‹ César FranckChapitre 16 sur 23 · QUINTETTE EN FA MINEUR · texte numérisé non relu

QUINTETTE EN FA MINEUR

Les premières mesures, aux cordes seules, énoncent (Lento) un motif

Fig. 30.

qui est manifestement apparenté au thème premier, et principal, de l’Allégro :

Fig. 31.

et l’on voit, dans sa seconde moitié, la manière mélodique de Franck, — répétition, élargissement, — s'affirmer une fois de plus.

Ici l’abondance est telle que, par une parenté glorieuse, Franck, comme Mozart, en laissant sa pensée s'épanouir, greffe sur ses thèmes des idées secondaires qui en découlent, avec abondance; témoin cette phrase de l’Alto,

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Fig. 32.

qui engendre un court épisode aboutissant au second thème :

présenté ici incomplet et qui ne prendra toute sa Forme qu’un peu plus loin dans le ton du relatif majeur, selon des canons anciens et révérés :

Fig. 34.

Cet exemple est doublement remarquable pour les raisons exposées plus loin (page 100). Le développement qui suit l'installation du second thème, et qui utilise les éléments tirés des deux thèmes essentiels [31] [33 comporte, par suite de rallongement des valeurs, et sans que le tempo se ralentisse (cf. [30]),

Fig. 33.

un synchronisme du Lento introducteur et du présent Allegro. Fusion de deux « vitesses » différentes qui trouvent moyen de faire alliance, et dont la Symphonie en ré mineur présente analogue emploi.

Il est inutile de marquer plus explicitement au lecteur les phases successives de cette pièce d’ordonnance si claire : la réexposition qui suit le développement central

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fera revenir les deux thèmes [31] [33], et tous deux cette fois, dans le ton principal [fa mineur ).

L’émouvant Lento qui constitue la seconde pièce du Quintette présente dans ses formes mélodiques, des caractéristiques de la manière de Franck et notamment des formes modales qui seront étudiées page 100. On signalera seulement ici l’insertion, sous la cantilène propre à ce morceau (page 100 [44]), d’un thème secondaire qui reparaîtra dans le Finale et qui est un de ces agents de liaison chers à Franck, par l’activité desquels il unit entre elles les diverses parties de ses ouvrages :

Fig. 36.

Ce lento est en la mineur , par artifice du changement de mode : l’auteur a supposé que le premier morceau du quintette était écrit en fa majeur , dont la mineur est « voisin ». D’ailleurs le Finale réalise cette hypothèse et le quintette s’achève en fa majeur. Les symétries du Lento, pour être moinsrigoureusement balancées que celles de F Allegro 1, n’en sont pas moins aisément perceptibles.

De Y Allegro terminal le thème principal s’édilie peu à peu, dans une série d’amorces successives qui aboutissent à la période mélodique ci-dessous :

Cordes <i / unisson et a f octa ve

Fig. 37.

Et c’est le thème [36] qui sert dans celte pièce-ci de second motif principal. Par des changements de mode en cascades 1 2 il apparaît très logiquement en si mineur, exprimé par le piano sous les batteries liées des cordes. Sonorité admirable.

Le développement superpose non seulement les deux thèmes [37] et [36] mais leur enlace le motif caractéristique de la seconde pièce [44], coupé de silences, et qui, cette fois encore, par rallongement de ses valeurs, assortit son lent tempo à l’allure rapide du finale. Ces emboîtements thématiques sont réalisés sans contrainte. 11 estévident que, dans la pensée de l’auteur, les éléments multiples se sont organisés d’eux-mêmes, concertés et unis. Bien ne ressemble moins à un exercice de contrepoint que cette dramatique polyphonie où les voix instrumentales prennent tour à tour, ou simultanément, des accents si émus.

La réexposition, qui fera entendre le second thème j36] en fa dièse mineur 1 , enlace, dans un développement terminal analogue à ceux que Beethoven aimait, le thème 2 de la pièce 1 [34] au thème directeur [37] du Finale, et c’est ce même motif chromatique [34] auquel sans doute l’auteur attachait une valeur spéciale, qui, transformé rythmiquement, amène les derniers accords.

Cet ouvrage, dont l’ardeur passionnée, inquiète,

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