PREMIÈRE PARTIE
CATILINA
C'est le vase sacré Où, mêlant notre sang, nous avons tous juré La mort de nos tyrans.
CÉSAR
Eloigne, je te prie, Ce lugubre appareil qui sent la boucherie.
CATILINA pose la coupe dans le fond de la chambre.
Soit. En ce lieu, César, secrètement conduit Par de sombres chemins au travers de la nuit, Tu ne crains rien ?
CÉSAR
Parlons des projets que tu formes.
CATILINA
Mon but est dans l'état d'établir des réformes.
CÉSAR
Violentes?
CATILINA
Sans doute, un vieux corps gangrené Comment à la santé serait-il ramené.
Si ce n'est par le fer ou le feu qu'on applique Au membre en pourriture ou bien paralytique. Pour retrancher ce membre ou pour le ranimer?
.Sergius, c'est détruire et non pas réformer.
CATILINA
Tl faut couper au vif si le mal est extrême.
50 CKSAK.
cf:sAH.
Et quand sur ce poinl-là je |)eiiscrais de inCmo, Quels sont les inslruiuenls?
CATILINA
Des hommes résolus Qui, le glaive tiré, ne le remellront plus Dans le fourreau, des gens d'une forle nature Qui toujours devant eux marchent...
CÉSAR
A l'aventure.
' CATILINA
Il faut risquer.
CÉSAR
Tarfois, mais alors seulement Que risquer est utile, et qu'on a mûrement Pesé chaque moyen ; quand tout est prêt, on o.se. Allant sans hésiter au but qu'on se propose. L'on arrive ou l'on meurt. Avant d'en venir là Il faut avoir longtemps préparé.
CATILINA
C'est cela. Aussi, depuis longtemps, jour et nuit je prépare Un grand soulèvement, formidable...
CÉSAR
Barbare, Où l'on égorgera beaucoup?
CATILINA
Peut-être bien.
Mais, au sang qui répugne il ne parvient à rien.