CHAPITRE SEPTiàME
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Cassius et Brutus étaient brouillés.
Cassius et Bruttis avaient, nous Tavons dit encore, sollicité la même charge, et comme chacun faisait valoir ses droits :
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— Cassius a raison, avait dit César, mais cependant je nomme Brutus.
C'était Cassius qui s'était écarté, c'était Cassius qui revenait.
Brutus lui tendit la main.
— Brutus, demanda Cassius après les premiers compliments échangés, n'as-tu pas l'intention de te rendre au sénat le jour des Calendes de mars ? J'ai entendu dire que ce jour-là les amis de César doivent demander pour lui la royauté.
Brutus secoua la tète.
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— Non, dit-il, je n'irai point.
— Mais cependant si nous y sommes appelés ? demanda Cassius.
— Alors, dit Brutus, mon devoir sera de m'y rendre.
— Et si Ton attaque la liberté ?<
— Je jure de mourir avant de la voir expirer.
Cassius haussa les épaules.
'^ fit «Ittel m ïé Romain, dll^ili qdi
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voudrait consentir à ta mort. Ignores-lu donc qui tu es et ce que tu vaux, Brutus ?
Brutus fronça le sourcil.
- N'as-tu pas ?lu, continua Cassjijs, ces écrileaux que Ton a trouvés au pied de la statue de l'ancien Brutus?
— Si fait, il y en avait deux, n'esir-ce pas?
— L'un disait : Plut aui; dieux que tu fusses encore vivant, Brutus 1 et Tautre :
Pourquoi as-tu cessé de vivre?
— Et moi-môme, ajouta Brutus, j'ai
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trouvé un billet sur mon tribunal avec ces trois mots : Tu. dors, Brutus ! puis un autre eïMeore *siir lequel était écrit : Non, tu n'es pas \érj||iblement Brutusl
^ Eh biep^ <ïôman4a Oiussius, croijsr-tu quç jçe soient des tisserands et des c^ba- TB{i0ç§ mî écriveni (Je pareils billets ?
Non, c'est tout le patriciat, c'est toute la npble^sç d^ Home. Ce que Ton attend des autres préteurs, ce sont des distribution^^ d'argent, des spectacles, des combats de glodiateiirs ; vi^m ce que l'on attepd de lioi, o'^st h pflieineût (}e |a dette héi^di-. taire,et cette dette ce'st la délivrance de la patrie. Ils sont ^prêts à tout souffrir pour toi, 6i tu Veux te montrer (^^u'ils pensant que tu dois être.
C'est bien, dit Brutus, je réfléchirai.
Et Cassius et Brutus s'étaient séparés^ chacun alla trouver ses amis.
On se rappelle Quintus Ugarîus qui avait suivi le parti de Pompée et pour lequel Cicéroh avait plaidé devant César.
Ligarius avait été absous par le dictateur.
Mais peut-être à cause de la clémence de César, était-il devenu son plus mortel ennemi.
Au reste, ^ Ligarius était itéê attaché â Brutus.
Brutus alla le voir et le trouva malade dans son lit.
Brutus quittait Cassius tout échauffé encore de sa coinversation avec lui.
— Ahl Ligarius, lui dit-il, en quel temps es-tu malade?
Alors, se soulevant et s'appuyant sur le coude :
— Brutus, dit-il en lui serrant la main, si tu formes quelque entreprise digne de toi, ne sois pas inquiet, je me porte biea.
Àiorà Brutus s'aseit M pied aé éoil lit,
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et tous deux arrêtèrent les bases de la conspiration.
Il fut convenu qu'on n'en dirait rien à Cicéron, Cicéron étant vieux, et joignant à son peu d'audace naturelle la circonspeclLion des vieillards.
Ligarius, à défaut de Cicéron, offrit à Brutus de s'agréer le philosophe épicurien Statylius, et ce môme Favonius, qu'on appelait te singe de Caton.
