LA NUIT
CATON couché et lisant Platon.
Cel avenir après le trépas, quel est-il v*
Ali! Platon est un Grec, et tout Grec est subtil.
Il raisonne très-bien, mais des raisons qu'il donne
I He seule, après tout, me semble être la bonne : Le mal triomphe ici, César règne, et je meurs.
II faut que le bien règne et qu'il triomphe ailleurs. Oui, ce doit être vrai, — poursuivons ma lecture. Mais, avant de poursuivre, il faut que je m'assure Que mon épée est là. Je ne la trouve pas;
On l'aura fait ôter pendant notre repas. Ma résolution ne peut être trompée
A un esclave.
Par un moyen pareil. Où donc est mon épée? Qu'on la rapporte, là, c'est sa place; lisons.
Il se remet à lire. Au bout d'un moment.
Mon épée, à l'instant, ici, j'ai mes raisons, Je la veux près de moi; quelle mine effarée! L'a-t-on dans quelque coin par mégarde égarée? Je veux qu'on la retrouve et qu'on l'apporte... Eh bien! Quand j'ordonne on refuse et l'on ne répond rien ! Tous mes esclaves, tous, sur-le-champ, mon épée!