II
(a) Grundriss, t. VI, p. 3g. N 7^.
ducteur, non moins que celui du poète espagnol, la recommandaient au lecteur, et elle a certainement contribué à étendre la popularité de l'un et de l'autre.
Imitations
Une tradition déjà lontaine allait demander à Cervantes des inspirations de toutes sortes, les premiers romantiques, Tieck surtout, ont subi dans leur création poétique l'influence du poète espagnol. La génération littéraire qui leur succède a-t-ellc suivi leur exemple ?
Kleist ne nous a pas renseignés sur ses lectures, ni sur ses goûts. Rien dans son œuvre ne trahit une influence de Cervantes, ni une connaissance directe du poète espagnol.
Mais la critique ne perd jamais ses droits. J. Niemayer rappelait, dès i8o3, au sujet de Penthesilea, les nouvelles < <i vantesques (1). L'Euphorion de 1896 admettait la légitimité du rapprochement 2 . Minde-Pouet, en 1897 (3), ne ( rut pas possible que Kleist n'ait jamais été touché par Boccace et Cervantes. « Le fait qu'il n'en a jamais parlé, qu'il ne les nomme pas, ne saurait rien prouver. Les renseignements qu'il donne sur ses lectures sont bien mai- • t pourtant nous savons qu'il a lu. » Si l'on cherche
(i) Zeitsch. fiir oest. Gymm. 1893, p. 67.I sq. (a) III. p.
Minde-P 1. Heinrich von Kleist. Seine Sprache und sein Stil. Woimar
p. ./1. L'Euphorion de 1897, p. 880, exprime le regret mie M. P. ne soit pas allé franchement aux modèles du poète.
des modèles du style épique de Kleist, on aurait le droit de citer Cervantes et Boccace. Cervantes a été pour Kleist un maître d'objectivité; et Kleist a beaucoup appris, dans son art épique, du grand Espagnol.
A. Farinelli, en 1898 (1), affirme que les nouvelles de Cervantes furent lues et admirées par Henri de Kleist.
E. Schmidt (2) voit dans le titre primitif des nouvelles : Moralische Erzœhlungen, un souvenir de Cervantes. La marquise d'O... rappelle, entre autres, le thème de La Fuerza de la Sangre (3). Mais il est obligé de reconnaître qu'une étude ou une imitation consciente du maître romantique n'apparaît nulle part avec netteté.
Kayka (4) insiste surtout sur l'indépendance de Kleist : on ne saurait, dit-il, indiquer une inspiration directe dans ses nouvelles; Kleist y est parfaitement original, plus original que partout ailleurs.
S. Rahmer (5) croit à cette influence pour des raisons de vraisemblance historique. C'est parmi ses amis, dans cette génération enivrée d'Espagne et de Cervantes, que Kleist a reçu la première initiation. Aux nouvelles de Cervantes, Kleist doit « l'objectivité inimitable de la description, le développement plein et clair de ses périodes ».
K. Gùnther (6) s'est plus spécialement attaché à l'élude du détail de cette imitation. Il voit dans le Findling la première des nouvelles de Kleist, et le fruit d'une longue communion avec 1» poète espagnol. Le motif du vieillard
(1) Bévue Hispanique 1898, p. 244.
(a) E. Schmidt, H. v. kleists Werke (Im Verein mit G. Minde-Pouel and IL Steig), Lpz-Wien. Bibl. Institut s. a. t. III, p. i3o. Ci) Ibid., p. 430.
(4) Kleisl und die Romantik, p. 1^2 (1906). (."1) //. von Kleist als Menscli und Dichter. Berlin 1909, p. <iii s(j. (6) Eupliorion, VIII. Ergœnzungsheft, p. 120 sq.
amoureux d'une jeune femme est celui de YEstremeno. Une foule de particularités stylistiques ont une origine cervantesque. Il n'y a point de doute que Kleist n'ait déjà, au temps où il écrit son Findling, c'est-à-dire avant i8o5, connu Cervantes. Mais K. Gùnther fait une réserve fort grave : « La prose de Cervantes a pu aussi arriver à Kleist par bien d'autres chemins (Wieland, les Français, etc.)- » Ces particularités de style cervantesque disparaissent peu à peu des œuvres ultérieures. « Dans le Tremblement de Terre de Saint-Domingue, il y a encore, surtout au début, quelques souvenirs de Cervantes... Ils ne pouvaient que parer, Kleist, le taciturne artiste du Nord au style plastique, el Cervantes, le voyageur mobile et souple dont le bavardage irrésistible, l'esprit infatigable créent un artnarratif à la fois romantique et roman » (i). Cervantes ne se montre que par échappées, peut-être à la fin de la Marquise et ailleurs, dans quelques motifs, dans la syntaxe, mais pas dans le ton de l'ensemble.
