‹ César, scènes historiquesChapitre 116 sur 261 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Tu sais bien que Milon le lisant à Marseille, T'écrivit qu'il n'eût pas mangé figue pareille Si d'un tel plaidoyer lu l'avais défendu.

CURION à part.

Récriminations, aigreurs et temps perdu !

CATON

Je reviens à Pompée ennemi des intrigues ;

Il fait très-sagement, pour prévenir les brigues.

Décider que cinq ans tout consul attendra,

Et qu'alors seulement on leur distribuera

Les provinces; mais lui, criante effronterie!

Il se fait prolonger sa charge en Ibérie

Dans ce moment-là même ; et comment voulez-vous

De César condamner les manœuvres, quand tous

Vous faites comme lui ?

POMPÉE

Pour prix de mes services, Voilà ce que j'obtiens, de mes longs sacrifices. Je devais donc me voir ainsi récompensé De tout ce que j'ai fait, du sang que j'ai versé Pour la cause des bons !

CATON

Dis pour ta propre cause.

CURION

Laisse gronder Caton toujours censeur morose. Toi, cesse de former des plans irrésolus. Écrase enfin César et qu'on n'en parle plus.

POMPÉE

Arrêter un dessein est chose difficile.

Et je répugne encore à la guerre civile.

18» CÉSAR

CICÉRON

Oui, romp(V> a raison, oui ce grand riloycn Notre ami — qui loiijdiirs n',! pas semblé le mien — Devant un jiarli grave avec sagesse liésilc; (](''sar est un grand homme aussi, César mérile Des égards, il a pu parfois nous indigner, Mais pcut-éln^ qu'il est encore à ramener. Q)uel beau jour si jamais et César et toi-même, Illustres citoyens que j'admire et que j'aime, Vous réconciliant tous deux et pour l'État N'étant plus un danger, n'étant plus qu'un éclat, Nous ne craindrions plus que les guerres civiles, ('et épouvanlement des pen|)ies et des villes, Vinssent fondre sur nous entraînant sur leurs pas La discorde, fléau pire que le trépas... Car qu'est-ce que la mort; ah ! peut-être un passage En nii inonde meilleur sui- un plus doux rivage, Ou bien, si l'on adopte un autre sentiment, Elle est de nos douleurs l'anéantissement; Mais la guerre civile est d'afl'reux maux suivie, Car chaque jour on meurt en sentant la patrie Mourir.

CL" RI ON à part.

Comme toujours, parlé divinement, Mais la conclusion manque après l'argument. Moi je vais dire un njot, avant qu'on se sépare, Il faut faire si bien que Magnus se déclare.

Haut.

César est un perfide, un public ennemi, Dont nul de nous jamais ne doit être l'ami. Comment penser qu'un jour le vainqueur de l'Asie, D'être son lieutenant aurait la fantaisie?

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