‹ CésarChapitre 176 sur 223 · CATO V · texte numérisé non relu

CATO V

César est près d'Ufique, on va le voir paraître,

Vainqueur et tout-puissant... Ces! pour demain, peut-être;

Je ne le verrai pas. — Ce point bien arrêté

Met dans mon âme un calme, une sérénité

Qui fut jusqu'à ce jour à cette âme étrangère ;

Je ne me trouble plus des choses de la terre,^

Je la laisse à César, elle est bonne pour lui.

Du monde, des humains, absent dès aujourd'hui,

N'y tenant déjà plus que par une habitude

De vivre, et tout au plus par ma sollicitude

Pour mes amis, j'habite un monde plus parfait

En pensée, et bientôt j'y serai tout à fait.

Entre Rahirius.

Vite, Rabirius, vole, sans prendre baleine,

A tons ceui qu'en venant César peut mettre en peine,

Dire de s'éloigner : à quiconque a besoin

De vaisseaux pour partir, qu'on en donne, et prends soin

I i;u|s|i mi. PAB riE. 311

Que l*oii maintienne l'ordre, évite le tumulte; Nul ne doit éprouver de dommage ou d'insulte ; Que chacun de la fuite obtienne les moyens Kl l'argent qu'il lui faut pour rejoindre les siens.

Rablrlus sort; outre un envoyé de Marcue OcteTfos.

Que me veut ce Romain, et vers nous qui l'envoie?

L'ENVOYÉ

Marcus Octavius.

CATON

Ali ! j'ai beaucoup de joie D'apprendre que Marcus vit; il s'est bien porté?

L'ENVOYÉ

Très-bien. Il est campé près de cette cité.

CATON

Les dieux en soient loués !

L'ENVOYÉ

Mon général demande Jusqu'où s'étend l'espace où ton pouvoir commande. Car les tiens, il le sait, contre ta volonté, Ont sur son territoire assez empiété ; Octavius s'en plaint et par ma voix te prie, De peur qu'entre vous deux naisse une brouillerie, Que soit bien limité ton pouvoir et le sien ; Que faut-il de ta part que je réponde0

CATON

Rien.

L'envoyé sort.

CATON seul.

Et comment s'étonner donc de notre ruine, Quand sur nous, à ce point, l'ambition domine,

313 < i.saii

One nous nous disputons, 0 misérable effort! Les restes d'un pouvoir déjà frappé de m

Entre CAMDI

Calon, les cavaliers s'éloignent de la ville.

(. \ l ON.

Os font bien.

CANIDIDS I part.

Je ne vis jamais cet air tranquille A Caton, je m'y perds.

CATON

Oui, chacun doit songer, Et le plus tôt possible, à sortir de danger.

CAMDI us.

Mais toi?

Je partirai plus tard, après les autres. Sur la plage je vais voir embarquer Les nôtres.

Botre N l M AT I 0 S.

Avant de s'éloigner, ces cavaliers romains

Vont dépouillant tous ceux qui tombent dans leurs mains.

CAMDI us.

Ils l'ont bien mérité par leur lâche insolence.

CATON

Courons nous opposer à cette violence.

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