0. Brahm, en 1911 (a), reprend l'argument du titre primitif des nouvelles, n'insiste pas sur l'imitation espagnole < I se contente de déclarer que Boccace et Cervantes ont tidé sans doute aux progrès de Klei>t.
W. Herzog estime aussi que Kleist a \i»é;'i dépasser Bocet Cervantes, mais ne signale aucune influence précise du poète espagnol (3).
Que pouvons-nous retenir de cette discussion '.' Constatons d'abord que Kleist ne cite point Cervantes et ne parle
Eaphorion, \\II 1. Dm KotUtption von Kleisl 's Yerlobung
Domingo.
'in Leben Heinriehi mm Kleisl, Neoe tatf I Ptetehd, Berlin ifii,
p. 190 et M ;
KUiti 1 ■ j 1 1 . p. 33i.
jamais de lui. Une de ses lettres (fin août 1810, à Reimer) (1) mentionne le Persiles; niais il ne s'agit dans ce passage que de l'aspect typographique du Persiles de Theremin (1808) paru à la Realschulbuchhandlung.
La ressemblance approchée des titres : Moralische Erzœhlungen, Novelas ejemplares, est aussi un argument assez faible : nombre de recueils portaient ce titre avant les nouvelles de Kleist, entre autres ceux de Lafontaine (2), de Sophie de La Roche.
Les raisons qui s'appuient sur une fine et minutieuse analyse du style de Cervantes et de Kleist sont des plus spécieuses. On a des raisons d'admettre que Kleist savait l'espagnol; on trouva dans les papiers de Dahlmann une traduction d'un texte espagnol écrite de la main même de Kleist. Tout le monde autour de lui apprenait l'espagnol, vers 1808-11; Kleist suivit sans aucun doute cette mode; mais la preuve reste à faire que Kleist ait eu, dès i8o5, une connaissance assez familière de l'espagnol pour en subir une influence stylistique quelconque. Que s'il n'avait pu lire les nouvelles que dans les traductions de Sodcn et de Soltau, il y aurait contracté des formes de style aussi peu cervantesques que possible ou cervantesques seulement par accident. Il y a certainement dans la langue du jeune Kleist beaucoup d'éléments dérivés de la littérature nouvellistique de l'Allemagne, et qu'il faudrait pouvoir analyser et mesurer avant de conclure à une influence perceptible du poète espagnol.
Doit-on admettre que Kleist n'a pas été touché par Cer-
(0 (*£$• Werke, V. p. ioa.
(2) H. Davils (Euphorion, t. XIX, p. 35o, 1912) préfère voir dans le choix de ce titre une influence de Lafontaine, qui publiait tous les ans, depuis 1 7 'j 'j . des « Moralische Erzœhlungen ».
vantes ? II serait bien étrange qu'il ait traversé ce monde tout plein du poète espagnol sans avoir la curiosité du Don Quichotte. Son cousin, qui s'intéressait à Cervantes, ne fut point sans action sur lui; peut-être lui mit-il entre les mains la traduction de Bertuch. En 1800, il fait sou entrée dans les salons de Berlin, en même temps que la traduction de Tieck. Kayka affirme que « ce sont les cercles israélites qui appelèrent son attention sur Don Quichotte » ii). En tout cas, Kleist rencontra les grands romantiques eux-mêmes dans ce monde berlinois, qui les fêtait (2).
