CATO
Je trouve Rome triste.
CICÉRON
Il ne faut pas gronder Toujours, mon cher Caton, que Ion front se déride. Du Tibre, par hasard, ce soir l'onde est limpide. Vois, sur ces prés que fait le printemps retleurir, Des cavaliers romains l'essaim léger courir. Vois parmi les gazons et parmi les fontaines Les litières, les chars de nos dames romaines. De Rome, je le crois, l'éclat s'est augmenté Pendant mon triste exil.
CATON
Tu n'as pas supporté, Il le faut avouer, cet exil en vrai sage. Un philosophe doit montrer plus de courage Quand l'infortune est noble, et tes lettres vraiment Respiraient, TuUius, un lâche accablement.
CICÉRON
Ah ! de bronze les dieux n'ont point formé mon âme Comme la tienne. Moi, j'aime mon fils, ma femme,