‹ César, scènes historiquesChapitre 229 sur 261 · CI CE BON · texte numérisé non relu

CI CE BON

Tous deux nous dûmes suivre, Le parti de Pompée, il semblait le meilleur.

BRUTUS

C'était le vrai parti, celui des bons.

CICÉRON

Le leur.

Sans doute; mais combien de dégoûts, de mécomptes I Nulles décisions énergiques et promptes, Des fautes, des lenteurs et des airs de Sjlla.

BRUTUS

Si Pompée eût vaincu, nous n'en serions point là.

CICÉRON

Ah ! peut-être pas mieux.

BRUTUS

Je n'aimais pas Pompée, Dans le sang paternel sa main s'était trempée;

QUATRIÈiME PARTIE. 353

A lui je n'adressais ni discours, ni salut; Il n'était dans son camp rien qui ne me déplût. Mais je cherche avant tout ce que veut la justice Et de mes sentiments lui fais le sacrifice. Je le ferai toujours.

Être amis de César,

Nous avons dû tous deux

BRUTUS

Ceci, j'en suis honteux.

Par ses fautes Pompée avait perdu sa cause. Je crus que l'on pouvait attendre quelque chose De César; je l'aimais; tout bas, en rougissant, Je te le dis : je l'aime encore.

CICÉRON à part.

C'est le sang Qui parle.

BRUTUS

Mais je hais, Marcus, sa tyrannie.

De là tous mes tourments. Oh ! c'est une agonie Vers ce que l'on maudit se sentir entraîné ! Pourquoi les dieux l'ont-ils de la sorte ordonne? Pourquoi lui l'ennemi de l'État, et le nôtre? Que l'Elat ne fût-il opprimé par un autre ! Je n'hésiterais pas... Mais faut-il hésiter?

CICÉRON

A quoi, mon cher Brutus?

BRUTUS

Que sais-je ? à tout tenter. . .

Non, je w tciilfiMi rien; ce si»iil dos paroles Kii l'air, n'atlaclio pas ù ces discours frivoles Trop d'iiiiporlaiico, oublie un discours furieux. Je ne songe, à celle heure, ù rien de sérieux..

cici;uo.\.

Dans tes secrets toujours de moitié je veux être, El lu m'associerais à les desseins?

BRUTUS il part.

Peut-être.

CICÉIlOxN.

Son pouvoir est solide, on ne peut espérer De l'abattre.

BRUTUS à part.

Peut-être.

CICÉRON

Il le faut endurer.

Peut-être.

BRUTUS à part.

CICÉRON

Au moins César fonde la tyrannie, Il faut en convenir, ii force de génie; Cet homme est sans pareil, jamais être mortel Ne reçut tant de dons et de faveurs du ciel. Le plus grand général de ce temps oîi nous sommes. De tous les temps, je crois,

BRUTUS

Oui, des millions d'hommes Sont morls... pour lui.

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