A son tour, il s'intéressa à l'Espagne. Il écrivit une Thierrez, qui devint Familie Ghonorez; puis Die Famille Schroffenstein, et où du reste les noms seuls sont espagnols, accentuation mise à part. Calderôn le passionna certainement sous la forme que venait de lui donner <.. Schlegel, el <>n trouve dans le style de sa belle époque éléments certainement exotiques et peut-être caldéroniens (3). Il eut un moment l'idée d'accompagner en Espagne !<• major Gualtieri, qui désirait l'emmener, et il Be rendail compte de quelle importance ce voyage pouvait être dans son existence t<»ut entière. Si ce projet n'eut pas île suite, Kleist D'en garda pas moins la nostalgie de celle héroïque nation, et son Katechismus der Deutschen est le témoignage d'un enthousiasme exaspéré. La tentation est grande de rechercher une influence de l'Espagne en général, et de Cervantes en particulier, sur l'œuvre de Kl<i>t. Mais Kl«:-i est une personnalité puissante et puis- Ci) KUisl niui die Romanttk., p,
Dani la < hambre de M Vogd, on trouva aprèa -.< mort !>• /'•>/( QuiehotU le* odea de Klopatoi k.
(3) Weistenfel», Herrigs Archiv, 80, p, iafi n.
samment originale qui absorba, fit siens et rendit méconnaissables les idées, les images, les motifs et les formes de style de ses maîtres.
Les motifs cervantesques que Von peut relever dans s. s nouvelles sont à peine identifiables. L'aventure de la Marquise d'O... est en somme celle de l'étrangère mystérieuse qui met au monde, sans avoir fauté, « la ilustre fregona ». La marquise est une veuve, comme la jeune femme castillane; le père est noble chez Kleist et Cervantes; mais la brutalité et l'invraisemblance de la nouvelle espagnole ont fait place chez Kleist à une minutieuse et discrète préparation, qui conserve à l'événement tout son intérêt dramatique et vivant.
Der Findling contient la situation du Celoso Estremeiio, où la jeune femme d'un mari très âgé est en butte aux poursuites d'un autre et jeune amoureux. Il est vrai que l'attitude d'Elvire est bien plus digne que celle de Lconora et le dénouement plus pénible.
Der Zweikampf est directement inspiré de Froissait; mais on ne peut s'empêcher de rapprocher la nouvelle de Kleist du récit des ermites dans le Persiles (livre II, ch. xx); c'est le même chaste amour, l'odieuse accusation, le combat judiciaire, la victoire du parjure, la maladie et les remords de Libsomiro et de Friedrich, le triomphe final de l'innocence.
Ces ressemblances dans les sujets impliquent, non une imitation artificielle, mais une parenté profonde de tempéraments. Kleist a voulu, comme Cervantes, faire, dans la nouvelle, œuvre originale. 11 y peint non sa propre individualité, mais des hommes vrais, vivants, il y peint des héros d'action et des crises tourmentées, où peuvent s'exercer ses dons dramatiques. Cette objectivité fut celle
des maîtres italiens et espagnols. L'imagination du poète allemand se plaît, comme celle de Cervantes, dans certains mondes mystérieux, pittoresques et lointain-, comme ceux des bohémiens ou des exotiques, évoque tout un romanesque d'aventures, qui s'efforce d'atteindre à la parfaite vraisemblance, aime les héros combatifs et entreprenants; Michael Kohlhaas esl un véritable Don Quichotte luttant pour le droit et insoucieux des maux individuels que va déchaîner le bon combat. Kleist luimême eut, dans sa vie d'écrivain et de journaliste, les ardeurs, les désintéressements et les élans idéalistes de l'héroïque et non moins malheureux Cervantes.
D'insaisissables affinités d'âme et de génie unissent Kleist au grand ancêtre espagnol: aussi retrouva-t-il spontanément, et sans le secours d'aucune théorie, la tradition de l'art narratif, que les autres romantiques demandaient à l'enquête critique. Ses nouvelles n'ont de commun avec roomns ou nouvelles dé Cervantes que les l"i- éternelles du genre et ce qui était véritablement humain et ce qui pouvait aussi bien être allemand. C'est précisément ce à leur inspiration originale qu'elles onl pu conquérir en Allemagne leur universelle popularité.