Jilpis Prêtas, secouant la têtç ;
H- Non, difc^il, ua jour que ja m'entre-
tenais avec etix, j'ai hasardé là-dessus un vague propos. Mais Favonius m'a répondu qu'une guerre civile était, à ses yeux, plus funeste que la plus injuste des oionarchies, et Statylius, qu'un homme sage et prudent ne s'exposait point au danger pour des méchants et de» fous* Labéon était là et pourra te rendre témoignage de leur réponse.
— Et qu'a dit Labéon? demanda Ligarius.
— Labéon fut de mon avis, et les réfuta tous les deux.
— Alors Labéon ne refuserait pas d'être dM nôtres 7
U2 IBS ORANM HOMME»
-- Oui, répondit Brutus.
— Alors, j'en suis et de grand cœur.
La conjuration fit rapidement de grâads
progrès.
Bruttis^ qui voyait lôs plus lllustfes personnages de Rome s'àttachei^ & Sa fbftune — n'oublions jamais que la conspiration de Brutus est tout ari$toclratiqu« '— Brutus, qui envisageait la grandeur du péril auquel il s'exposait et •dans lequel il entraînait ses complices, s'attachait à être parfaitement maître de lui-même et à m laisser rien transparaître (Ju complot dans
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Âlbinus. n venait s'informer de la santé de Ligarius.
On lui parla de la conjuration.
Àlbinus réfléchit, resta muet et sortit sans répondre un mot.
Les deux amis crurent qu'ils avaient fait une imprudence.
Mais le lendemain Albinus alla trouver Brutus.
— Es-tu le chef de la conjuration dont tu m'as 'parlé hier chez Ligarius? demanda-t-il.
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Cétait, nous l'avons déjà dit, la fiile de Caton. Elle avait été mariée à quinze ans à ce Bibulus que nous avons vu jouer un rôle au Forum dans les troubles excités par César, et qui était mort commandant la flotte de Pompée.
Alors sa femme, encore jeune, veuve avec un fils, avait épousé Brutus.
Cet enfant a laissé un livre qui existait du temps de Plutarque, mais qui est perdu aujourd'hui, et que l'on appelait
Mémoires de BrutuH.
Or, Porcia, fille de Calon et adorant son mari Brutus, était une femme philo-
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sophe, ce que la fiible appelle une femme forte.
Elle ne voulut rien demander à Brulus de son secret aviant d'avoir fait sur ellemême répreuve de son courage.
Elle prit un couteau à couper les ongles, espèce de canif à lame droite, et se renfonça d^ns la cuisse.
La blessure ayant ouvert une veine, Porcia, . non-seulement perdit beaucoup de sang, mais fut prise de douleurs très vives accompagoées d'une fièvre violente.
Erutns, qui, de son côté, adorait Porciei, ni 10
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cl qui Ignorait la cansede cette tnâispch sition, était dans la plus vive inquiétadô^
Mais elle, souriant, ordonna à tout le monde de la laisser seule avec son mari, et quand elle fut seule, elle lui montra la blessure.
*- Qiï'est-0e que oria ? s'éorfft ftn!fti% encore plus effrayé qu'auparaveait.
— Brutus, dit Porcia, je suis fille de Caton et femme de Brutus, je suis entrée dans la maison de mon époux non pour être sa. compagne au lit et ^ la table comme une concubine, mais pour partager afac- kif leS' bi m» et 19» iUiooL. Ttt ne
m'as donné^ depuis Qotre piaria^, aucuq sujet de crainte, mais moi, quelle preuvi^ t'ai-je donnée de ma reconnaissance et de
m-rifit dftnpw, si M4 m^ ^m iqpap^bte 4§
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toutes ces choses sans t'en donner la preuve, tu eusses pu douter, j'ai fait ce que tu vois, doute maintenant I
— dieux I dit Brutus en levant les mains au ciel, tout ce que je vous demande, c'est de m'accorder un succès si
complet dans mon entreprise, que la pos-
LBS aR. HOMMES RN RORR BI CSAMIRB
térité me juge digne d'avoir été répoui de Porcia.
Et aussitôt, lui faisant donner tous les secours qu'exigeait son état, il rentra dans une telle sérénité, que, malgré le9 avertissements que les dieux donnèrent par des prédictions, par des prodiges et par les signes des victimes, personne ne cral à la réalité du complot.