UN ESCLAVE
Par ordre de ton fils...
CATON le frappant au visage
Tiens !
L'ESCLAYE.
Ma joue est frappée
D'un coup si bien donné qu'il s'est blessé La nrnin. Quoi ! lui si lion pour Ipusl
Toi, tu n'es pas Romain Ah! c'en est trop enfin, tfesl de la violes M s esclaves, mon fils, sont-ils d'intelligence Pour me perdie? Appelez mon fils el mes amis, Veulent-ils me livrer vif à mes ennemis?
i <• RI* ti U > .unis de Citton •ecoorent.
LE FILS DE CA 1 OH
Pardonne-moi, mon père.
CATOV
Ingrat !
CAMDIL'S.
Caton, pardonne.
CATON
Juge-t-on que le sens aujourd'hui m'abandonne, El m'a-t-on jamais vu troublé d'entendement? Ne peut-on, par discours et par raisonnement, N'éclairer, si l'on croit que j'ai tort, sans prétendre M'interdira un parti qu'il me plairait de prendre, Sans employer la ruse et sans me désarmer? Agir à mon égard ainsi, c'est m'opprimer. Insensés, qui croyez qu'en dérobant mon glaive, De me donner la mort tout moyen l'on m'enlèi Ne puis-je donc, si j'ai résolu d'en finir, Quelques moments mon souffle en mon sein retenir, Ou bien contre ce mur d'un coup briser ma tête? Disciple de Zenon, «'t toi, sage interprète D'Aristote, pourquoi fixant sur moi des veux Ébahis, rester là mornes, silencieux?
I ROISlf Ml. PARTIE. 328
Parlez donc, à Caton montrez, >il es! possible,
El si vous découvrez un argument plausible,
Qu'il peut, sans déshonneur, sans manquer au devoir,
Sauver honnêtemenl sa vie et la devoir
À ta pitié d'un maître, alléguez quelque preuve,
Trouvez quelque raison persuasive et neuve
Qui vous lasse aujourd'hui tout à coup rejeter
Ce que pour vrai toujours je vous vis accepter,
Aliu que devenus soudainement plus sages
Nous allions à César apporter nos hommages...
Je ne m'explique point sur mes intentions ;
le me déciderai par mes réflexions;
Consultant la raison, les livres et vous-mêmes,
Comme lorsqu'à loisir agitant vos problèmes,
D'après des arguments qui vous semblent sensés,
Sur une question enfin vous prononcez.
Je n'ai rien arrêté peut-être, mais j'espère
Que mon fils voudra bien ne pas forcer son père
A ce qu'on ne saurait lui prouver clairement
Être ce qu'il doit faire en ce grave moment.
Sur ce, dormez en paix, je reprendrai mon somme.