allemand a pu emprunter aux visions du Colloque quelque chose de leur romantisme et de leur poésie. L'imitation de Cervantes apparaît, moins

(1) Ibid., p. 48 sq. (V nuit).

(2) Cf. H. Michel : Bonaventura, etc., 190/4 (Berlin. Deutsche Literaturdenkmale), p. un.

(3) Ed. E. Franck., p. 1/16.

(4) Voir ibid., p. 90 sq.

dans la ressemblance de quelques détails, que dans l'inspiration générale.

Salice-Contessa raconte, dans sa nouvelle Der Instinct (i8o4), l'histoire d'un jeune homme qui, épris, comme Andrés de Preciosa, d'une jeune chanteuse de rues, la confond avec sa sœur, Marianne (de même que dans la Galatée Theolinde est confondue avec >a sœur Leonarda par son propre amant). Les personnages ont lu le roman du chevalier de Dulcinée : « Malheureux Don Quichotte, s'écrie l'un d'eux, quelle princesse as-tu poursuivie pendant que ton heureux oncle se trouvait aux côtés de ta Dulcinée ? » Différents motifs cervantesques : reconnaissances, voix du sang, chansons de nomades, mélange de vers et de prose, tout l'appareil pittoresque des nouvelles avec les pillages et les fuites et les complications de l'intrigue, achèvent de justifier le rapprochement.

En somme, les romantiques s'inspirent de ce qu'il y a de plus proprement romantique, romanesque et mystérieux dans l'œuvre de Cervantes; les autres écrivains empruntent parfois des sujets au poète espagnol et en accentuent la couleur locale; c'est surtout la satire de Cervantes qui excite la verve des derniers Aufkla?rer. De part et d'autre, du reste, L'imitation est très libre, peut-être inconsciente. On n'imite pas volontiers un auteur à la mode; mais on se chauffe à sa flamme, on lui emprunte l'esprit même de son enivre (dans la mesure du moins où on l'a comprise); et ces réminiscences cervantesques dans le roman contemporain du premier romantisme sont une preuve nouvelle de la popularité que le romantisme venait de conférer au poète espagnol.

Voir F. II. Contettn SchrifUn. Hrgg. von E. von Boawald, Lt»/., i. H (ibati), p. 3 sq.

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