‹ César, scènes historiquesChapitre 227 sur 261 · A MOI. NE · texte numérisé non relu

A MOI. NE

Il te laiil, (') César, ce grand ikhm, Ce nom ferait diM'aiil à Ion suri dans l'iiisloiri'; Tu n'aurais pas 6lé jusqu'au boni de ta gloire, Tu n'aurais pas vaincu Jcjjrrjugé, la loi, El quelque chose ici serait plus fort que loi.

CÉSAR

Eh! bien, je serai roi; je suis uui destinée, A monter ce degré, le dernier, entraînée. Mais comment amener, jiar cette récompense Lei Romains à payer mes exploits?

ANTOINE

Un \ i)cnse.

Repose-t'en sur nous; nul ne fut compromis Parle zèle un peu trop fougueux de ses amis. Toi, refuse longtemps, puis laisse-loi contraindre; Tu sais. pour réussir que parfois l'un peut feindre. Et tu n'as pas en vain bien souvent répélé, D'Euripide ce vers digne d'être cilé :

On doit en toute chose observer la justice, Excepté pour régner. Tu n'es pas le complice De nos desseins secrets; tu peux l'en irriter, A la fin lu n'auras qu'à ne pas résister.

CÉSAR

Mais quels sont vos moyens?

OIÎATIUÈME PARTIE.- 349

ANTOINE

Oh ! nous sommes habiles, Et nous avons d'abord les livres des sybilles, Des livres fort anciens, c'est un point important. Qu'on cite et ne lit point, que personne n'entend. Cotta, l'un des gardiens de ces livres antiques, Un homme fort expert aux choses prophétiques, A su l'art d'y trouver un oracle des dieux Qui doit toucher le cœur de tout homme pieux, Et ne serait pas mieux quand on l'aurait fait faire; Il affirme qu'un roi peut seul vaincre à la guerre Les Parlhes; or, cela te regarde, car toi Tu veux vaincre ce peuple. 11 faut donc être roi. Il te faut à regret, bien à regret sans doute, A l'intérêt public céder, quoiqu'il t'en coûte. Aux oracles des dieux on doit se conformer.

CÉSAR

Très-bien.

ANTOINE

Déjà ce bruit que l'on a fait semer Dispose les esprits en ce sens, favorise Le succès décisif de la grande entreprise. Et puis. César, il faut que tu sois averti ; Mais c'est bien entendu, tu n'as pas consenti. Voici venir dans peu les fêtes lupercales, Semblables en folie au temps des bacchanales : Ce jour-là, sur ton front, en fou, je poserai Le diadème.

CÉSAR

Et moi je le refuserai.

CICEllON ET ERUTUS

TUSCULUiM.

CICÉHON dans sa bibliothèque, ensuite BRUTUS. CICÉRON.

Je suis assez content de cette période,

Mon ouvrage est disert, abondant, ma luélliode

Peut vérilablenient former un orateur;

Mais que sert l'éloquence avec un dictateur?

Et cependant j'ai pu montrer cncor la mienne,

Il n'est du grand César grâce que je n'obtienne,

Et des plus purs Romains cbaciin vient, attristé,

Chez un bon citoyen s'ouvrir en liberté.

Faible adoucissement d'un malheur sans remède !

La liberté n'est plus, aux temps mauvais je cède;

Quand tout sert, il faut bien se résigner, servir;

Nun, celte liberté rien ne peut la ravir

A l'âme; elle est ici dans cette solitude.

Je puis la conserver toujours, grâce à l'élude,

Comme les sages grecs, dont j'ai grossi les rangs.

Ont conservé la leur sous le joug des tyrans.

Entre IJrutus.

CICÉRON

Mais Brutus sous mon toit! ma maison tusculane Est un temple sacré, n'est plus un toit profane.

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