DE1 X 1 1 : M I PARTIE. 1K
Tu Bais bien que Milon le lisant à Marseille, T'écrivit qu'il n'eût pas mangé figue pareille Si d'un ici plaidoyer lu l'avais, défendu,
CURTON à part.
Récriminations, aigreurs et temps perdu !
CATON
Je reviens à Pompée ennemi des intrigues ; Il fait très-sagement, pour prévenir les brigues, Décider que cinq ans tout consul attendra, Et qu'alors seulement on leur distribuera
Les provinces; mais lui, criante eiïronterie!
Il se fait prolonger sa charge eu Il h' rie
Dans ce moment-là môme; et comment voulez-vous
De César condamner les manœuvres, quand tous
Vous faites comme lui ?
POMPÉE
Pour prix de mes services, Voilà ce que j'obtiens, de mes longs sacrifices. Je devais donc me voir ainsi récompensé De tout ce que j'ai fait, du sang que j'ai versé Pour la cause des bons !
CATON
Dis pour ta propre cause.
CURION
Laisse gronder Caton toujours censeur morose. Toi, cesse de former des plans irrésolus, Écrase enfin César et qu'on n'en parle plus.
Arrêter un dessein est chose difficile, Et je répugne encore à la guerre civile.
CICÉIïON.
Oui, Pompée a raison, oui ce grand citoyen
Notre ami — qui toujours n'a pas semblé le mien — Devant un parti grave avec sagesse hésite;
ur est un grand homme aussi, César mérite Des égards, il a pu parfois nous indigner, Mais peut-être qu'il est encore à ramener. Quel beau jour si jamais et César et toi-même, Illustres citoyens que j'admire et que j'aime, Vous réconciliant tous deux et pour l'État N'étant plus un danger, n'étant plus qu'un éclat, Nous ne craindrions plus que les guerres civiles, Cet épouvantemcnt des peuples et des villes. Vinssent fondre sur nous entraînant sur leurs pas La discorde, fléau pire que le trépas... Car qu'est-ce que la mort; ah ! peut-être un passage En un monde meilleur sur un plus doux rivage, Ou bien, si l'on adopte un autre sentiment, Elle est de nos douleurs l'anéantissement; Mais la guerre civile est d'affreux maux suivie, Car chaque jour on meurt en sentant la patrie Mourir.
CURION I part.
Comme toujours, parlé divinement, Mais la conclusion manque après l'argument. Moi je vais dire un mot, avant qu'on se sépare, Il faut faire si bien que Magnus se déclare.
ii.iut. r est un perfide, un public ennemi, Dont nul de nous jamais ne doit être l'ami. Comment penser qu'un jour le vainqueur de l'Asie, D'être son lieutenant aurait la fantaisie?