QUATRIÈME PARTIE
BRU TUS
Vain songe, erreur trop complaisante!
Non, non, qui parle ainsi pour moi rêve ou plaisante. Lui, César, aux Romains rendre la liberté ! Le mort par l'assassin est-il ressuscité?
CICÉRON
Il ne faut pas, Brutus, de vertu si farouche,
Nul beau trait ne t'émeut, nul discours ne te touche.
BRUTUS
Je l'avouerai, Brutus ne peut se résigner
A le remercier s'il veut bien épargner
Ceux qui, trop généreux, lui l'épargnent encore.
Je ne suis pas touché d'un discours qui l'implore,
Célèbre sa bonté; quand il faudrait oser
De son crime, Marcus, hautement l'accuser.
CICÉRON
La voix est-elle libre, et nous esl-il loisible De lui dire...
BRUTUS
Il est vrai, trop vrai. Rien n'est possible. Adieu, cher Cicéron, j'honore tes vertus, Mais tu ne peux sentir... tu n'as pas nom Brutus.
CÉSAR ET CÏ'CÉRON
CICIÏRON seul, puis BARBA, ensuite CÉSAR. CICÉRON.
Pauvro Brutus, son rime est loiilc à la vengeance. Il n'aime pas assez les lettres, réloquence, El dans les camps, je crains qu'ij n'ait gâté son goût. Les lettres seul refuge! Oui, toujours et partout Elles ont soutenu mon cœur et ma pensée. Je vais continuer mon œuvre commencée; Le feu de ses discours fiévreux et véhéments Pourrait bien m'inspirer quelques beaux mouvements.
Entre BARBA, lieutenant de César.
César pour oublier les pompes triomphales Chez ton voisin Philippe, au sein des saturnales Est venu, Tullius, et s'invite chez toi Pour le troisième jour, c'est aujourd'hui.
CICÉROiN.
Qui, moi?
César, le grand César, dans ma villa modeste! Quel honneur pour mon toit! mais ma table...
BARBA
Il déteste Les fastueux repas.
D'un tel hôte!