Les traces de l'influence cervantesque Boni plus visibles «liez Eichendorff el Hoffmann. Le premier roman que publia Eichendorff fut Ahnung ufid Gegenwart, qui paru! en i8i5 avec une chaude recommandation de I ;i Motte Fouqué. C'est une sorte «le confession du poète, où pat les figures de -;i jeunesse, <>ù souffle l'esprit de Cervantes. R i hendorff introduit même dans son roman un Don Quichotte allemand: c'est une ligure i n effet bien étrange que homme long el maigre, enveloppé dans son grand
manteau blanc. ;'i chevaJ SUT un l'usinante en i ni
nés » (i). L'auteur l'appelle lui-même son « Chevalier de la triste figure », «le chevalier errant » (2). Ce gentilhomme, demi-sage et demi-fou, excite l'étonnement et la moquerie de tous. Ce qu'il dit est raisonnable et véritable, mais la forme de ses discours est si extraordinaire et aventureuse que Frédéric et Leontin ne savent, comme les cavaliers du Don Quichotte, s'ils doivent « s'étonner de la sagacité de son esprit ou de sa folie » (3). Parmi ce chaos bizarre de raison et de déraison, brillent les plus admirables pensées. Les étrangers surtout ressentent une certaine sympathie pour lui. Mais les railleurs se moquent de ses ridicules, Victor le saisit à bras-le-corps et l'entraîne dans une danse tumultueuse malgré sa colère et sa résistance : et c'est une brimade bien plus innocente que toutes celles que subit Don Quichotte à la cour du duc (4). Notre chevalier cherche la pierre philosophale, et traite de fous ceux qui ne le comprennent pas (5). Sa folie est donc plus bénigne et plus commune que celle du héros de Cervantes.
Ce personnage constitue la caricature ironique de l'esprit qui anime la plupart des personnages du roman. Il y a quelque chose de donquichottesnue chez Eichendorff. Le héros du roman, Friedrich, est, au dire de son ami Léontin, un « Don Quichotte septentrional » (6); est Don Quichotte tout homme qui cherche la beauté et la vertu. Frédéric a cru trouver l'amour en Rosa, le dévouement en ses divers amis, le patriotisme chez le prince; un divin
(1) Ahnung und Gegenivart. Ed. Gottschall. I-, I, ch. 7, p. 91. (i) Ibid, p. 79, p. 91.
(3) Ib., n. 80.
(4) Ib., p. 9a.
(5) Ib., p. 108.
(6) Ib., p. ihà.
pressentiment emportait son àme vers l'idéal. Mais le présent est là, décevant et brutal. Friedrich est incompris, trahi, bafoué. Le beau, le bien ne sont plus de mode; Leontin quitte l'Europe pour le nouveau monde, Friedrich entre au couvent. Le roman : Ahnung und Gegenwart est donc un pendant moderne et pessimiste de l'épopée cervantesque. Les allusions assez fréquentes (i) au Don Quichotte indiquent bien que l'imitation ne fut point inconsciente.
Dans le dédale d'une intrigue inextricable apparaissent des personnages qui sont indiscutablement cervantesques. Les bohémiens, l'étudiant qui se fait comédien pour suivre une comédienne, la vieille femme, Erwine, son enlèvement et ses amours, et les déguisements masculins des jeunes filles, et les guitares et les tambourins, tout cela donne au roman l'atmosphère d'une nouvelle de Cervantes, la Gitanilla ou Las Dos Doncellas sans que jamais les ressemblances soient importunes. A Cervantes, Eichendorff emprunte la couleur même de ses nouvelles, le romantisme d'aventures, la complication et l'invraisemblance avouée de l'intrigue, les chants, le pittoresque des existences indépendantes et la poésie des descriptions et tout cela donne au conte du poète allemand le charme mystérieux des rêves insaisissables, qui n'est pas le charme propre de Cervantes, niais ressemble beaucoup tu romantisme de ses plus romantiques œuvres (2).
(1) lb., p. 5<>. « Je veux, «lit Leontin, comme l>"ti Quichotte il>m* i.-i montame mettre sur la tête el être une bonne f<>i* bien foo. » I'. iM : desseins étaient honnêtes el sérieux, comme cens <!<• I>"ii Quichotte, s
(1) Auss>i le comte de Lœbeo lui écrivait-il, il propoc de ce roman : allume- toujours l'abondance constante, la délicateaae, le parfum et la da t ■ - « 1 style, le romantisme infiniment riche et pittoresque de Ion Ame et les
Longtemps, E. T. A. Hoffmann passa pour un incurieux de littérature : « Hoffmann lisait fort peu, déclare déjà Funck, et ce qu'il lisait devait être de premier ordre » (i). Gervinus, qui aimait si peu le poète, affirme encore : « Aucune lecture ne le forma; le peu de livres qu'il lut était choisi conforme à sa nature ravagée : poésie espagnole... » (2) Cette légende s'en est allée, avec toutes celles qui entourèrent d'abord l'œuvre et la vie de Hoffmann : « Il connut assez bien, dit P. Sucher, la littérature romanesque tant étrangère qu allemande depuis les Mille et une nuits... jusqu'à Rabelais, Cervantes, Lesage et Voltaire... Ses auteurs préférés furent parmi les étrangers, Cervantes, Shakespeare et le Vénitien Gozzi »' (3).
