‹ CésarChapitre 211 sur 223 · I .S AH · texte numérisé non relu

I .S AH

Immolé par milliers des victime* humaines Et frappé nos soldats sous le^ aigles romaines. Ayant encor le san Q Sur les main>,

César a triomphé de généraux romains, Et de ses lieutenants, loin d'être ses ému] Fait des triomphateurs qu'on a vus ridicules Promener devant eux, pour la première fois, Au lieu d'images d'or, des images de bois. Qu'importent à César nos coutumes ancienne- Il n'est de volonté ni de loi que les siennes : Il s'est fait dictateur à toujours, attentat Que Sylia commit seul; a pris le consulat, Et traitant les pouvoirs de L'État qu'il viole, Comme il avait traité le trésor, il les vole. Puis les ayant volés, en vrai chef de larrons, Divise sa rapine avec ses compagnons.

Il les donne ou les vend, et dans son entourage Prend des consuls d'un jour; le sénat, il L'outi En plaçant dans son sein, pour mieux l'humilier, Des hommes de néant, encore esclaves hier, Des Gaulois chevelus qné la loge eml Et desquels on a dit : Romains, montrez, Le chemin du sénat au nouveau sénateur. Il fait vendre nos biens; eùfln, profanateur, Il a fait vendre aussi des terres consacrées Aux dieux romains; parmi leurs images sacrées, Il a dressé la sienne, et, coin 1 île île mépi Placé près d'un Lieu saint denx portraits favoris, Celui de la beauté d'Egypte, sa matti Et celui d'un cheval qui lui mourut en Grèce... Ayant ainsi bravé tous les droits et la loi, Il ne lui restait plus qu'un crime, il se fait roi. Il l'esl déjà de fait, il veut le titre méo

Il lui faut d'un tyran tout, jusqu'au diadème.

Ql ATKlIMi: PARTIE.

il le ceindrai! demain avec Impunité,

Rome aurait cinq cents ans gardé sa liberté,

Subjugué l'univers, de sagesse profonde,

D'inflexible vertu donné l'exemple au monde,

Pour être confondue avec le vil troupeau

Des peuples que gouverne un roi; dans le tombeau,

Avec sa liberté, sa gloire évanouie,

Rome, elle descendait dans sa honte enfouie ,

Comme au sein de la terre, ô destin outrageant !

Sans pompe et sans honneur un cadavre indigent,

S'il n'avait existé, par bonheur ils existent,

Des hommes dont les cœurs à la force résistent,

Gardant contre le mal un courroux généreux,

Ne baissant pas le front devant le crime heureux,

Qui, tandis qu'il se croit du monde enfin le maître,

Ce fantôme de roi le feront disparaître,

Et du cœur de César trop longtemps supporté,

Feront avec son sang jaillir la liberté.

MURÉNA

Oui, César doit mourir, mourir sous notre épée; Son sang va consoler l'ombre du grand Pompée.

GASSIUS.

Il nous consolera de nos droits égorgés.

PISON

Et de Pompée aussi les fils seront vengés.

CASSIUS

Eh ! que nous font ses fils et sa mémoire même...

PISON

Son parti des Romains fut le salut suprême. Tu fus de ce parti, Cassius.

388 I ÉSAR.

CASSIU&

Pensez-vous,

Que ce soit, jeunes gens, un grand forfait pour nous, A Ué des forfaits, contre la république, A cûté de la mort de Caton dans Utique,

Qu'il ait diminué dans vos mains quelque peu Des trésors qui s'en vont aux voluptés, au jeu , Et qui, vous rappelant dans la ville natale, Vous ont aidés peut-être à fuir devant Pharsale?

PISOX.

Nous n'avons pas du moins, après le dénouement, Livré tous nos vaisseaux à César lâchement, Quand lui les abordait avec un seul navire; C'est ce qu'à la superbe un pompéien peut dire.

CASSIUS

L'escadron juvénile outrage Cassius !

