‹ César FranckChapitre 15 sur 23 · G K S A H FRANCK · texte numérisé non relu

G K S A H FRANCK

simplement du monde, le premier. Celui-ci paraît vou¬

loir bientôt céder le pas à un motif épisodique en trio¬

lets, d’un dessin contourné et que les premiers auditeurs crurent être un intrus :

En réalité c’est un compagnon du premier thème, — on dirait en style d’école que c’est un contresujet; — et, après un épisode central, organisé sur les triolets persistants des seconds violons, se fait le retour du motif initial au cor anglais et aux autres bois, en une association que la citation suivante rend claire :

Fig. 26.

C’est aussi un exemple de l’aisance avec laquelle Franck organise ses constructions, sans que jamais l’ingéniosité des combinaisons nuise à la valeur des idées.

Le Finale (.Allegro non troppo ) est à deux thèmes essentiels : le premier aux violoncelles et bassons :

v/o/once/fes etàêSsom

rfrrifrrr i ^ iPip

qui se déploie à tout l’orchestre avec chaleur. Le second, de qualité assez médiocre, il faut l’avouer, et qui se présente la première fois au ton relatif changé de mode , donc en si majeur ,

culmine au sommet des cuivres, mais en douceur. 11 alimente une assez longue période, qui aboutit à un retour de la cantilène caractéristique de l’Allegretlo et qui est suivie d’un nouveau développement du premier thème [27] en des tons fort divers, enchaîné au second [28] en la bémol et à grand éclat [tutti). Apaisement, suspensions. Fragments de la cantilène [23 . grand crescendo conduisant au glorieux retour du thème i* r dans le ton principal de la pièce [ré majeur ), suivi d’une dernière réitération de la cantilène [23], à une allure et dans un éclat un peu déconcertants,

Fig. 29.

car il ne semble pas que le caractère mélancolique de ce chant se prête volontiers à un revêtement sonore aussi brillant ni à, une telle accélération du tempo ... Mais la tin de la symphonie, où sont évoqués les thèmes de XAllegro initial et où l’allure de la basse rappelle

par ses insistances tel ou tel obstinato de Beethoven, est une péroraison d’une chaleur magnifique.

Cette œuvre est si imprégnée de tradition classique que dans Y Allegretto et dans le Finale où les anciens maîtres eussent volontiers secoué le joug des pendants, Franck adopte le plan-type et installe deux parties symétriques de part et d’autre d'un développement central. Préoccupé de donner à son ouvrage une plus étroite unité, il suit l’exemple fourni par Beethoven dans la IX e , mais selon un dispositif différent ; il évoque dans le Finale les thèmes principaux de Y Allegro initial et de Y Allegretto qui le suit. La facilité avec laquelle l’élève de Reicha combine et échafaude ses motifs divers lui permet d’être, par le ministère des contrepoints les plus serrés, un musicien très éloquent, sans pédantisme.

Il se montre toutefois, dans cette belle symphonie, un rythmicien quelque peu monotone. Les périodes de deux et de quatre mesures associées par paires, en échos, plusieurs fois prolongés en point d'orgues, la fragmentation du dialogue par l'orchestre en phrases d’égales longueur font, par instants, regretter que le musicien ait interrompu ou morcelé son impétueux discours. C'est là une chicane, un peu mesquine peut-être, qu'on ne peut articuler si de la Symphonie en ré mineur on passe au Quintette où les lignes mélodiques, d’une parfaite continuité, ont si longue et si libre allure.

Page 1