Malheureusement, il est difficile de dater ces lectures. Il est certain qu'il aima et lut assidûment les œuvres de Cervantes. C'est en i8o4-5, à Varsovie, qu'il connut l'œuvre de Tieck et les traductions de G. Schlegel (4). Une opérette qu'il écrivit alors, Le Renégat, rappelle assez les tableaux du bagne d'Alger, que Cervantes a brossés dans ses Nouvelles ou ses œuvres dramatiques. On peut admettre qu'il
délicieuses veines d'ironie, qui traversent l'œuvre tout entière avec autant <ie délicatesse que de perfection... une étude vivante du Don Quichotte et de Tieck a illuminé les éléments de ta poésie et ces quatre idéaux (avec Arnim et Brentano) se sont combinés pour former un style nouveau et charmant, plein d'originalité, d'aimable abandon et de sens pratique. » {Brieje und Dichiunaen. A as dem Nachlass Eichciulorjfs, hrgg. von W. Kosch. Kœln, njoti (1 du 20 oct. 181/1, p. ko).
(1) Funck, Erinnerungen aus meinem Lebeti, I, p. i3(j (Funck, pseudonyme pour C. F. Kunz).
(2) Gervinus, Geschichle der deutsclien Dichtang, Y, 761.
(3) Dans sa remarquable étude sur : Les Sources <lu \ferveilleux dans l'unvre de E. T. A. Hoffmann, Paris, F. Alcan, 1912, p. >.
(/1) V., dans les E. T. A. Hoffmanns sœmmtliche lie//,,'. Leipz. Hesse éditées par Ed. tirisebach, la Biugraphischc Einleitung, I, p. ■,"> mj,
fut touché dès cette époque par la propagande cervantesque des romantiques. Il ne semble pas qu'il ait su l'espagnol; son opéra : Liebe und Eîfersuclit, -«inspire, non pas directement de Calderôn, mais de la traduction de ^chlegel : Schœrpe und Blume (i).
Quoi qu'il en soit, Hoffmann connut la littérature espagnole. En Cervantes, il retrouva sa propre double nature : romantisme de l'imagination et sens positif des réalités de la vie, qui se fondent harmonieusement dans son humour. Aussi ses jugements sur Cervantes sont-ils toujours enthousiastes. Le Don Quichotte est, dit-il dans S ignor Formica, « le roman des romans » (2). Le chevalier lui apparaît comme un héros « viril » (3), et Sancho est « admirable » (4). Hoffmann s'attendrissait sur les coups de bâton qui pleuvent sur Don Quichotte, mais, ajoutait-il, « de bonnes bastonnades ne sauraient faire défaut dans des nouvelles de ce genre » (5). Dulcinée n'est à vraiment parler, dit le Truffaldin de sa Prinzessin Blandina,
qu'une idée poétique » (6). On trouve d'autres allusions à l'œuvre de Cervantes dans d'autres (m— âges (7). Hoffmann n'aime guère à développer ses appréciations
(1) Hoffmann nourrit une tr.» rire admiration pour Calderûn. II voit en lui ; rit parent de ShaLe-peare (I, p. 126), cite la Grande Zenobie et le Pont de Manlible. où Fierahra- lui apparait comme une fyrure *uperbe(I\ . p. le Grand Magicien (IX, p. 100), le Médecin de ton honneur .Mil. p. YEcharpe et la fleur dont il donne une strophe (XIV, p. 1-6) et il fait joœi à Bamberg La Dévotion à la Croie, l< Prina | le Pont de Manlible
propn- étude, W , p. 190).
(a) Hoffmanns Werk,-. éd. « -ri-. !
(3) Ibid., VU, 2i5.
(4) lb.. Ml. 1