TROISIÈME PARTIE
Au plus profond de moi, je sens, oui le pouvoir De librement agir, de vouloir, de mouvoir Ce bras qui pourrait là rester sur celte table, Et c'est cliose, à mon gré, bizarre et regrettable, De voir les stoïciens, qui l'ont l'Iiommc si fort. Courber sa volonté sous le décret du sort.
APOLLONIDÈS.
Ce sort n'est point hasard et fortuite pure,
Comme le faux destin que nous prêche Epicure.
C'est une tension, un énergique lien
Des choses, par laquelle aussi l'homme de bien
Résiste et tend toujours par un effort suprême
Vers la vertu, sa fin et son essence même. '
Notre âme est une force enfin de l'univers,
Puissante chez le bon, nulle chez le pervers;
Aux forces, du dehors elle fait équilibre.
Et c'est en ce sens-là, que vraiment, l'homme est libre.
Le méchant, au contraire, en qui la tension —
Tonos est le mot grec — cède à la passion,
Est esclave toujours, même au sein des délices.
Pour ta conclusion j'incline à tes prémisses. Voyons, Démétrius, que lui répondras-tu?