ACTE I, SCÈNE V
répète : Ouab , ouab , ouab!... d'une manière... oh! mais, d'une manière...
GEORGETTE
Ce qui te fit comprendre qu'il y avait quelque chose d'extraordinaire.
CÉSAR, grondant toujours.
Ouab, ouab !
GEORGETTE
Des voleurs qui voulaient mettre le feu au château.
CÉSAR
Oui, oui... sorti delà loge... à moi, Dragon!... J<j tombe sur eux avec un gros bâton... et l'autre... il mordait, déchirait, me criait : Courage ! (aboyant.) Ouab , ouab , ouab ! Ah! comme il aboyait!.. Et cette cloche que je sonnais .. dan... dan .. dan... c'était un tapage. .Voilà tout le village qui arrive, mais c'était fini., plus personne., ils s'étaient sauvés.
GEORGETTE
A vous la victoire !
CÉSAR, tristement.
Ah! oui... la victoire!... la victoire !... mais Dragon était blessé... dam'!... il était vieux, le p.:uvre Dragon... il est mort dans mes bras... et je suis seul dans sa loge, qui est bien grande, bien grande pour un...
LE CHEVALIER
Georgctte a raison, c'est à lui que vous devez ce château .. sans lui il était pillé, incendié.
LA COMTESSE
Oui, s'il n'a pas d'esprit, il a du cœur, et je lui accorderai tout ce qu'il me demandera.
GEORGETTE, à César qui s'est éloigné.
Il ne demande qu'à rester ici; n'est-ce pas,
Oui, mam'selle.
GEORGETTE
A garder le château.
CÉSAR
Oui, mam'selle.
GEORGETTE*
A faire les commissions, toutes les commissions, et vous pouvez compter sur sa fidélité et son exactitude.
LA COMTESSE
A la bonne heure! je l'emploierai dès aujourd'hui. On dit que l'ancien curé existe encore ?
GEORGETTE
Oui, madame ; il s'est caché pendant longtemps, mais maintenant qu'il peut se montrer, il demeure près de l'église, chez la mère Blot, la maison verte... tu sais?
CÉSAR
Oui, mam'selle.
LA COMTESSE
Fais-lui porter cette lettre et cet or, pour qu'il * César, Georgelte, la comtesse, le chevalier.
le distribue aux pauvres et aux malades de la commune.
GEORGETTE
Entends-tu bien?
CÉSAR
Des pauvres, des malades... y en a.
LA COMTESSE
Et s'il juge à propos de t'envoyer chez eux, tu iras.
CÉSAR, d'un air hébété.
Comment ça?
GEORGETTE-
Je vais lui expliquer...
( Pendant qu'elle lui parle bas on entend une musique militaire.)
CÉSAR
Écoutez donc... écoutez donc... des soldats qui arrivent.
GEORGETTE
Que t'importe? Fais ce que je te dis, et de peur que tu ne te trompes, je vais te mettre dans ton chemin.
CÉSAR
Oui, mam'selle... C'est gentil tout de même les soldats qui vont avec de la musique.
(Il sort avec Georgette par la coulisse à droite, entre le château et l'auberge, en allant au pas sur la marche militaire qui se fait entendre.)