‹ Ces Bons Messieurs de St-Vincent-de-PaulChapitre 4 sur 11 · CI-GISENT JÉSUITES ET CONGRÉGÀNISTES · texte numérisé non relu

CI-GISENT JÉSUITES ET CONGRÉGÀNISTES

Pauvre peuple ! naïf dans tes aspirations vers la libre pensée, tu croyais avoir chassé les Jésuites, les congréganistes, parce que tu avais renversé le trône des Capétiens? Erreur trois fois déplorable! Les révolutions renversent les trônes et chassent les rois, mais les Jésuites restent comme les épidémies, les maladies contagieuses, et ne disparaissent que pour se montrer quelque temps après plus puissants et plus vivaces.

Tant que dura la tourmente des trois journées, tant que Paris, la grande capitale, conserva les émanations de la poudre du combat, Jésuites et congréganistes se cachèrent, car il n'y avait plus la moindre sécurité pour eux. Ils attendirent dans l'ombre le moment propice pour recommencer leur guerre contre l'intelligence, contre la liberté. A peine les pavés furent-ils remis ei. place, qu'on les revit à l'œuvre, ou plutôt on ne les aperçut pas d'abord, car ils travaillèrent dans, l'ombre ; ne voulant pas s'exposer sous l'exécrable livrée de Loyola, les loups du jésuitisme se cachèrent sous la peau d'agneau de la bourgeoisie.

Alors se produisirent les Jésuites en redingote, enfarinés du néo-catholicisme de M. de Montalembert et

du pseudo-libéralisme du prédicateur Lacordaire, qui devait prendre bientôt la livrée inqui^'toriale de saint Dominique.

En avant donc, vieux Paccanaristes, Pères de la Foi ! en avant reîtres et lansquenets de Loyola ! en avant congréganistes, boucs émissaires des iniquités

du jésuitisme! en avant légion mystérieuse de

l'ultramontanisme Vous pouvez vous montrer

sans crainte : l'insurrection gronda encore parfois dans les rues, mais les pavés ne forment plus de barricades ; la monarchie de Juillet se montre tolérante, presque bienveillante. Pourquoi hésitez- vous ?

— La France nous fait peur, répondez-vous.

— La France vous exècre, cela est vrai... mais la caserne ultramontaine de la rue des Postes va remplacer Montrouge et Saint- Acheul.

Criez donc hourrah ! comme les sauvages du Nord.

Le jésuitisme a recouvré son ancienne influence.

La Congrégation ressuscite après avoir passé trois longues années dans le tombeau.

Elle revit, elle s'incarne dans la Société de Saint- Vincent-de-Paul. •

Car, de même que la fable dit que des deux œufs de Léda visitée par Jupiter naquirent Castor et Pollux,

De même, de l'Institut de Loyola sont nés le jésuitisme en plein seizième siècle, et trois cents ans plus tard, sa sœur cadette, la Société de Saint- Vincentde-Paul,

Oui, bons Messieurs, vous descendez des Jésuites et vous leur appartenez corps et âme; nous vous avons raconté les faits et gestes de vos Pères...., et maintenant que nous voici devant votre berceau, nous allons vous suivre pas à pas depuis votre naissance, 1833, jusqu'en l'an de grâce 1863. C'est trente années, presque un tiers de siècle, l'âge où l'humanité est dans toute sa force pour produire. Établissons votre bilan.

A chacun selon son œuvre.

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