On m'a calomnié. Sur les bords du Cydnus J'allais chercher César; mais alors se soulève Le pays tout entier; je dus faire une trêve, Et je ne pus...

nu uns.

Pardonne à ces témérités, Et vous devez rougir, 0 vous qui l'insultez! Point de divisions, Brutus vous le demande.

PISON

Brutus!.. Je me tairai, ^i Brutus le commande. MURERA.

Mais Laissant de cûté ce qui peut désunir, Oubliant le passé, songeons à l'a\enir :

QU \ I aiÊME PARTIE .'389

Quand nous aurons tué César qui le mérite, Renversé son pouvoir, que ferons-nous ensuite?

BRUTUS

Nous n'avons d'autre but, ni d'autre ambilion, Que de rendre aux Romains leur constitution Antique, séculaire ; elle sera pareille - A ce qu'elle fut.

PISON

Ah ! ce n'était pas merveille; On ne voyait que trouble et que dissensions, Dans l'État déchiré régnaient les factions. Rome n'a plus les mœurs des époques anciennes. Les lois suivent les temps, il faut changer les siennes; Et, ce maître abattu, dont le sceptre usurpé Doit se briser, il est du meilleur sang trempé, Instituer pourtant un pouvoir tutélaire, Qui contienne le (lot du torrent populaire, Choisir un autre chef, et comme un successeur A César, de nos droits qui soit le défenseur; Peut-être le dernier des fils du grand Pompée...

brtjtus.

Qu'entends-je? déjà Rome en espoir usurpée! Déjà la liberté menacée et par nous !

Ne l'abandonnons pas... Il faut donc, dites-vous, Qu'avec le changement de nos mœurs l'État change, Et d'une tyrannie en projet on s'arrange! Mais c'est pour résister au siècle dépravé Que notre ancien État doit être conservé. Faut-il aider au mal, ou faut-il le combattre? Ce que nous relevons, est-ce à nous de l'abattre? Ayant brisé le joug qui pèse aux fronts romains, Allons-nous en forger un nouveau de nos mains?

Et que serait ce joug, soit le sien, soit le vôtre, Celui qu'imposerai! César ou bien un autre? Il serait odieux, détestable, fatal;

Ce ne serait pas même un vieux pouvoir royal Que son antiquité fait sembler vénérable;

Ce serait un pouvoir encor moins tolérai. le.

Violent, comme l'est tout empire nouveau.

Vous n'auriez pas la paix, cette paix" du tombeau,

Chère aux lâches, horreur des àm»'s généreuse

Qui, sans la liberté, ne sauraient être heureuses.

A chaque nouveau règne... un règne et des Romains!.

Mais soit... vous tomberiez sans cesse dans les mains

Des soldats, de tous ceux qui retournent la glèbe

Ou vivent d'un métier, non le peuple, la plèbe.

L'armée, elle vendrait son choix au plus offrant;

La plèbe, elle est sans yeux, qui veut l'avoir la prend.

Avec quelque promesse et du pain qu'on lui jette,

Des spectacles, des jeux, on en fait la conquête.

Elle se livrerait toujours sans résister

A quiconque, à ce prix, la voudrait acheter.

Vous auriez, en dépit de bassesses serviles,

Les guerres du dehors et les guerres civiles,

Et les proscriptions; des maux que vous craignez,

Par l'esclavage aucuns ne seraient épargnés.

Non, non, le tyran mort, gardons, quoi qu'il advienne.

Notre gouvernement selon sa forme ancienne,

Le pouvoir des consuls, le pouvoir du sénat,

Et pour le modérer celui du tribunat,

De ces trois grands pouvoirs le prudent équilibre,

Orageux, mais durable, et qui fit Rome libre,

CIMBEH

Comme Brutus ici nous devons tous penser; Mais nous n'en sommes pas encore à prononcer

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s'il nous faul conserver notre régime antique, Ou sur un nouveau plan fonder la république. Arrêtons, pour plus lard laissant pes entretiens, Du grand acte le (ieu, le temps et les moyens

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