LA GUERRE CIVILE
La boutique du barbier dans la Subure.
LE BARBIER, LE PROLÉTAIRE, ensuite l'AFFRAXCHL LE PROLÉTAIRE,
Ainsi les Pompéiens sont en pleine déroute.
LE BARBIER
Te voilà bien content.
LE PROLÉTAIRE
Et toi, je pense.
LE BARBIER
Écoule : On est très-inquiet dans Rome, l'on s'attend A des proscriptions par César, un prétend Qu'il revient furieux, qu'on pillera la ville... Ces! un fort grand malheur que la guerre civile.
LE PROLÉTAIRE
Bon ! Quand on proscrirait un peu certains préteurs, Qu'on pillerait un peu chez certains sénateurs,
Pour moi, je n'y verrais pas grand mal, je te jure. Mais César est trop bon, il oubliera l'injure; Et puis je ne crains pas qu'on pille ma maison : Je n'en ai point.
LE BARBIER
Pour toi tu peux avoir raison.
Ah ! bienheureux parfois qui n'est que prolétaire; Moi, je suis citoyen, je suis propriétaire.
LE PROLÉTAIRE
Dans ta boutique ainsi qu'hier, rase aujourd'hui. Et César...
LE BARBIER
J'ai toujours fort bien parlé-de lui.
Eutre l'affranchi.
L'AFFRANCHI
Je viens vous apporter une grande nouvelle :
César est près de Rome ; une terreur mortelle
A saisi mon patron, il voulait prudemment,
Avant de s'éloigner, juger L'événement;
Car il est très-prudent, mon patron ; il -'emporte,
Puis se calme; il craint tout, mais sa peur la plus forte
Esl la peur de César.