‹ CésarChapitre 163 sur 223 · SAR · texte numérisé non relu

SAR

Faiblesses de héros, dit-on,

CL^.OP ATRE

Ohl oui, César subjugue el li femmesj

i criminel, rien ne peut l'excuser...

je n«' puis m'en plaindre et ne puis l'accuser, Puisque c'est Cléopatre enfin qui te :

De tes amours le nombre est liien grand... Je sua

A la première, ainsi qu'au bout de trois mille ans

A Menés, dont le règne est dans la nuit des temps.

Voyons, en oubliant des erreurs sans ni

Que je veux ignorer, dont l'image me bl< s

Tertulla, de Crassus épouse, Mucia,

De ton gendre Pompée, Aula, Posthumia

Et la sœur de Caton, la tière Servilie,

Et par elle, dit-on, sa fille encor Tertie.

De Brutus Servilie est la mère: est-il vrai

Que Brutus soit ton fils

Moi, je te répondrai Par le très-sage mot du grand poète Hone

! homme né mortel sait quelle fut sa mère, Mais le père est douteux toujours. J'aime Brutus Comme mon fils, malgré ses rigides vertus, Que seulement tempère un goût vif de ! Mais chez un patricien m le nature;

Et lorsqu'après Pbarsate il me fut annoi Qu'il n'avait pas péri, comme on s'était p: D'en répandre le bruit, j'eus une grande joie, Tout content, fier aussi (Tune pareille proie,

TROISIÈME PAB m.

je criai : Mon bonheur, <ist, ce jour, achevé, Car j'ai vaincu Pompée et Brutui est sauvé.

GLÉOP kTRE.

Je n'aime pas Brutus, il est, dit-on, farouche, Jamais un mol d'amour n'esl sorti de sa bouche, Je pense.

CES \n.

Il faut aimer Brutus.

CLÉOPATRE

Laissons cela,

Nous ne saurions tomber d'accord sur ce point-là. Oui, ton bonheur fut grand, merveilleux, je l'admire, Par moment il m'effraye.

Et comment?

CLÉOPATRE

J'entends dire Aux plus sages des Grecs que toujours Némésis Abat qui trop s'élève.

Écoutons les avis De Cléopâtre, grave une fois dans sa vie.

CLÉOPATRE

Tu crois que je ne suis que gaîté, que folie, •if suis Egyptienne, et ce peuple, le mien, . 11 est sombre et profond. Le peuple égyptien Sans cesse vers la mort dirige sa pensée. Oui, de la mort partout l'image est retracée.

Sur les templi

Et sur ces anneaux d*or que je porte à mes < 1 « • i r t ^ . Partout "il lit des morts Les prières funèbi Pour quand non- descendrons au m

nie dous man . éprouvés, tourmei

supplice en supplii

inventions

CLÉOPATRE

J'en doute;

Mais pai : terreurs d< fance écoute :

5e riant, dans mon sort le pli J'ai fait bâtir pour moi, Cléopâtre, un tombeau, Et j'ai t'ait desserpents essayer la n

lifférents l'atteinte la plus si

Oui, parmi les plaisirs, la joie et les festins,

(édite du sort les arrêts incertain-.

Ce tombeau j'y serai, quand?... le ciel est le maître, un jour me si n iront peut-être.

Tu m< inventé.

Une image de mort près de la volupté.

(contraste a son charme en effet, et je trouve Qu'il fait mieux savourer le plaisir qu'on éprouve Et que l'on goûte mieux les rapides amours En songeant au néant qui durera toujours.

CLÉOPATRE

.!«• oe suis pas toujours indolente et rieus

Eh ! bien, d oments où l'âme est sérieus

Je pena sis.

I R01SIEME P Mî Ni:

Que dis-tu ? Némé Une 'i ecque! Ah ! je crois en [sis,

C'est ma divinité, la seule.

CLÉOPATRE

Pour cetie heure, Volage, car bientôt lu dois partir; je pleure En y pensant.

Fermons les yeux a l'avenir:

De l' homme le bonheur comme lui doit finir. Eh! bien, ta Némésis?

CLÉOPATRE

Sa puissance est terrible.

Etre heureux constamment, César, n'est pas possible. Il faut donner un gage aux sombres déités Par qui les beaux destins sont toujours arrêtés. Et si je m'en croyais, César, puisque tu m'aimes, Que l'on ne vit jamais de fortunes extrêmes, Et qu'il faut du malheur toujours dans notre sort, Pour te sauver du tien j'embrasserais la mort. Parfois, voyant le "Nil et ses vagues profondes, Il me prend un désir de tomber dans ses ondes.

Prends garde, sur le bord je te vois trop pencher. Mais je nage assez bien et j'irais te chercher.

CLÉOPATRE

César, crains Némésis.

césai;.

Pour calmer cette crainte, Sache que mon bonheur oe lui pas sans atteinte. tt d'abord, j'ai perdu mon cheval favori.

CLÉOPATRE

Ah! ce n'est pas assez, Némésis en a ri.

Comment? un tel cheval en son espèce raie, Unique, avec des pieds humains.

CLÉOPATRE

C'était bizarre

D'ailleurs, et non pas beau; cet étrange animal, Avec ses pieds humains, devait courir très-mal. .\un, Némésis encorne peut être contente.

CÉSAIi.

Près de Dyrrachium ma défaite éclatante.

CLÉOPATRE

Elle a grandi ta gloire en faisant admirer Quel parti d'un malheur César savait tirer.

J'eus aussi des revers devant Alexandrie.

CLÉOPATRE

Ce fut bien fait, pourquoi combattre ma patrie? Mais ces revers d'un jour ne t'ont pas arrêté, Et tu l'as prix' enfin cette grande cité.

rROISlÊME PAB II i:

Page 1